jeudi 7 novembre 2019

La SaintéLyon en Off


Depuis le dernier article il y a eu : la digestion de l'échec de l'UTB, un début de prépa marathon mais finalement pas de marathon, les vacances en Croatie avec un peu de sport quand-même, de belles sorties d'entrainement en vue de l'enchaînement de novembre : Le Puy - Firminy + Marathon du Beaujolais... et le 1er novembre, je me suis levé très tôt pour prendre le train de 5h32 en direction de Saint-Etienne, pour faire la SaintéLyon entre potes !
Une bonne journée de sport et de rigolade, avec même des ravitos. A voir en photos ici, ou en vidéo ci-dessous :






Et maintenant repos jusqu’à Le Puy - Friminy !



samedi 20 juillet 2019

UTB : Le Cormet et les boules


Parti sur l'Ultra Tour du Beaufortain motivé pour boucler les 105 km et 6900 mD+ prévus, j'ai malheureusement abandonné au Cormet de Roselend après 48 km, 3600 mD+ et 12 heures de course.


Les photos - Le film - La trace


Voici ce que j'écrivais le lendemain :

Ca avait plutôt bien commencé, prudemment et dans les temps, en gérant bien le gros D+ et le petit D- mais néanmoins technique. Après la longue montée au ravito du Cormet d'Arêches ça allait encore pas trop mal. Puis juste après, dès les premières pentes du Col du Coin, plus de force dans les jambes. Je rame et le souffle est un peu court (l'altitude peut-être, je ne sais pas). Cette faiblesse s'accentue au fil des km et sur les passages techniques (nombreux) je suis lent et pataud. Vient le Col à Tutu qui finit de me tutuer. J'ai encore bien ramé pour arriver au Refuge de Presset. Là je suis pile dans les temps de mon RB (assez pessimiste), et j'ai donc perdu les 20 minutes d'avance que j'avais depuis le début. La pause dure un peu plus longtemps que prévu (un bon quart d'heure) mais je ne suis pas requinqué et je rame de plus belle dans la courte mais difficile montée au Col du Grand Fond. La descente de ce dernier est une grosse galère. Je suis d'une lenteur et d'une inefficacité dans le technique ! Et même sur les deux petits km de piste roulante je n'arrive plus à courir que par intermittences pour arriver à 16h00 au Cormet de Roselend avec 30 minutes de retard sur mes prévisions et juste 50 d'avance sur la BH. Dans l'état de faiblesse où je suis, soit je repars pour la Gittaz avec l'assurance d'une longue galère (éventuellement dangereuse) et de me prendre la BH là-bas, soit je rends les armes avec les copains ici présents eux-aussi à bout de forces. J'ai fait le deuxième choix. Pourquoi ce scénario ? Ai-je fait le bon choix ? Il y a plein de paramètres et de façons de voir les choses pour répondre à ces questions... en gros je n'en sais rien. Ce qui est sûr c'est que c'était ultra beau !


Plutôt qu'un récit détaille, cette fois je vais faire un roman photo :



Veille de course. On arrive au camping de Queige avec Eric. Le camping est rempli de trailers et de cyclistes car l'Etape du Tour cyclo aura lieu le dimanche. On plante nos tentes à côté de Fabien, Philippe et Thomas, et on file au retrait des dossards. On en repart avec un joli sac contenant entre autres deux tickets pour la buvette... à la notre !





Le 20 juillet à 4h00 le départ est donné. Les 500 frontales s'agitent pour faire le tour du petit plan d'eau avant de filer dans la nuit sur 2 kilomètres roulants.





Le jour se lève alors que nous gravissons les 1500 mD+ de la Frette Basse. J'adopte un rythme tranquille en pensant à ne surtout pas forcer.




 A 6h35 je suis au ravito de l'Aulp de Tour. Tout va bien. On rigole un peu avec Philippe et ça repart.










Franchissement du Col des Lacs (2245 m) à 7h15. La montée est courte et pas très dure. La vue sur Albertville, et les massifs environnants est très belle. Maintenant on va pouvoir courir un peu.





Le col de la Bathie (1892 m), de ceux où on arrive ne descendant et d'où on repart en montant... donc fini de courir pour un moment.






Les premières heures de course sont un grand bonheur pour les yeux !
A 9h25 j'approche du ravito des Grangettes, dévalisé, il n'y restait qu'un peu d'eau et du Coca, et les tables étaient couvertes de bouteilles vides. Heureusement j'avais prévu le stock de barres et de viande des Grisons sur moi.




 
Après une descente un peu chaotique on arrive sur le superbe Lac de Saint-Guérin (1563 m). La piste qui le longe permet de dérouler la foulée pendant quelques minutes, un répit rare sur ce parcours relativement technique et mal plat.

On franchit une passerelle (où une gentille spectatrice me prend en photo), puis on attaque la longue montée vers le Cormet d'Arêches.




Coup d'oeil dans le rétro sur le Lac de Saint-Guérin. Le Cormet d'Arêches (2103 m) n'est plus très loin.
C'est le premier gros ravito du parcours. J'y arrive à 11h15 et je vais y rester un bon quart d'heure, le temps de bien me ravitailler et de troquer mon maillot pour un débardeur. Malgré la fraicheur qu'apporte l'altitude, j'ai eu un peu chaud dans la montée.





Début de la montée vers le Col du Coin. Ca ne semble pas très dur, mais je commence à peiner.





Petit havre de paix dans la montée du Col du Coin, le genre d'endroit où on resterait bien quelques heures.






J'arrive enfin au Col du Coin (2398 m) à 12h15 après avoir beaucoup ralenti. Je rame et je ne comprends pas bien pourquoi. Je me dis que c'est juste le temps de digérer le ravito et que ça ira mieux plus tard...






La fameuse vue sur la Pierra Menta depuis le Col du Coin !





Au bord du Lac d'Amour. C'est beau, mais ça marque aussi le début du terrible Passeur de la Mintaz (Col à Tutu pour les intimes, 2575 m d'altitude).










La Pierra Menta se dresse fièrement alors que je rame comme jamais dans la montée du Col à Tutu (juste à gauche du gros caillou sur la photo). Je suis lent et le souffle est court.





Juste avant le col je m'offre une petite pause pour contempler le Lac de Roselend.





Je franchis enfin le Col à Tutu à 13h20, et un nouveau paysage sauvage s'offre à moi.





Je me retourne pour regarder la Pierra Menta et le sentier sur lequel j'avance avec peine. Il n'a l'air de rien mais il n'est jamais plat et parsemé de petits passages techniques qui me ralentissent. Je suis de plus en plus pataud et sans forces.






Au fond, le Col du Grand Fond, devant le Lac de Presset, à ma droite le refuge du même nom où j'arrive à 13h55 pour profiter d'une bonne pause au ravito. Je prends une soupe, je mange et je bois, en espérant me requinquer un peu.







Pas de miracle après la pause au ravito, j'ai toujours le tonus et la vitesse d'une limace.
A 14h40, au Col du Grand Fond (2671 m), je bascule dans la Neuva.
J'espère alors pouvoir profiter de ces 7 km descendants jusqu'au Cormet de Roselend pour me refaire un peu. Erreur. Pour commencer il faut "skier" sur un long névé, ce qui n'est pas de tout repos.






La suite de la descente de la Combe de la Neuva est quand même un peu technique, et dans mon état ça me ralenti et ça me fait avoir des pensés négatives d'abandon. Plus ça va plus je sors mentalement de la course.
Petit à petit j'essaye de reprendre le dessus en me dissuadant d'abandonner au Cormet quitte à me prendre la BH à la Gittaz 17 km plus loin, mais il faut que j'essaye.
Arrivent enfin les deux kilomètres de piste super roulante avant le ravito, je vais enfin pouvoir trottiner tranquillement... et ben non. Je n'arrive même pas à courir en continu. Alors j'alterne marche et course. Pas bon pour le moral ça.







A 16h00 j'arrive au ravito du Cormet de Rosenlend, avec 50 minutes d'avance sur la barrière.
Mauvaise surprise, c'est Eric qui m'y accueille. Ca fait plus de 20 minutes qu'il est là et il ne pense pas repartir. Dans un premier temps je lui dit que je dois réfléchir car je ne suis pas sûr non plus de repartir dans l'état de fatigue où je suis, mais je ne veux pas me décider trop vite.
Je récupère donc mon sac de délestage et procède comme prévu : je me mets en tongs pour faire sécher les pieds, je sors mes chaussures et mon maillot de rechange, je mets ma montre et mon téléphone en charge, je mange et je bois. Je fais tout comme si j'allais repartir, mais en commettant l'erreur de ne pas me concentrer dans une bulle. Forcément j'ai besoin de parler avec Eric, et avec Philippe et Yann qui arrivent aussi, en bout de course. Mais à discuter de nos malheurs respectifs, l'idée de continuer s'éloigne, et la crainte de se lancer dans la montagne avec trop peu de force et des appuis aléatoires vient clore le débat ainsi que ma course.


Il me reste maintenant à bien analyser tout ça et à apprendre de mes erreurs.








samedi 15 juin 2019

Le presque Tour du Criou


Deuxième course de montagne dans ma prépa UTB, dans le cadre du Samoëns Trail Tour, c’est le

Tour du Criou (53 km / 3300 mD+)




Jérôme avait fait ce trail l’an dernier et quand il m’a dit qu’il y retournait avec Fabien, et qu’il y avait de la place pour moi dans le chalet, je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter ce qui promet d’être un super week-end entre potes dans un cadre magnifique.

Vendredi c’est parti ! Fabien me récupère à Oullins, on repasse chez lui vite fait pour prendre quelques affaires et ne rien oublier, petit saut à Irigny puis on passe récupérer Jérôme. Le coffre est plein (et pas que de bières…), en route ! Sauf qu’au bout de deux minutes Jérôme pose la question qui tue : "Fabien, tu as pris les clés du gîte ?"… bref, on est repassé vite fait chez Fabien !!
Le drame évité, on peut prendre sereinement la route de la Yaute.

Pour le lendemain, l’inquiétude concerne la météo. Ce qui est prévu c’est des averses plus ou moins rares le matin, et des orages l’après-midi. A 18h on se branche sur le live Facebook pour suivre le briefing de la course, qui confirme la tendance orageuse de l’après-midi, avec de très forts vents annoncés, qui contraignent l’organisation à opter pour le parcours de replis pour la fin du parcours de l’Ultra Trail du Haut Giffre. Rien ne change pour nous sur le Tour du Criou.

En arrivant à Samoëns on passe retirer notre dossard et notre t-shirt (rose) puis on monte s’installer au gîte. Le chalet est parfait, il y a tout ce qu’il faut et la vue est splendide. Petit apéro-bière-chips, pâtes, poulet, banane, rigolades et au dodo pas trop tard, c’est qu’on est des gens sérieux quand même !

Chambre avec vue au-dessus de Samoëns

Samedi 15/06, jour de course, je me lève à 5h20, petit dèj etc… et on se gare à Samoëns vers 6h30 pour aller dans la bonne humeur vers le départ. Mais en mon moi intérieur je déprime un peu. Le ciel est complètement bouché et ça me mine d’être encore une fois dans les belles montagnes sans pouvoir profiter du paysage. Heureusement, quelques heures plus tard le ciel se dégagera et nous ne manquerons rien des panoramas spectaculaires.

Le programme (ci-dessous) c'est une première montée de 500 mD+ pour s'échauffer, la grande montée de plus de 1200 mD+ jusqu'à la Combe aux Puaires, une dernière grosse bosse de 750 mD+ avant un final vallonné le long du Giffre.




Km 0 à 10 : Samoëns - Le Crêt : de 7h00 à 8h50


On échange quelques mots avec Pierre-Yves (sympa de le revoir ici), on dit encore des bêtises, on crie Ouuuuh !! Et à 7h00 on est environ 600 à faire le tour de Samoëns avant de partir pour le Tour du Caillou !


Donc dès le deuxième kilomètre ça bouchonne un peu. On s’y attendait, et puis ça avance quand même. Donc pas de souci, ça permet de commencer doucement, ce qui nous convient très bien, d’autant qu’on est déjà dans la première côte, de 500 mD+ sur 4 km. On monte principalement dans les bois et on prend parfois quelques gouttes sur le coin du nez. Quand on sort des bois le décors verdoyant est joli et on voit bien le Criou malgré le mauvais temps.

On relance dans la verdure
Le peloton s’est étiré, il y a des replats et des relances, on a pris notre rythme tranquille, tout va bien, et là, surprise, le ravito du Crêt ! Déjà ? A peine 10 km de faits alors qu’il était annoncé au 13e … étonnant. Je grignote un peu (saucisson, pain d’épice, fromage, dans le désordre sinon c’est pas drôle) et j’en mets un peu dans ma poche pour la route, avec quelques cacahuètes qui me feront du bien plus tard, car le prochain ravito solide est dans plus de 20 km !


Km 10 à 15 : Le Crêt - Refuge de Folly : de 8h55 à 10h00


A la sortie du ravito, deux charmantes lapines roses contrôlent le matériel obligatoire (veste et couverture de survie), puis on poursuit joyeusement en direction d’un passage escarpé avec des chaines. Chouette, c’est rigolo les chaines !

Ca nous occupe un petit moment avant de monter sur des pentes raisonnables jusqu’au Pont des Barmes (1236 m), décoré de drapeaux de prières himalayens (d’ailleurs on a vu Dawa hier…). C’est le début de la grosse grimpette du jour : 1000 mD+ en 5 km jusqu’à la Combe aux Puaires. On monte par à-coups dans les bois puis la pente devient plus constante et bien marquée. On sort des bois en prenant de l’altitude, sous la surveillance de l’imposante Pointe du Tuet. Et là le miracle est en train de se produire : le nuages disparaissent à vue d’œil et le soleil s’impose ! On va avoir droit aux beaux paysages là-haut et j’en suis ravi.

Au 15e kilomètre, le chemin se tortille sous une longue cabane, c’est le Refuge de Folly (1545 m) où se tient un ravito liquide. On y est vite. La vue est superbe. On prend juste quelques minutes pour refaire les niveaux des bidons et mettre un coupe-vent car on imagine qu’il va bientôt faire frais avec l’altitude. En fait on va vite le remettre dans le sac, le coupe-vent.


Fabien file à l'anglaise

Km 15 à 23 : Refuge de Folly - Refuge de la Vogealle : de 10h05 à 12h15


On reprend notre longue ascension. Devant, Fabien a pris le sillage de deux anglaises qui montent en bavardant. Derrière, Jérôme gère sa montée tranquillement. Et moi, je navigue entre les deux au fil de mes pauses photos et des arrêts de Fabien pour nous attendre de temps en temps.

Ca monte bien mais rien de difficile, je me fais vraiment plaisir dans ce superbe environnement. Vers 1900 m d’altitude on trouve les premiers névés et très vite de grandes étendues blanches où de petits groupes progressent à la queue-leu-leu. Il faut juste faire attention de ne pas glisser car il y a un beau dévers, mais rien de vraiment dangereux.




A 2221 m d’altitude, le panneau "Croisement de Combe aux Puaires" marque la fin de la grande ascension et le début d’un blanc faux-plat jusqu’au vrai sommet de la course, la Combe aux Puaires (2281 m), col que nous atteignons à 11h35.



Bien conseillés par Jérôme qui connait le parcours, nous avons prévu un sac poubelle en guise de luge, et c’est maintenant qu’il va servir. Je m’imaginais qu’on allait se laisser glisser vite fait sur de légères pentes enneigées, mais c’est bien plus que ça ! La pente est forte et il y a carrément des toboggans qui ont été creusés, de vraies pistes de fesse-luge ! Les deux premières sont très amusantes, les deux suivantes un peu moins, parce que ça tape, ça rappe et c’est froid, malgré le sac poubelle qui est bien utile pour ne pas trop se cryogéniser le postérieur. Il parait que c’est bon, la criou-thérapie… (je précise que je ne suis même pas l’auteur de ce magnifique calembour !)




On longe maintenant le Lac de la Vogealle, tout gelé, avant d’arriver au Refuge de la Vogealle (1909 m) où se tient un ravito liquide avec de l’eau, du Coca, et une oie… oui oui, il y a une oie au refuge, normal.


Bon, on refait les niveaux, je fais un selfie avec l’oie, et on s’en va.



Km 23 à 34 : Refuge de la Vogealle - Camping du Pelly : de 12h20 à 14h10


Dès qu’on a quitté le ravito, on change de décor : finie la neige, place aux impressionnantes et magnifiques falaises du Bout du Monde dans lequel on descend sur des sentiers plus ou moins techniques (rien d’excessif non plus) en se mouillant régulièrement les pieds dans les nombreux ruisseaux à traverser.


Je fais la descente par à-coups, me laissant distancer par Jérôme et Fabien le temps de faire des photos et d’admirer le paysage, puis je les rattrape. Cet endroit est fabuleux, avec ces murs de 2000 mètres de haut, comme un Grand Canyon vert. Dommage de devoir regarder ses pieds pour ne pas tomber… Mais bon, comme dirait un Arnaud B., "On n’est pas là pour compter les glands au sol !". Alors on se re-concentre un peu et on zigzague dans la verdure pour passer sous le chalet du Boret (1344 m) avant de rejoindre un petit bois où le sentier remonte quelques instants.



Les compères d'Irigny le long du Giffre


Au kilomètre 29 nous touchons le Fond de la Combe (1055 m)… et Jérôme touche le fond de sa forme. On a 4 km de plat le long du Giffre avant le ravito et on les fait en trottinant doucement avec un peu de marche de temps en temps, mais notre pauvre Jérôme est fatigué et pense arrêter au ravito du Pelly. A sa décharge, une grosse fatigue virale une semaine avant la course ce n’était pas idéal comme fin de préparation.




Et c’est sous les applaudissement des spectateurs et au son de Mickael Jackson (Ouuuh !) que nous entrons triomphalement (j’exagère à peine) dans le Cirque du Fer à Cheval, au ravito du Camping du Pelly.

J’ai super faim et je trouve ce ravito un peu léger. Ca manque de saucisson, de fromage et de pain, et il ne reste plus de soupe non plus. Alors je me venge sur le pain d’épice et le chocolat, et sur un petit bout de banane aussi. Le plein est refait, et je vais rejoindre mes compagnons qui se sont posés à l’ombre un peu plus loin. Jérôme nous confirme qu’il s’arrête là. Il a quand même le moral, car il a bien profité des plus beaux paysages et la fin il l’a déjà faite l’an dernier.


Km 34 à 46 : Camping du Pelly - Salvagny : de 14h25 à 16h55


C’est donc à deux qu’on repart, après un bon quart d’heure d’arrêt, à l’assaut de la grosse montée des Praz de Communes : 4,5 km, 750 mD+, sur une piste parfois bien raide, et qui commence sous un soleil tapant. On attaque l’affaire sur un bon rythme, on double quelques coureurs et on en croise aussi plusieurs qui redescendent au Pelly pour abandonner… c’est bizarre tous ces gens qui rebroussent chemin, y a quoi là-haut !? un monstre ?? Même pas peur, on continue dans les bois, l’ombre fait du bien, mais Fabien commence à cramper du cuissot, dur dur. On garde le rythme tant bien que mal, on double la Team Tortugas espagnole qui fait une pause sur le bord du chemin (on a fait plusieurs chassés-croisés avec eux aujourd’hui), puis il se remettent en route, et nous mettent un courant d’air mémorable ! Ils nous ont déposés ! On aurait dit le train de la Once en CLM par équipe ! Venga venga venga !! Comme dirait Manolo.

Alors que j’ai pris un peu d’avance pour filmer, je me retourne et Fabien a disparu. Aïe, je l’attends et heureusement le voici qui arrive. Ces satanées crampes ne le lâchent pas. Le bon point c’est qu’on a déjà bien grimpé, suffisamment pour sortir de la forêt et avoir un super paysage à notre droite. En revanche à gauche, c’est pas que ce n’est pas joli, on voit les chalet des Praz de Commune dans la verdure, mais ils sont encore vachement haut, avec plein de petits lacets pour y accéder. Mais comme je dis à Fabien pour le rassurer, c’est facile les lacets, y a qu’à les prendre les uns après les autres comme si on montait l’Alpe d’Huez, facile quoi (oui je sais je suis nul pour rassurer mon copain qui crampe). Et comme il y a des gars avec un t-shirt orange un peu plus loin, c’est que ça doit être le virage des hollandais… bref on est complètement parti en mode cyclo !

Allez trêve de bêtises, on a enfin atteint le haut des chalets (1670 m) et on se fait scanner la puce (ou pas, puisque ça ne marche pas) par le préposé au pointage chrono ici présent.


S’en suit un kilomètre de replat en balcon panoramique avec quelques mouillages de pieds dans des ruisseaux et un peu de trottinage. Puis c’est la descente, redoutée par Fabien (ben oui, les cuisses fatiguées ça n’aime pas les descentes), de 6 km et 800 mD-.

Forcément il souffre un peu, mais une fois dans le rythme du petit trot bien régulier à 9 min/km, et en papotant de tout et de rien, ça se passe plutôt bien, et on est toujours pile dans les clous du roadbook. Oui parce que j’avais fait un roadbook. Au feeling comme toujours et en me disant que de toute façon on adapterait le rythme pour rester tous les trois ensemble, peu importe la vitesse et le classement. Et en fait on a toujours été dans le temps prévus, comme quoi j’ai du nez en ce moment avec mes prévisions. Donc, on devrait arriver à Salvagny vers 17h00.

Tiens, 17h00 c’est aussi l’heure à laquelle les orages sont prévus non ? D’ailleurs ça se couvre tellement qu’on commence à prendre des petites gouttes sur le nez. Comme on l’espérait, la pluie ne s’est pas encore intensifiée et on peut arriver à 16h55 au ravito de Salvagny sans avoir eu à s’arrêter pour mettre la veste de pluie. On la mettra en repartant pour finir la course, ces 8 derniers km a priori pas si faciles que ça mais qu’on pourra faire en moins de deux heures, j’en suis sûr et tente d’en convaincre Fabien qui craint le retour des crampes… enfin ça c’est ce qu’on croit, avant d’entendre le bénévole dire que la course est neutralisée car l’orage arrive. J’ai déjà connu ça sur le Tour des Fiz 2017, on va être arrêtés là un moment puis on va la finir cette course… enfin ça c’est ce que je crois, avant que le vent nous fasse un démarrage de 0 à 100 en 3 secondes, et voilà que tout le monde doit s’accrocher aux bâches et aux poteaux pour ne pas que le ravito s’envole !

La situation devient vite intenable sur le ravito et nous sommes priés d’aller nous mettre à l’abri au restaurant d’en face.





...... du ravito au resto ......



Km 46 : Resto de Salvagny : de 17h05 à 18h00


On prend donc place à une table et la salle se remplit très vite de plein de traileurs "naufragés". Il y a des TDC comme nous, des Ultras pour qui la barrière horaire est déjà tombée, et voici qu’arrivent d’autres coureurs de l’Utra rapatriés ici par des pickups de la réserve naturelle. Ils ont pris l’orage dans la montagne. Ca sent de moins en moins bon pour la course, et pendant que je vais nous chercher à boire au bar (tant qu’à faire d’être là hein…), l’annonce tombe : les courses sont arrêtées définitivement.

Pour rentrer à Samoëns il va falloir être patients puisque la priorité des organisateurs est bien sûr de récupérer tous ceux qui sont dans la montagne. Mais on a notre botte secrète, le coup de fil à un ami ! C’est ainsi qu’un quart d’heure plus tard Jérôme arrive avec la voiture de Fabien pour nous ramener à la base.


Après la pluie, le beau temps


On est un peu déçu de finir la course comme ça, mais compte tenu des circonstances et du fait que les 8 derniers kilomètres sont beaucoup moins beaux que tout ce qu’ on a eu la chance de voir avant, on relativise bien. Au final on ne sera peut-être pas classés, on n’aura peut-être pas nos points ITRA (on s’en fiche en même temps) mais on aura quand même droit à une médaille de finisher.

On passe au chalet prendre une bonne douche avant d’aller profiter du repas d’après course à Samoëns. Tout est par terre dans la zone d’arrivée, l’orage a fait des dégâts et les bénévoles feront un super boulot pendant la nuit pour tout remonter pour les courses du lendemain.

En sortant de la salle le soleil revient et on rejoint notre gîte pour finir cette presque-belle journée devant la finale du Top 14.

Après la pluie, le beau temps...


Bilan en bref


Merci à Jérôme et Fabien pour ce super week-end (c’est quand le prochain ?).

Cette course se déroule dans un cadre exceptionnel, on en a pris plein les yeux !

A Salvagny je suis pointé 441e après 45,5 km et 2900 mD+.

J’ai eu de bonnes sensations jusqu’au bout en Kalenji Trail Race 4, pourtant conseillées sur les distances courtes.

J’ai fini relativement frais, je n’ai eu que de petites courbatures aux cuisses, c’est très encourageant.

Dans cinq semaines c’est l’UTB, j’ai hâte !



Avant de rendre l’antenne je vous partage ce lien histoire de vous inciter à aller vous balader au Bout du Monde, c'est tellement beau.






samedi 25 mai 2019

Le Grand Raid 73, grand et raide !


Le 25 mai 2019, le village Savoyard de Cruet vibrait au rythme du Grand Raid 73...

... et moi aussi !


Les photos - le film - la trace


Le contexte :


Ce premier semestre 2019 est axé sur la préparation de l’UTB. En plus de l’entrainement habituel il me faut de la montagne, car l’an dernier sur la MH j’ai bien senti ce que ça donnait d’avoir des lacunes de ce côté. Le Grand Raid 73 fin mai tombe bien, en plus ce n’est pas trop loin de Lyon, et plein de kikoureurs vont y aller. Parfait, je signe !

Depuis le début d’année l’entrainement se passe bien. Un peu plus léger que prévu au début, mais bien rassuré par le Trail des Piqueurs, et bien lancé pour un mois d’avril copieux avec beaucoup de qualité, jusqu’à début mai où je veux me faire une sortie test, tout seul pour régler mon rythme et mon matos. C’est ainsi que le 8 mai je me suis fait une jolie balade de 51 km / 2700 mD+ dans le Pilat. Tout s’est bien passé, la confiance est là. Même si le GR73 est sur le papier plus dur que mes courses objectifs des années précédentes, je me sens prêt, yapluka !


La stratégie :


Ce GR73 est un gros morceau mais ça reste une course de préparation. Je ne viens donc clairement pas dans l’idée de faire une perf. J’aborde cette épreuve en mode "ultra", avec tout le matos dans le sac (pantalon de pluie, frontale de rechange, etc… et aussi le troisième bidon, d’un litre, étant donné que les ravitos sont assez espacés).

Je me suis fait un roadbook au feeling. Si tout se passe bien je vise 15h30 pour finir, en tenant compte des temps prévus sur les ravitos :
10 minutes à La Thuile
5 minutes à Côtes Gueulet
20 minutes aux Aillons
10 minutes au Mont Pelat
5 minutes à Montlambert

Le plan est donc de partir doucement (en mode ultra), de bien me retaper sur les ravitos sans y rester plus longtemps que prévu, et finir la course en bon état physique.


Le bilan :


Oui je passe directement au bilan, parce que j’ai envie, c’est mon récit je fais ce que je veux d’abord ^^
Et bien le bilan est presque (soyons perfectionniste) parfait !

Partir doucement : c’est fait. J’y suis allé cool, et heureusement car ça ne m’a pas empêché d’arriver à La Thuile déjà un peu entamé.

Respecter le roadbook : c’est presque fait. En général je fais mon roadbook au feeling, plus pour prendre des repères avant la course que pour le suivre à la lettre pendant. N’empêche que je commence à bien me connaitre car j’ai vraiment été proche des temps prévus jusqu’au Mont Pelat. Ensuite ça s’est un peu gâté car la fin était beaucoup moins roulante que je ne l’imaginais… je développerai ça plus loin.

Bien gérer les ravitos : c’est fait. J’y ai bien mangé, bien bu, sans trop, et j’ai bien respecté les temps prévus avec un arrêt un tout petit peu plus court sur La Thuile, Côtes Gueulet, Montlambert, et pile le temps prévu sur les Aillons et le Pelat.

Finir en bon état : c’est presque fait. J’ai fini, sans aucune douleur suspecte, en ayant bien géré l’alimentation, donc là c’est parfait. Petit bémol quand même car, même si j’aurais pu continuer quelques bornes s’il l’avait fallu, j’étais bien atteint physiquement à l'arrivée, comme en témoignent les trois jours de bonnes courbatures qui ont suivi.


Mais alors, comment ça s’est passé ? Qu’est-il arrivé ?? Vous allez tout savoir, voici le récit !


On arrive vendredi soir à Cruet avec Madame et on trouve un parking parfait pour poser notre petit camping-car, pas loin du départ, mais suffisamment loin pour ne pas être gênés par la musique. Du coup j’arrive à me coucher tôt et à dormir plus de quatre heures.

Samedi, le réveil sonne à 3h (c’est pas humain !). Je me mets en tenue de combat, je vais chercher mon dossard au départ, je reviens poser le t-shirt-cadeau, je retourne à la salle de Cruet. Il doit être dans les 4h15, j’ai le temps pour un petit dèj sur place avec les Kikous qui arrivent.

On papote gentiment et on va tous se placer dans l’aire de départ à 4h45, tranquillement, pas de stress. Il fait frais mais pas trop et mon choix corsaire + t-shirt + manchettes est bien adapté à la température et à la journée nuageuse qui s’annonce.


Km 0 à 18 : Cruet - La Thuile : de 5h00 à 8h50


Le peloton d’environ 250 traileurs matinaux s’arrache de Cruet dans la nuit finissante pour 3 km d’échauffement à la frontale le long des vignes.

Très vite on commence à monter sérieusement. Ca grimpe bien, pendant 2 km jusqu’au col du Mont (1015 m) mais ce n’est pas trop dur et je prends un rythme prudent, en dedans, comme prévu, pendant que le jour se lève.

Quelques kilomètres rigolos et plutôt montants jusqu’au Montgelas, avec des lapiaz et des panoramas (d’où on peut voir tous les sommets de la course), puis une descente bien sauvage avec même un petit passage de corde. Cette partie du parcours est assez fun, pourtant je ne la vis pas super bien. Sur le moment je trouve que c’est un peu long et trop fatiguant pour un début de course que je voulais faire tranquillement et surtout je suis d’une maladresse absolue, à trébucher dans tout ce qui traine, et à ralentir beaucoup dans la descente technique vers Neucuidet. Je crois que je n’étais pas encore bien réveillé.

Au 15e km à Neucuidet, donc, le parcours devient plus docile (bien que montant de nouveau) et j’essaye de me remettre dans le bon sens. Un peu de rythme sur les bâtons, puis la redescente sur La Thuile, ça passe mieux, et à 8h50, après 18 km, voici enfin le ravito de La Thuile. Pile à l’heure prévue sur mon roadbook. Je refais le plein d’eau, un peu de grignotage, un bout de pain d’épice dans la poche, le tout en prenant bien le temps de respirer pour repartir du bon pied après presque 10 minutes d’arrêt, comme prévu.


Km 18 à 41 : La Thuile - Les Aillons : de 9h00 à 13h30


Un petit tour au bord du lac de La Thuile, bien agréable, suivi de 6 km légèrement vallonnés pour se remettre dans le bain, et j’arrive à 9h55 au 25e km, à la Rongère, au pied de la première grosse bête du jour : le Pic de la Sauge. Là, quelques coureurs sont en train d’abandonner, je ne les regarde pas trop, dur pour eux mais moi je commence à être bien réveillé maintenant et je me sens d’attaque pour la grosse grimpette, alors feu !

Le Pic de la Sauge se reflète dans le Lac de la Thuile

Plus de 3,5 km et 700 mD+, en plusieurs phases bien pentues avec quelques vagues et brefs replats (rien n’est jamais plat de toute façon dans les Bauges), et un final plutôt raide. J’avance lentement mais sûrement, souvent seul au début, je double ensuite quelques gars, d’autres me rattrapent parfois, dont le surnommé dca, un Kikouroù avec qui nous allons faire des chassés croisés pendant des heures (lui plus rapide en montée, moi plus en descente). Pas grand-chose d’autre à signaler pendant cette heure et quart de montée à part des détails : d’abord comme je suis souvent seul, j’ai sorti le MP3 que je vais garder sur les oreilles jusqu’au Mont Pelat (plus ou moins), ensuite j’ai fini par me rendre compte que j’avais encore ma frontale sur la tête…

Au sommet, marqué par un bénévole et un feu de bois (les autres sommets étant marqués par des croix…), on bascule dans une brève portion descendante. C’est un joli coin et pendant que la pente s’inverse pour de nouveau monter, on peut apercevoir la Galoppaz droit devant. Une belle pointe qu’il va nous falloir gravir et redescendre, droit dans la pente ! Heureusement que j’avais déjà vu une photo de cet endroit et que je sais que l’ascension n’est pas très longue, car vu d’ici, si on n’est pas prévenu, elle peut faire vachement peur la Galopp’ ! Du coup moi aussi je vous partage une photo :

La Pointe de la Galoppaz se dresse devant moi !

Allez, on ressort les bâtons (qui ne resteront jamais rangés bien longtemps sur cette course) et on y va, toujours lentement mais sûrement. La montée n’est pas si dure que ça et les paysages sont très sympa, surtout sur la crête quand on voit le Pic de la Sauge d’un côté (le passé), et le Colombier de l’autre (l’avenir… et là ça calme quand on voit la tronche de l’avenir !). Qu’est-ce que ça doit être beau quand il fait beau !

Au fond à droite, le Mont Colombier semble encore très loin... et très haut aussi !

Sommet de la Galopp'

Sommet de la Gallopaz, 31e km, à 11h50, pile dans les clous du roadbook, un petit coucou aux bénévoles, quelques photos vite fait, et j’enquille la descente bien raide et bien droite, en utilisant les bâtons pour préserver mes quadris, jusqu’au chemin qui repique au nord en pente raisonnable permettant de dérouler gentiment vers le ravito liquide de Côtes Gueulet au 34e km. Il est 12h25, je ne prends que deux minutes pour refaire les niveaux d’eau et je repars au petit trot en direction des Aillons.


Cette liaison de 6 km n’est pas des plus passionnantes, mais elle a au moins l’avantage d’être assez roulante et d’offrir un peu de répit sur une course où j’ai l’impression d’être constamment à l’ouvrage.

Enfin, au bout de la route, après les remontées mécaniques, le ravito des Aillons est atteint à 13h30, avec 5 minutes d’avance sur mon roadbook.

Ravito des Aillons
J’ai prévu de passer 20 minutes ici. C’est le ravito charnière, juste après la mi-course et juste avant le très gros morceau du Colombier. Et puis j’ai faim. Je prends le temps de remplir les bidons, de recharger un peu mon téléphone, de boire de l’eau gazeuse, de manger deux soupes de vermicelles et trois tartines jambon-tome, et de passer quelques minutes sur une chaise. Au passage j’ai mis ma veste de pluie pour ne pas trop me refroidir car il y a un petit vent sournois.


Km 41 à 59 : Les Aillons - Mont Pelat : de 13h50 à 18h10


Après 20 minutes de bon repos aux Aillons je repars tranquillement en finissant de manger puis je trottine un peu tant que c’est possible car dans moins de 2 km on va attaquer une très longue montée de 1100 mD+…

Très vite j’enlève ma veste que j’avais enfilée au ravito. Pas peu fier de moi, j’arrive à l’enlever en marchant sans m’arrêter :). Et donc pendant ce temps-là ça monte. Pas trop raide au début puis petit à petit la difficulté augmente. Moi ça va, comme d’habitude, lentement mais sûrement… mais qu’elle est longue quand même cette montée !

A 15h20, vers le 48e km on débouche sur un alpage sur une zone de replat. Petit répit qui fait du bien. Sauf qu’en regardant l’altimètre puis en levant les yeux, on comprends bien que ça ne va pas durer. En effet il reste encore 500 mD+ avant le sommet.

Chaque chose en son temps, avant le sommet on passe d’abord une première fois au Col de Cochette (1683 m). De là on fera une boucle sur le sommet du Colombier qu’on ne voit même pas complètement, 350 m plus haut. J’arrive donc au col à 15h35, un petit quart d’heure plus tard que prévu, mais je ne m’occupe pas de ça. Un bref échange de mots sympas avec les bénévoles ici présents et j’attaque avec envie (et fatigue aussi) cette montée droit dans la pente, sauvage, jusqu’au sommet du Colombier (2043 m).

Coup d'oeil dans le rétro sur le Col de Cochette

La crête du Colombier
On est tous à deux à l’heure ici. Le vent souffle, je remets ma veste pour ne pas prendre froid. Et je profite, tout en mettant un pied devant l’autre, de la vue depuis la crête du Colombier. Le sommet est tout près, on le voit maintenant, presque dans les nuages, tant pis pour le panorama.
Le sommet du Colombier

A 16h15 le sommet est atteint ! J’adore cette sensation rare pour moi qui ne vais pas souvent en montagne. Je fais quelques photos vite fait, mais comme il ne fait pas beau et qu’il fait frais, ça ne me prend pas bien longtemps, et je plonge dans la descente, à peu près aussi raide que la montée, en m’aidant des bâtons pour soulager mes jambes déjà bien entamées.


Le retour sur le col de Cochette se fait par un chemin assez roulant, tout comme la liaison qui suit en direction des chalets de la Fullie. Enfin un terrain facile où on peut dérouler un peu en petites foulées. Cette relative facilité passe comme une petite récompense après 2h30 de gros efforts.

Les chalets de la Fullie

A la Fullie, km 53, il est 17h00, j’ai toujours mon quart d’heure de retard sur le plan et je ne m’en préoccupe toujours pas. La veste est retournée dans le sac. Je profite de ce point d’eau proposé par l’organisation pour en remettre un peu dans les bidons et je continue en direction du prochain objectif, le ravito du Mont Pelat dans 6 km. Il parait que là-bas c’est l’orgie, le paradis, avec des frites et des diots ! J’en veux !!

Le chemin jusqu’au Pelat est irrégulier. Il alterne des passages assez roulants avec des coups de culs et des petits singles rigolos en forêt. Puis on débouche sur un petit chalet d’alpage avec une vue imprenable à l’est sur la Dent d’Arclusaz (petite pensée pour Laurent ;) ) qui est un peu embrumée, et ça ne va pas s’arranger. En effet alors que j’entame la montée de 200 mD+ sur le Pelat, le ciel noircit à l’ouest. Jusque-là on avait juste eu des petites gouttes par-ci par-là, nickel pour se rafraichir, mais cette fois on va y avoir droit. A moins d’un kilomètre du ravito je dois remettre la veste car l’averse est là pour de bon, et ça mouille !

A 18h10 (10 min de retard sur le roadbook) je me mets à l’abris sous la tente du ravito du Mont Pelat, mais c’est une petite déception : il ne reste que trois frites qui se battent en duel, et il n’y a plus de diots ! Misère, j’ai été trop lent, ils ont tout goinfré avant moi ! Pas grave, je me console avec un bon pilon de poulet grillé et une soupe de vermicelles. L’ambiance est bonne sur ce ravito, les bénévoles sont comme toujours au top, et comme il fait bien moche dehors, personne n’a vraiment envie de repartir.


Km 59 à 73 : Mont Pelat - Cruet : de 18h20 à 20h45


A 18h20 la pluie s’est déjà bien calmée, un bel arc-en-ciel est apparu et il est temps pour moi de partir après les 10 minutes de pause prévues.

Arc-en-ciel sur le Pelat

Petite descente raide mais pas longue, puis ça roule. Je sais que sur le profil il y a quelques petites bosses et qu’il nous reste encore du dénivelé à faire pour arriver aux 4800 prévus, mais je me dis que le plus dur est fait que ça ne va pas être trop dur de finir ces 14 derniers km tranquillement pour arriver vers 20h30… ha ha ha, c’est beau de rêver !

En fait la suite est une torture mentale et physique. On enchaine des singles boueux et en dévers parsemés de coup de culs qui nous font remonter plus que ce qu’on avait déjà descendu avec peine en évitant les glissades ! Bref, je n’avance pas. J’ai l’impression que je n’en verrai jamais le bout.

Et enfin, la lumière au bout du tunnel : une petite tente, des bénévoles et secouristes souriantes, de l’eau et du jambon, on est au dernier petit ravito de Montlambert au km 69. Il est 20h10, j’ai 25 minutes de retard sur mon roadbook, comme quoi j’avais largement sous-estimé les affreux kilomètres que je viens enfin de passer, et je m’arrête quand même deux minutes pour une tranche de jambon bien méritée.

La fin est roulante, on retrouve même de la route. Je cours, pas vite mais je cours. C’est important pour moi de savoir que je peux encore courir. Et j’entre dans Cruet, l’église, et au fond l’arche rouge Savoie !

Cruet, son église, son arche d'arrivée...

C’est fait ! Il est 20h46 et je viens de boucler l’un de mes (sinon le) trails les plus durs, je suis super content ! A peine la ligne franchie je me vois remettre l’Opinel finisher, un bel objet dont la valeur s’est forgée au fil des kilomètres et des mètres de dénivelé pendant 15h46’32…

Le Graal !

Après m’être échoué quelques minutes sur une chaise du ravito d’arrivée à plaisanter avec la gentille bénévole, je vais retrouver un petit groupe de vaillants Kikous autour d’une table pour refaire le match (et la recette de la fougasse), et déguster mon diot-polenta, un régal !


Après ce beau GR73 le chantier de la fusée UTB peut continuer, avec très bientôt la pose d’un nouvel étage : le Tour du Criou.