lundi 27 août 2018

Mon nouveau trip, moins de drop et plus de grip


Ce titre résume le challenge que je viens de m'imposer pour la SaintéLyon 2018, et j'en suis tout excité !
Je vous raconte ça, en commençant par le commencement.


L'éternel débat


Chaque année à la fin de l'été ressurgit l'éternel débat sur les chaussures à choisir pour la SaintéLyon : route ou trail ?
Il y a des centaines d'arguments, pour les routes ou pour les trails, en fonction du ressenti de chacun ou de points de vues plus théoriques. De quoi alimenter de longs fils de discussion.
En gros les chaussures de trail sont bien pour assurer accroche et stabilité sur les parties accidentées du parcours, mais manquent généralement d'amorti et de souplesse sur les 20 derniers km très roulants et bitumés, ce qui rend les dernières heures très dures quand on a déjà mal aux pattes. Et les chaussures de routes ont donc l'avantage du confort sur les parties très roulantes du parcours mais imposent une attention particulière à la pose du pied sur les surfaces accidentées.
Perso j'ai fait le choix des routes sur les deux SaintéLyon que j'ai courues en 2014 et 2016 et j'ai été content de ce choix. En 2014 le début était un peu boueux donc je glissais pas mal en routes, mais ensuite, même dans les chemins un peu techniques je ne me suis pas senti mal à l'aise et sur la fin j'ai vraiment apprécié de ne pas avoir de gros sabots qui tapent. En 2016 les conditions climatiques étaient encore meilleures et le choix des routes était incontestable pour moi. Qu'en sera-t-il s'il ne fait pas beau ?


La recherche de la chaussure idéale


Sachant que la STL fait de plus en plus la part belle aux chemins, ce qu'il faudrait, ça serait une chaussure typée trail avec la souplesse et l'amorti de chaussures de route.
En cherchant ce qui pouvait exister comme ça sur le marché j'ai commencé à repérer quelques modèles mais quand même trop typés trail. Puis ici sur Kikourou, l'excellent selassie mentionne une chaussure qui serait un bon compromis, la Saucony KOA TR.
Alors je me documente, je lis les tests sur internet, je compare, l'idée fait son chemin, et les questions se posent.
Ces chaussures semblent être le bon juste-milieu entre trail et route, mais finalement, ne devrais-je pas continuer à faire la SaintéLyon en routes vu que ça me réussit, et ai-je un intérêt à avoir une paire intermédiaire dans le placard alors que jusque là j'ai toujours eu une paire de routes et une paire de trail, rendant le choix facile en fonction de la sortie que j'allais faire. Oui, non, peut-être, je ne sais pas, l'avenir nous le dira... car je les ai commandées (en 46 parce qu'elles taillent vraiment petit) et je viens juste de les recevoir !



Saucony KOA TR : souplesse et petits crampons



Et le drop dans tout ça ?


Les KOA TR sont donc très intéressantes, mais se pose la question du drop (ça aussi c'est un éternel sujet de débat).
En effet ces chaussures ont un drop de 4 alors que j'ai toujours couru avec un drop de 10, que ça soit sur mes chaussures de route ou de trail.
Je vais donc devoir habituer mes mollets et mes tendons à un faible drop. Il va falloir y aller progressivement ce qui peut compliquer la préparation pour la SaintéLyon, mais je pense que j'ai encore le temps pour ça et que je peux en tirer un vrai bénéfice en terme de foulée et de confort si tout se passe bien.


Et maintenant...


Il n'y a plus qu'à se mettre au boulot pour préparer au mieux la SaintéLyon en conservant les routes pour les fractionnés et les sorties longues dans un premier temps et en me rodant doucement sur les KOA lors des sorties courtes et cool d'endurance fondamentale.
Et puis il faut quand même que je vous dise que je ne prépare pas que la SaintéLyon... je vais aussi m'aligner sur le Raid Le Puy - Firminy deux semaines avant, et ça, je le ferai en chaussures de route.




vendredi 13 juillet 2018

La Montagn'trop'Hard 2018










Le film - Les photos                   



La Montagn’Hard est une course en montagne, et c’est une course dure… c’est écrit dessus ! Et cette année, la course fête ses 10 ans. Pour l’occasion Olivier l’organisateur a prévu un parcours exceptionnel, et encore plus dur. Au lieu des 105 km habituels, le grand parcours en fera plus de 130 et fera des incursions inédites en haute montagne… enfin c’est ce qui était prévu avant que les grosses quantités de neige tombées cet hiver et tardant à fondre obligent Olivier à renoncer à ces variantes et à en trouver d’autres pour garder le format exceptionnel de cette édition, celui pour lequel on s’est engagé (oui oui, je me suis engagé dans cette folie…) c’est-à-dire entre 130 et 140 km pour 11000 mD+.
De Saint-Nicolas-de-Véroce à Saint-Nicolas-de-Véroce en passant par Megève, le Prarion, le Mont Lachat, le Tricot, Tré-la-Tête, le Mont Joly, le Beaufortain en une succession de longues montées et descentes qui font la spécificité et la difficulté de l’épreuve. Le profil, en mode roadbook en 38h ressemble à ça :



Compte tenu de la longueur de cette édition 2018, le départ, traditionnellement donné le samedi à 5h00, est avancé à minuit. C’est pratique, ça évite d’avoir à prévoir un hébergement sur place pour le week-end… mais ça va faire deux nuits blanches en course !!

Le décor ainsi posé fait peur, surtout pour moi qui n’ai encore pas d’expérience en ultra distance montagneuse, mais c’est super motivant. Et bien évidemment le projet de finir cette Montagn’Hard a conditionné mon entrainement sur ce premier semestre, en essayant d’ajouter du travail de D+, de renforcement, du volume… mais au final les contraintes personnelles et professionnelles ont un peu pris le dessus et je n’ai pas pu en faire autant que je voulais. Je n’ai pas non plus réussi à caser un week-end choc. Seulement trois sorties à plus de 2000 mD+ : le Trail du Lac de Paladru, le Pilatrail et une virée au Sénépi (les vidéos en cliquant sur les liens).

La dernière semaine a été consacrée au repos, et à la grasse matinée vendredi, avant de retrouver Rémi à Bourgouin, puis Antoine en Chartreuse et de mettre le cap vers Saint-Nicolas-de-Véroce où nous arrivons en fin d’après-midi. Tout est encore très calme et on ne dirait vraiment pas qu’il va y avoir une course dans quelques heures. On retire donc nos dossards puis on va se mettre au chaud (oui parce qu’il fait un peu frais à Saint-Nicolas) au « Coin du Feu », où on retrouve William, pour papoter et boire des cafés en attendant que le temps s’écoule doucement. On a du mal à réaliser qu’il va falloir s’activer à minuit.


Kikouroù est dans la place
A 23h00 ça se précise. On se met en tenue de combat, du monde commence à arriver dans la zone de départ, dont de nombreux Kikouroù. La Montagn’Hard est certainement la course où la densité de buffs et casquettes rouges est la plus importante !


Papotage, entrée dans le sas, happy birthday, briefing, 5 4 3 2 1 et c’est parti dans la nuit pour avaler d’entrée de jeu un bon 900 mD+ jusqu’à l’épaule du Joly.



Saint-Nicolas-de-Véroce - Les Plans : 21,8 km 1550 mD+ en 4h00


Cette première montée est donc plus qu’un échauffement elle est déjà longue et raide. Elle donne le ton du parcours. On reste groupé avec Antoine et Rémi, sans trop forcer, dans la bonne humeur. On sort des bois et on grimpe les raides pistes de ski. Quand je lève les yeux, pensant voir les étoiles, je ne vois qu’un serpentin lumineux qui monte jusque aux cieux… c’est beau, mais ça signifie surtout que la fin de la montée n’est pas pour tout de suite.

Au bout d'1h20 on bascule dans la descente histoire de dérouler un peu les gambettes. Antoine trouve d’ailleurs qu’on descend trop vite alors qu’avec Rémi on a l’impression d’y aller vraiment cool. C’est qu’il a de l’expérience l’Antoine, et que les descentes c’est ce qui fait le plus de mal sur un ultra. Bref, là on est quand même à l’aise. Jusqu’aux 2 km de goudron sur les hauteurs de Megève qui sont moins rigolos et où il faut prendre garde à ne pas trop courir.

A 2h15 on attaque la montée vers le Mont Joux sous un ciel aux mille étoiles. Et cette petite lune qui éclaire légèrement la nuit permettant de distinguer les sombres silhouettes des Aravis et des Fiz. Revenons-en à notre montée. William nous a rejoint (ou c’est nous qui l’avons rejoint je ne sais plus), puis raisonnablement il se laisse un peu distancer dans les parties les plus montantes. Moi aussi, quand ça monte bien je laisse Antoine et Rémi me distancer un peu puis je les rattrape sans forcer quand il y a des replats. Je sais que c’est un piège de vouloir rester avec des gars plus forts que soi, il vaut mieux que je prenne mon propre rythme, mais vu qu’ils y vont cool je préfère rester avec eux car plus on est de fous…

600 mD+ de plus dans la musette et nous revoici dans la vallée des Contamines sur une descente parfois bien raide, le truc traître qui oblige à jouer du cuissot alors qu’on aimerait bien dérouler gentiment !

Après 4 heures qui sont passées plutôt vite, nous arrivons aux Plans où le premier ravito a été installé. Nous finissons donc cette nouvelle boucle, qui est le plan B d’Olivier pour remplacer la portion de haute montagne qui a été annulée.

Etat des lieux au ravito :
- On a parcouru 22 km 1550 mD+ en 4h00.
- On a déjà un petit quart d’heure de retard sur le roadbook 37h de Christian. Pas grave mais bon.
- Christian, qui abandonne par prudence pour ménager son genou blessé, triste mais sage décision.
- J’ai la dalle et des noix de cajou et deux petits sandwichs tomme jambon cru me font le plus grand bien.
- Je rempli mes deux bidons que j’avais presque terminés, mais pas encore le troisième que j’ai pris pour plus tard, quand les ravitos seront espacés de plus de 4 heures.
- Je me trouve globalement un peu raide musculairement depuis le début, j’espère que ça va se dérouiller plus tard, mais je n’ai pas de super sensations. Peut-être l’effet du départ à minuit.


Les Plans - Les Toilles : 10,3 km 850 mD+ en 2h10


Après 10 minutes de pause on reprend le chemin « historique » de la course, en descente jusqu’à Bionnay, puis en longue montée jusqu’aux Plancerts. Comme d’hab je me laisse un peu distancer par mes deux compères dans les parties les plus raides, d’autant que je me trouve déjà un peu poussif en montée. Par contre là où j’ai de bonnes sensations, c’est dans les yeux ! Le jour se lève doucement sur les Aravis, puis les Fiz, et au détour d’un virage voici le Mont Joly qui nous salue.

Les Fiz au petit matin
Vue sur le Mont Blanc depuis les Plancerts
Le haut des Placerts est atteint à 5h47 sous l'oeil bienveillant du Mont Blanc, et donc place à la descente, plutôt roulante, c’est donc encore un piège à quadris, il faut y aller doucement afin d’arriver au ravito des Toilles en bon état à 6h20. On a parcouru 32 km 2400 mD+.
Re-sandwichs, re-remplissage des deux bidons, re-glouglou de Saint-Yorre, et ça repart après 10 minutes d’arrêt.


Les Toilles - Bionnassay : 11,4 km 850 mD+ : 2h25


Cette section c’est celle du Prarion, celle où le parcours devient encore plus beau… et encore plus dur ! Même si jusqu’au col de la Forclaz la montée reste assez facile, je laisse encore filer Antoine et Rémi devant. Puis après le col le sentier devient plus raide et plus technique, et là je commence vraiment à piocher. Antoine me conseille de bien boire et bien manger, ce que j’ai pourtant l’impression de faire mais peut-être pas assez, du coup. Bref, je prends mon rythme lent et je les laisse partir. Heureusement, la vue fait du bien tellement c’est beau.

Vue sur les Fiz
Vue sur le Mont Blanc

Au sommet c’est encore plus beau, je retrouve mes deux acolytes le temps d’une photo. Il parait que j’ai une salle tête d’ailleurs… faut dire que le Prarion m’aura un peu mis dans le dur ! Du coup cette fois on se sépare pour de bon et je descends doucement, tant bien que mal. Y a pas à dire je ne suis pas en forme et je commence même à me demander si je pourrais venir à bout de la longue section entre Bionnassay et Miage.


Ca cogite dans la descente mais de toute façon y a pas 36 possibilités, le plan c’est de bien me ravitailler à Bionnassay de repartir sans se poser de question et de faire le point à Miage. Si ça se trouve la forme va revenir (si ça se trouve…).



En bas de la descente je croise Christian, qui s’est mué en super-suiveur, puis Elisabeth, puis des ânes juste avant le ravito, voilà qui me redonne le sourire.



Il est 8h55, on a parcouru 43,5 km 3250 mD+.
Au ravito je retrouve le fameux combo tomme-jambon cru, des fruits secs, et bien sûr du carburant liquide pour cette fois remplir mes trois bidons.
Je pensais trainer un peu plus longtemps ici pour reprendre des forces, mais Antoine et Rémi repartent du ravito avec un argument qui me fait changer d’avis et repartir dans leur sillage (en prenant à manger dans les poches quand même pour la route) : plus on traîne ici alors qu’il fait encore frais, plus on va subir la chaleur sur la suite du parcours. Imparable.



Bionnassay - Miage : 18,7 km 1800 D+ : 5h05


Nous voici de nouveau sur une portion inédite du parcours, qui commence par la « petite » montée vers Bellevue. C’est une montée un peu plus courte que les autres, mais quand même, il faut se la faire. Pour moi en tout cas ça va un peu mieux. Le petit regain de forme post-ravito que j’espérais semble se produire. En haut je profite de la belle vue (normal) et je me jette tel un escargot au galop dans la descente, mais doucement hein, parce que ça fait un peu mal quand même.

Les belles vues...
... de Bellevue
A 10h20 je suis au pied d’une longue ascension, celle du Mont Lachat : 820 mD+. Et là je rame. Le regain de forme est bien terminé et c’est de plus en plus dur. Les muscles et les tendons tirent. En levant les yeux, tout là-haut en direction du Mont Blanc, j’imagine le chemin qu’on aurait dû prendre si le parcours prévu initialement avait été maintenu… et ben je regrette beaucoup moins qu’on n’y aille pas finalement, car je ne vois pas comment j’aurais pu grimper ça tellement je peine dans ce début du Mont Lachat.

Le parcours initial devait grimper tout là-haut !
Le pire c’est que depuis le temps que je me sens à la ramasse je continue de doubler beaucoup plus que je ne suis doublé. Ca sent le carnage cette course.

Une constante aussi depuis le début : plus c’est dur, plus c’est beau. Et à 11h47, au sommet du Mont Lachat à 2115 m, et ben c’est très beau !

Au sommet du Mont Lachat
Et ça redescend en direction de Bellevue pour boucler la boucle et profiter d’un ravito liquide improvisé. Ca tombe bien. J’avais encore du fuel dans les bidons mais plus beaucoup et il reste encore du chemin jusqu’à Miage.



Un petit coucou à Jeanne, la rame du TMB ici présente, et je continue de descendre en direction de la mythique passerelle de Bionnassay. Mais cette descente est irrégulière, un peu technique, et ça commence à être un vrai supplice pour mon pauvre corps endolori.



J’entre alors sur le territoire des randonneurs (que je double (quand même je ne suis pas si lent que ça ;) )) et des coureurs de la MH60 et de la Moins’Hard (qui me doublent).

Puis voici la passerelle avec son torrent toujours aussi impressionnant.

La passerelle de Bionnassay
Ensuite, c’est la montée vers le col de Tricot. Et de nouveau, je rame, grave. Je suis aussi à la ramasse et dans la douleur en montée qu’en descente. Là je sais que je n’irai pas plus loin que Miage. Je suis complètement moulu.

Un petit névé plus tard, me voici au col, avec la vue imprenable sur les Dômes de Miage, le ravito de Miage… et la terrible descente de 500 mD- qui me sépare de celui-ci.

Début de la descente du Tricot vers Miage
Il m’aura fallu une demi-heure de souffrance pour me traîner en bas, jusqu’au ravito, où je retrouve Christian, et Stéphane (bénévole aux petits soins, merci !). Je ne tarde pas à annoncer mon abandon. Je n’ai plus besoin d’y réfléchir tellement tout mon corps, des pieds à la tête en passant par les cuisses et le dos, me fait mal. Je ne peux plus rien en tirer. C’est terminé.

Avec Christian à Miage
J'abandonne donc, fracassé après 62,2 km 5050 mD+ et 14h10 de plaisir et de souffrance mélangés.


Bilan


J'ai une bonne déception à digérer pour plusieurs raisons :
- Un abandon ça ne fait jamais plaisir, mais là c'est la première fois que j'abandonne sur une course qui était un objectif, ça passe donc encore moins.
- Finalement je n'avais à peu près aucune chance de finir (je n'ai pas pu faire le volume d'entrainement qu'il fallait et je le savais) donc ce n'est même pas l'abandon en tant que tel qui me fait rager, mais c'est de ne pas avoir pu rester plus longtemps en bon état physique et de ne pas avoir pu continuer au moins jusqu'au Joly (ou au moins jusqu'à la bif).
- Avec la MH60 2016 et le Tour des Fiz 2017 je restais sur deux formats 60 km/5000 mD+ et je comptais bien monter d'un cran. Raté, j'ai encore fait 60 km / 5000 mD+, et en plus mauvais état en plus.
- Je n'ai pas assez profité de la beauté des lieux, et de la convivialité kikouresque.
- Je voulais découvrir les sensations qu'on ne rencontre qu'en ultra, mais pour ça il faut tenir un peu plus que 14h mon gars...

Je dois donc me laisser un peu de temps de récup, tirer les leçons de cet "échec", puis retourner au charbon et me projeter sur d'autres objectifs, pour fin août ou début septembre ça serait top mais rien n'est sûr du tout. Sinon il y aura toujours la SaintéLyon début décembre.






jeudi 28 décembre 2017

Bilan 2017 et regards sur 2018


2017, l'année de la confirmation sur les trails longs


Après avoir franchi un cap en 2016 avec la MH60, mon premier marathon et une belle SaintéLyon, 2017 se devait d'être l'année de la confirmation sur des formats longs, avec :
- un premier 100 km
- un trail de montagne en juillet
- un record à battre sur marathon
- et plus selon l'envie en fin de saison...


Prévisions :


J'avais donc deux gros objectifs sur la première moitié de saison :
- l'Ultra des Coursières  : mon premier trail de 100 km (102 pour être précis) dont je prenais le départ dans le seul but de finir, si possible avant minuit et en bon état.
- le Tour des Fiz 8 Refuges : sur un format équivalent à la MH60 de l'an dernier, le but était surtout le plaisir des paysages, avec quand même un petit objectif de mettre moins de temps que sur la MH60, et même de mettre moins de 15h.

Pour le deuxième semestre, rien n'était figé en début d'année, j'attendais l'après Tour des Fiz pour décider de la suite, avec quelques idées en tête quand même :
- l'Ultra Trail du Vercors 80 km, mi septembre, me faisait envie, par exemple, mais dur à caser dans le planning. Peut-être l'année prochaine du coup...
- et puis il y a l'incontournable Run In Lyon que j'allais pour la première fois faire sous les couleurs de mon nouvel employeur. Dans l'idée je pensais ne faire que le semi, ou au pire le marathon, mais sans trop le préparer, surtout si je faisais l'UTV en septembre. Et puis finalement je me suis pris au jeu de la prépa marathon au point de viser les 3h30 !
- enfin comme on est sur une année impaire, il n'y avait pas de SaintéLyon au programme.



Réalisations :


En chiffres ça donne :

2220km pour 52000mD+ 
Dont 300km pour 13000mD+ en compétition.

6 courses :
2 trails :
    Hivernale des Coursières 31k
    Trail des Bauges 30k

2 trails longs :
    L'Ultra Trail des Coursières 102k (vallonné)
    Le Tour des Fiz 8 refuges 64k (montagne)

1 marathon :
    Run In Lyon

1 abandon :
    Raid Le Puy Firminy 29k


Et par rapport aux prévisions ?


Tout est écrit...
Finir mon premier 100k à l'Ultra des Coursières :

OUI !
L'objectif est rempli sans trembler et dans un temps tout-à-fait satisfaisant puisque je n'ai même pas eu besoin de re-sortir ma frontale. Tout est raconté ici : Ultra trail des Coursières : premier cent !


C'est beau les Fiz
Finir le Tour des Fiz en moins de 15h :

OUI !
14h40 de plaisir en montagne pour finir ce beau trail en bon état, et même que sans les orages j'aurais pu le faire en 14h. J'en fus le premier étonné... tout est raconté ici : Le Tour des Fiz, beau et humide





La délivrance de l'arrivée
Le marathon en 3h30 :

OUI !
Ce temps qui me semblait intouchable, mais que mes entrainements (et les copains aussi) m'ont imposé de viser, et bien je l'ai fait ! Malgré une dernière heure plus difficile, je le boucle en 3h28... tout est raconté ici : Run In Lyon Marathon en 3h30, challenge accepted




Des imprévus :

En début d'année il y a le programme, et puis on se laisse tenter, on clique sur une inscription pas prévue, et on découvre des courses super sympa ! Ce fut encore le cas cette année en juillet au Trail des Bauges, la course qui envoie de la Tome avec une approche différente de mes habitudes : partir fort pour terminer fort !
Et avec moins de réussite puisque j'ai abandonné, j'ai quand même eu le plaisir de découvrir l'historique Raid Le Puy Firminy, enfin le début quoi...




Les joies du partage avec Kikourou :

On a encore fait plein de kilomètres ensemble à l'occasion de offs toujours conviviaux (dans les Monts du Lyonnais, sur les traces de la SaintéLyon... au resto aussi !), on a encore bien rigolé pendant des jours sur le forum à assurer le suivi live des grands ultras de l'été.
Et je n'oublie pas de saluer aussi la bonne ambiance des sorties et courses proposées par le LUR (dont beaucoup de membres sont aussi sur Kikourou).



Des sorties solo en France et dans le Monde :

Cette année j'ai beaucoup bougé, en France et à l'étranger, pour les vacances et des week-ends de détente. Et à chaque fois j'en profite pour caser une ou deux sorties, dans des décors qui valent le détour, comme dans le Diois (Montagne de Beaufayn, Glandasse), à Aiguebelette, au Puy de Sancy, sur l'île de Kos, à Ushuaia ou encore El Calafate. J'en ai vraiment pris plein les yeux cette année !



Et le vélo dans tout ça ?

En 2017 le vélo est sorti deux fois du garage, ce qui est déjà beaucoup plus que les deux années précédentes. Pour l'occasion j'ai fait des photos dans l'Ozon et un film dans les Monts du Lyonnais.



Regards sur 2018


Après un voyage de deux semaines en guise de coupure hivernale début décembre, j'ai repris doucement la course à pied le 13 décembre, la saison 2018 est lancée !

Elle devrait débuter ainsi :
- Un premier bloc d'entrainement jusqu'à fin avril qui sera validé par le 50 km du Trail du Lac de Paladru, avant de prendre deux semaines de vacances.
- Un deuxième bloc où il faudra faire du volume et si possible de la montagne pour préparer l'énorme objectif de 2018 : la Montagn'Hard 125 (et 11 kmD+ !). Un parcours exceptionnel cette année pour les 10 ans de la course où le seul objectif crédible est d'espérer finir (en moins de 36 heures ?). Une première pour moi sur un format aussi long, incluant une nuit complète dehors.

Comme toujours rien n'est encore figé pour le deuxième semestre, mais j'ai déjà des idées :
- En septembre je suis tenté par l'Ultra Trail du Vercors
- En octobre, pour la première fois depuis sept ans, je ne serai pas au Run In Lyon, mais en voyage.
- Comme 2018 est une année paire, je vais sûrement m'aligner sur ma troisième SaintéLyon, et j'ai bien envie de doubler avec le Raid Le Puy Firminy deux semaines avant

Mais pour commencer, comme toujours, ça sera la rentrée habituelle des copains lyonnais à l'Hivernale des Coursières sur un tout nouveau parcours cette année !


Bonnes fêtes de fin d'année et à bientôt en 2018 !!!




dimanche 19 novembre 2017

Le Puy - Firminy : fin de saison à Beaux

Avec de mauvaises sensations depuis le départ de cette belle course qu'est le Raid Le Puy - Firminy, j'ai fini par subir le froid et par décider d'abréger mes relatives souffrances à 3h12, au 29e km, à Beaux.

Voici le film de ce début de nuit :



Il est temps de couper et de partir en vacances.




dimanche 1 octobre 2017

Run In Lyon Marathon en 3h30, challenge accepted !


Et re-voilà le Run In Lyon, l'incontournable rendez-vous du premier week-end d'octobre. Ma septième participation, la deuxième sur marathon, et la première dans le cadre du challenge entreprises avec Consort NT, mon employeur depuis février.

On a monté une petite équipe de motivés sur le 10 km, et moi, j'envisageais de faire le semi-marathon parce que je ne me voyais pas rempiler sur une prépa marathon après un premier semestre bien chargé... Bon en fait je n'ai pas hésité longtemps. Ca n'aurait pas été marrant si je ne re-faisais pas le marathon !

Alors après le Tour des Fiz fin juillet et deux petites semaines de récupération, je reprends mon plan d'entrainement marathon de l'an dernier, sur sept semaines, mais en augmentant légèrement les allures pour les adapter à mon nouvel objectif : moins de 3h40, et si possible approcher les 3h35.

Les premières semaines d'entrainement sont dures. Il fait très chaud et j'ai du mal avec les fractionnés VMA, trop intenses. Les séances de seuil passent mieux, heureusement. Puis, comme l'année dernière, dès que la canicule estivale passe, début septembre, et qu'il commence même à faire frais, la condition décolle de façon spectaculaire ! Le cardio reste assez bas et sur les séances d'allure je vais toujours un peu plus vite que prévu sans en souffrir. Voilà qui est encourageant. Je pense sérieusement à viser les 3h35.

A trois semaines de la course, j'ai calé la sortie longue la plus longue, et comme l'année dernière, elle va me servir de (crash) test grandeur nature. Presque 30 km en 2h30 dont au moins 27 à 12 kmh, sur le papier ça me place sur un objectif de 3h30... Mais ça me fait peur. Psychologiquement j'ai du mal à m'habituer aux vitesses que je suis pourtant capable de tenir, et je ne voudrais pas partir trop vite et exploser le jour J.

Sauf que mon entourage kikouresque et les séances d'allure suivantes n'auront de cesse d'essayer de me convaincre de tenter les 3h30. Et c'est vrai que sur le papier c'est jouable, je suis toujours à un peu moins de 5'/km, j'aurai des regrets si je ne tente pas ce bel objectif... alors banco ! 3h30, challenge accepted !!

J'accepte surtout le fait que contrairement à d'habitude je ne pourrai pas gérer. La stratégie sera la suivante : partir vite (entre 4'50 et 4'55/km), tenir le plus longtemps possible, et perdre le moins de temps possible quand l'allure cible ne sera plus tenable. Il va falloir s'arracher. Je suis prêt.


La Course



D'habitude ça commence par un petit tour à Bellecour le vendredi soir pour récupérer mon dossard, mais pas cette année. Challenge entreprise oblige, c'est mon collègue Sov, qui les a récupérés pour toute l'équipe Consort NT, qui passe me livrer tout ça directement au boulot dans l'après-midi, avec en plus ce beau maillot rouge fraîchement floqué "CONSORT à fond l'effort" ! Ah et puis je ne vous avais pas dit, mais Sov a aussi un dossard pour Claire qui profite d'un désistement dans l'équipe pour faire son retour sur 10k !

Dimanche matin, jour J, à une heure de l'heure H (donc grosso-modo à 7h40), je me pointe à la consigne, où il n'y a même pas la queue, pour poser mon sac d'affaires de rechange pour après la course. Il est temps d'enlever la veste, et bonne surprise, en plus de faire plutôt beau (alors qu'on pouvait craindre des averses) il ne fait pas si froid que ça.

Etape suivante, sous la queue du cheval (celui de Louis XIV...) pour le traditionnel rendez-vous Kikourou, le temps de se motiver et de poser devant l'objectif de Jérôme, notre (et surtout mon, comme on le verra plus tard) suiveur-encourageur-cycliste !

Faudrait voir à ne pas se tromper de queue de cheval non plus !

A 8h tout le monde se disperse, chacun va rejoindre son sas de départ. J'y vais doucement car il est un peu tôt quand même pour m'échauffer, puis je fais quelques longueurs de trottinage avant de me placer dans le premier tiers du sas "3h30". Yapluka !

Départ imminent !

L'attente passe vite et à 8h40 c'est parti ! Je me mets tout de suite dans l'allure, 4'55/km sur les deux premiers, c'est parfait, ça me semble presque naturel (ça sert de travailler les allures à l'entraînement...), reste à voir combien de temps ça va tenir.

Au 4e kilomètre, comme prévu, Jérôme est à son poste à la sortie de la trémie pour nous encourager. Il aura droit à un pouce en l'air et un gros smile... je suis bien dans mon rythme et bien content de le voir.

Les kilomètres s'enchaînent sans histoire le long de la Saône, et au 10e, juste avant de franchir le fleuve devant chez Bocuse, je passe en 49 minutes, parfait, j'ai une minute d'avance. Ce qui est bien avec un objectif de 3h30 c'est que ça fait du 5'/km donc les temps de passage sont faciles à calculer : 50' au 10e, 1h45 au semi, 2h30 au 30e.

Depuis le départ je suis toujours quelques dizaines de mètres derrière le meneur d'allure des 3h30 et sa grappe de groupies. C'est comme ça que j'ai décidé d'appeler les coureurs qui restent groupés autour de l'homme à la flamme bleue pour s'assurer d'être dans le bon rythme. En fait je me rapproche doucement d'eux à la faveur des ravitos où je ralentis à peine le temps de boire, et de prendre un bout de banane à celui du 15e kilomètre.

Et alors que je mâche ma banane et qu'on tourne à gauche en direction du tunnel "modes doux", re-voici Jérôme qui surgit sur son fidèle destrier et qui me suit et m'encourage sur quelques dizaines de mètres. Encore une fois, je lui montre que tout va bien et que je vais tout péter !!

Dans le tunnel, privés de signal GPS, les coureurs doivent régler leur allure au feeling. Pour moi pas de souci, je règle ça au cardio et aussi à l'habitude de cette allure travaillée à l'entraînement. Par contre le meneur d'allure et ses groupies ont un poil ralenti, et je reviens doucement sur eux. Au milieu du tunnel j'aimerais bien les dépasser pour garder mon rythme, mais impossible de trouver l'ouverture, c'est trop étroit. Tant pis, je reste dans ce petit peloton en me disant que ça ne sert à rien de s'énerver, que ça ne me fait pas tant ralentir que ça, et que ça ne me fait pas de mal. M'enfin ça m'énerve un peu quand même, et à la sortie du tunnel je pose une petite accélération pour m'arracher de ce groupe, avant de reprendre ma vitesse de croisière et de me dire que ce n'était pas forcément très malin d'accélérer comme ça.

Arrive ensuite le Parc de la Tête d'Or qui marque la mi-course. Je passe au semi-marathon en 1h43'30, j'ai 1'30 d'avance sur le plan de marche mais surtout, j'égale mon record sur cette distance ! Sauf qu'il va falloir en faire un autre de semi là, tout suite, et que dans les kilomètres qui suivent je commence déjà à sentir les mollets se durcir. On rentre dans une autre phase de course, celle où il faut composer avec la fatigue musculaire qui s'installe progressivement sans pour autant faire baisser mon rythme. C'est en gros ce que je raconte à Paulo (sur son vélo) que je croise au début des quais du Rhône au 25e kilomètre... Et oui, moi aussi ça m'a surpris, d'être capable de discuter à ce moment là (même si ça n'a pas été une longue conversation non plus).

Je vole sur les quais !


Il faut dire que malgré les premiers signes de fatigue j'ai la niaque ! Les quais du Rhône c'est mon jardin. Je les ai suffisamment parcourus sur des séances de seuil long pour savoir que c'est là, dans ce sens, que je tiens mes meilleures allures. Et ça se confirme avec trois kilomètres consécutifs à moins de 4'50/km... mais je vole !! Et cerise sur le gâteau, Jérôme le super-suiveur-à-vélo, viens de me rejoindre, et il me suit... et il va me suivre jusqu'au bout de la course ! Vraiment trop sympa de sa part !




Tout en dépassant régulièrement des coureurs (mode pac-mac ON) je franchis la barre symbolique du 30e kilomètre, en 2h27. J'ai 3 minutes d'avance, ça sent bon, et je ne me prends pas le fameux mur du 30e, même si je commence quand même à en avoir plein les pattes et un peu d'inconfort dans les lombaires.

C'est plutôt à partir du 32e que je vais me prendre régulièrement des petits murets, tous les deux ou trois kilomètres, la difficulté pour tenir le rythme s'accroît. Le temps semble de plus en plus long entre les bornes et je dois constamment me surpasser pour ne pas ralentir. Cette fois c'est la guerre !! Je m'y étais préparé, et avec les 3 minutes de marge que j'avais au 30e je sais que je vais la gagner cette guerre ! Mais elle est quand même de plus en plus dure cette p*t**n de guerre !! Je pense que sur cette fin de course qui n'en fini pas de ne pas en finir, Jérôme a dû voir mon visage décrépir au fil des minutes...

Au 38e kilomètre, après avoir franchi le "col" du pont Raymond Barre, on passe à la pointe de la Confluence, sur un sol caillouteux, avec une petite bosse qui doit faire au moins 2 mètres par 10, un monstre quoi ! C'est dingue comme la moindre perturbation dans la foulée régulière du marathonien est dure à encaisser, ça fait mal, mais il faut relancer, c'est la gueeeerre !!

A partir de là je ne pourrais plus tenir les 12 km/h (soit 5'/km). Je savais que ça arriverait. mais avec 3 minutes de marge et 4 km à boucler je sais que je peux me permettre du 5'10/km, c'est ce qui me permet de m'accrocher dans la tête et de continuer malgré des kilomètres qui semblent durer une éternité... jusqu'à la délivrance, la dernière ligne droite où je ne sens plus aucune douleur et où j'accélère dans un ersatz de sprint final, victorieux, heureux, finisheux... en 3h28'05" ! incroyable !!

Libéré, délivré... perché !

Je mettrai ensuite au moins dix minutes à me traîner jusqu'au ravito final et à la consigne pour récupérer mon sac... il va me falloir ré-apprendre à marcher je crois. Puis je croise Sov en coup de vent (il est rapide le bougre) avant d'aller me poster à l'arriver pour attendre Claire dont la vague sur le 10k a démarré très en retard (j'étais déjà arrivé en fait).

Un peu plus d'une heure plus tard, tout est bien qui fini bien, et on se raconte nos bonnes sensations de course au Ninkasi.










vendredi 1 septembre 2017

Les sentiers de fin d'été


Avant et pendant la préparation du marathon de Lyon (dont j'espère terminer le récit détaillé bientôt), je me suis autorisé deux belles sorties trail au soleil. Voici les images :


14/08/2017 : Vallée de Chaudefour et Puy de Sancy

28,4 km - 1411 mD+
Ici la trace, ici les photos et ici le film.

Vue sur la Vallée de Chaudefour

02/09/2017 : Ascension du Mont Dikaios sur l'île de Kos

25,4 km - 1010 mD+
Ici la trace, ici les photos et ici le film.

Replat avant le sommet du Mont Dikaios



Bon et maintenant je me remets à l'écriture du récit du marathon...





dimanche 30 juillet 2017

Le Tour des Fiz, beau et humide


Après l'Ultra Trail des Coursières, mon deuxième gros objectif de l'année se passe à la montagne, et plus précisément à Passy (74), sur un format équivalent à la MH60 de l'an dernier, qui se déroulait "juste en face".

Vue sur le terrain de jeu de l'an dernier

Pour un peu j'y serais retourné, mais les retours positifs de Jérôme et quelques images du désert de Platé à la télé fin 2016 m'ont convaincu d'aller user mes crampons sur le

Trail du Tour des Fiz, 8 refuges
63,5 km - 5070 mD+


L'avant :


Les semaines qui précèdent sont bien sûr consacrées à la préparation, que j'attaque fin mai après avoir bien récupéré de l'Ultra des Coursières. En semaine, c'est de l'entrainement structuré dont j'ai l'habitude avec fractionné, endurance fondamentale, fartlek, et plein de trucs sympas les week-ends : du trail en solo, de l'urban-trail aussi, le massif de l'Epine, du vélo, un maratrail en off Kikourou, le Trail des Bauges, et l'ascension du Glandasse pour finir.

Mon roadbook sur les bases de 14h45
Avec tout ça, il s'est passé un truc étonnant : la confiance. J'ai abordé le Tour des Fiz serein, avec la sensations de grimper mieux que jamais et d'avoir une endurance à toute épreuve. Enchaîner les kilomètres verticaux... même pas peur ! A tel point que ma préparation mentale des dernières semaines, là où d'habitude on psychote et on a peur, a consisté à éviter l'excès de confiance tout en gardant cette bonne sérénité.

Au moment d'écrire mon roadbook et d'estimer mes temps de passage, je suis tout de même resté prudent, comme d'habitude, je suis parti sur des estimations plutôt pessimistes en pensant pouvoir aller plus vite le jour J.

La dernière semaine, mes pensés étaient tournées vers la surveillance de la météo (qui annonçait des orages l'après midi) et la "stratégie" de course, toute simple : ne pas perdre de temps aux ravitos, ne pas s'attarder à Salvagny car c'est un piège...


... et faire la grosse pause au refuge du Grenairon, avec casse-croûte, recharge de la montre et changement de la batterie de la GoPro. Ca, c'est ce qui était prévu.

Samedi 29 juillet, Marie-Laure m'accompagne, on a pris le fourgon, et on va directement au Mountain Store de Passy pour récupérer le dossard, et faire quelques emplettes, avant d'aller prendre nos quartiers au camping les Iles, à 3 kilomètres de là, au bord du Lac de Passy dont on fait le tour à vélo pour profiter de ce cadre exceptionnel entre le Mont-Blanc, les Aravis et les Fiz.

Le Mont-Blanc, les Aravis, les Fiz
A 21h30 je me couche, sans pour autant trouver un bon sommeil... y a pas idée aussi de se coucher aussi tôt !


Le pendant :


Dimanche 30 juillet, 2h30 du matin, le réveil sonne. Je grignote un semblant de petit dèj en m'habillant et en finissant de tout faire rentrer dans le sac que je laisserai à la consigne, et à 3h00 j'enfourche mon vélo pour une petite mise en jambe facile de 3 km jusqu'au Mountain Store, point de départ des navettes qui montent les coureurs jusqu'au départ à Plaine Joux.

Là-haut il fait toujours aussi nuit à 4h15, et je retrouve Jérôme et Blanbar (un Kikou dont on fait la connaissance) autour d'une tranche de quatre-quart et d'un caf... ah non ! pas du tout ! pas de café ! on ne sait pas quel effet ça pourrait avoir sur nos intestins endormis... allons plutôt nous placer sagement dans le sas de départ.


1) Plaine Joux - Refuge de Varan : 10,8 km - 930 mD+ : 221e après 1h47


Le temps de quelques selfies nocturnes, et il est déjà 5h00, compte à rebours, et départ à la frontale pour une longue et belle journée.

Les premiers kilomètres sont en légère descente, donc parfaits pour une mise en jambe tranquille, à ceci près qu'il faut rester très prudent car le terrain est plutôt glissant. Je prends donc un rythme raisonnablement pas trop lent et je déroule dans les sous-bois.

Un troisième kilomètre en côte, ce n'est pas trop long, je laisse les bâtons rangés histoire de chauffer un peu les cuisses, et les sensations sont bonnes. La journée se présente bien.

Suivent une bonne descente et des faux-plats pour boucler la première heure de course. Doucement le jour commence à se lever sur les lumières de Passy en contre-bas.

Au 8e kilomètre, cette fois je sors les bâtons pour la première vraie côte du jour : 2,8 km pour 540 mD+ jusqu'au Refuge de Varan, lieu du premier ravito. Malgré quelques passages un peu pentus, cette côte n'est pas trop dure, et elle nous offre de beaux points de vue sur le Mont-Blanc au levé du jour... le spectacle du Tour des Fiz commence.


Le jour se lève sur le Mont-Blanc



2) Refuge de Varan - Refuge de Platé : 16,2 km - 1800 mD+ : 214e après 3h13


Au Refuge de Varan, j'opère un bref ravito : remise à niveau des bidons, un bout de pain d'épice, une photo et ça repart. Par contre, je m'en rendrai compte un peu plus tard, j'ai oublié de ranger ma frontale. Pas grave, posée sur mon buff elle sait se faire oublier.

Nous voici maintenant sur un passage en petites montée et descentes très fun, en balcon, avec une vue imprenable sur le Mont-Blanc, le Prarion, le Mont Joly et tous leurs amis, alors que le soleil surgit de derrière la montagne, le spectacle continue pour mon plus grand plaisir !

C'est pas tout ça, mais au 14e kilomètre, comme le disait fort justement un autre coureur, on en a fini avec les entrées, maintenant on attaque le plat de résistance. En effet, nous voilà au pied de la tant attendue et redoutée ascension du Col de la Portette, qui se découpe en deux tronçons, avec le Refuge de Platé en guise de gare intermédiaire.

La première partie, c'est 2 km pour 650 mD+, ça commence à être bien pentu. Le sentier fait plein de jolis petits lacets dans lesquels je trouve rapidement mon rythme, et je commence même à doubler du monde et à rattraper systématiquement le coureur suivant. Même quand je m'arrête pour prendre une photo, je refais vite mon retard, et je double... incroyable !

A près de 2000 m d'altitude on entre dans la Cheminée, ce petit couloir entre les rochers, duquel je me demande bien comment on va sortir.


La Cheminée

Puis le chemin prend à gauche, en balcon avec un petit pont, puis fini par déboucher, pour mon plus grand émerveillement, sur ce petit replat au bord du Désert de Platé. Entre les lapiaz, le refuge est là qui me tend les bras !

A l'orée du Désert de Platé



3) Refuge de Platé - Refuge des Sales : 21,7 km - 2160 mD+ : après 4h27


Au Refuge de Platé, où je m'arrête trois minutes pour grignoter, me repoudrer le bidon, et ranger ma frontale (ben oui, il serait temps), il y a une chaude ambiance. Et pour cause... "Voilà les premiers du 30 !! Ils arrivent !!". Et zou ! même pas le temps de les voir se ravitailler qu'ils ont déjà filé. Du coup j'en fait de même, mais moins vite.

A partir de là, et pendant un bon paquet de kilomètres, il me faudra être vigilant pour ne pas gêner les avions de chasse du 30 km qui me doublent par wagons à une vitesse impressionnante.

Bref, revenons à notre Col de la Portette. On la voit bien depuis le Refuge de Platé, cette encoche dans la roche à 1,3 km et 310 mD+ d'ici. Et comme les premiers hectomètres d'approche sont plutôt faciles, autant dire que là fin est bien raide, et caillouteuse. La vitesse de croisière baisse sensiblement, mais finalement, y a pas de mal, et je double encore un ou deux gars.

Col de la Portette, droit devant !

Au Col de la Portette (2354 m et point culminant du jour) il y a une super ambiance, avec acclamations et encouragements personnalisés pour chacun. Mais le plus beau, ce sont les derniers pas, le franchissement du col avec la vue qui s'ouvre sur un magnifique vallon, la barre des Fiz, et même les Aiguilles Rouges au fond. C'est somptueux ! C'est vraiment de cette sensation dont on rêve quand on s'imagine "passer un col", cette découverte d'un grand paysage qui s'ouvre à nos yeux en un instant.


La vue depuis le col... en fait c'est encore plus beau en vrai !

Depuis le col, on va descendre jusque dans la vallée, 1500 m plus bas ! Le mot d'ordre est alors de s'économiser car les longues descentes ça laisse des traces. J'y vais donc prudemment, d'autant que le début est un peu pentu, et que j'ai plus envie de lever les yeux vers le paysage que de regarder où je mets les pieds (et puis faut laisser passer les avions du 30 aussi...).

Moi qui suis normalement plutôt meilleur descendeur que grimpeur, je me rends compte qu'aujourd'hui c'est l'inverse. Je me traîne un peu en descente, et ça sera comme ça toute la journée, mais bon, pas de souci, la prudence est mère de sûreté (c'est bien comme ça qu'on dit ?). En plus il est très sympa ce début de descente, avec des passages entre les cailloux, des bouts de prairie...


Des traileurs dans la prairie



... des vaches...













... un âne !!

Il était là, tout beau tout gentil à m'attendre au bord du chemin !

Je tiens mon traditionnel ânefie, ma course est donc réussie, CQFD ;-)

Alors que j'arrive tout content au ravito du Refuge de Sales, je sens qu'il fait un peu plus chaud et qu'il va falloir boire plus pour ne pas tomber dans le piège de la déshydratation. D'ailleurs j'ai déjà rangé le buff au profit de la casquette.


4) Refuge des Sales - Salvagny : 29,8 km - 2200 mD+ : 216e après 5h42


Je reste trois ou quatre minutes au ravito pour refaire les niveaux, m'envoyer un bon petit godet de Coca frais, et manger du salé (Tucs, saucisson, Comté). C'est que je commençais à avoir une bonne petite faim là. Du coup je décide qu'il est temps de me faire un bon petit casse-croûte, et me voilà parti au petit trot avec un beau sandwich saucisson-fromage à la main, miam !






La suite de cette longue descente se fait sur un chemin caillouteux dans les Gorges de Sales, parsemées de jolies cascades et de randonneurs qui ont bien choisi leur endroit pour en prendre plein les mirettes.

Je profite aussi de la beauté des lieux, en ayant toujours l'impression de ne pas descendre bien vite, et en me faisant régulièrement doubler, par des coureurs du 30 (avant qu'ils bifurquent enfin sur un autre chemin), mais aussi parfois par mes homologues du 60. Pas grave, je ne vise pas le podium.





Les Gorges de Sales

Cette descente est décidément très très longue. Et ses derniers kilomètres ne sont pas les plus agréables. Il fait de plus en plus chaud (tout est relatif hein, rien de caniculaire aujourd'hui et heureusement) et on enchaîne les passages en sous-bois et traversées de routes, avec même encore un peu de bitume tout au fond de la vallée, pour arriver au ravito de Salvagny.




5) Salvagny - Refuge du Grenairon : 36,6 km - 3300 mD+ : 203e après 7h45


Au 30e kilomètre on serait tenté de se dire que le ravito de Salvagny marque la mi-course, mais attention, il en reste encore un peu plus de 30 à faire, et surtout, plus de 2800 mD+ à gravir. Ajoutons à ça qu'on se trouve au dernier endroit où il est "facile" de se faire ramener à Passy en cas d'abandon et qu'on est juste au pied de la très longue montée vers le Refuge du Grenairon (6,5 km pour 1100 mD+). Il faut donc absolument débrancher le cerveau en arrivant ici, remettre poudre et eau dans les bidons, bien boire, manger un peu, poster un message sur Kikourou, et repartir aussitôt.

Après l'interminable descente depuis le Col de la Portette et ce ravito rapide à Salvagny, il n'est pas facile de se remettre en mode grimpeur sur ces premiers hectomètres de montée, raides, sur une grosse piste, alors que je crains que la chaleur s'installe.

Heureusement, le chemin devient plus agréable et ombragé, en lacets dans la forêt avec des pentes variables et pas trop méchantes. Je prends mon rythme, je suis presque tout seul, et v'là que je me fais enrhumer deux fois par des bêtes de course ! Mais ils ne sont pas là les coureurs du 30 normalement... C'est en apercevant le dossard du deuxième larron que je me rappelle que certains font la course en relais, et que là, ils sont tout frais les relayeurs.

Quoiqu'il en soit, je monte, lentement mais sûrement, il fait beaucoup moins chaud au fur et à mesure que les nuages s'installent, et je rattrape même quelques gars au fil des lacets. Alors que la végétation s'éclaircit avec l'altitude, après avoir traversé deux ruisseaux, on a une belle vue sur les lapiaz d'un côté et la vallée de l'autre. Ca fait toujours un peu plaisir de voir qu'on a déjà grimpé tout ça, même s'il reste encore du boulot jusqu'en haut.

Les lapiaz

Je dois être environ à la mi-course là, mais je trouve un peu le temps long. Je calcule mes temps par rapport à mes prévisions et je trouve que je n'ai finalement pas tant de marge que ça sur la prochaine barrière horaire (en fait je me suis trompé d'une heure dans mon calcul...). Pour la seule fois de la journée je doute un peu. Je pense que le sommet est bientôt là, mais il n'arrive pas. Puis on passe dans un monde beaucoup plus minéral, mais ça grimpe toujours... elle est plus longue que prévu ou quoi cette côte ??


La fin, très minérale, de l'ascension vers le Refuge du Grenairon

Et voilà enfin le sommet (de la côte hein, à 1974 m, pas de la montagne qui culmine elle à 2775 m), et le Refuge du Grenairon, tant attendu puisque c'est là que je comptais faire ma plus grosse pause.


Le Refuge du Grenairon, qui se mérite !



6) Refuge du Grenairon - Refuge des Fonts : 45,3 km - 3650 mD+ : après 9h22


Comme tous les bénévoles, ceux du refuge du Grenairon sont très sympa et aux petits soins. Malheureusement là ils font avec ce qu'ils ont : plus de fromage et rationnement d'eau gazeuse : un verre pas plus, par contre c'est Coca et saucisson à volonté, ouf, l'essentiel est sauf !

Quant à moi, je ne ressens pas plus que ça le besoin de faire une grosse pause, et j'ai un peu la flemme d'enlever mon sac et de déballer mes batteries et câbles. Ca tombe bien, la montre semble pouvoir tenir toute la course sans recharge, et la batterie de la GoPro pourra bien tenir encore jusqu'au prochain ravito. Je me contente donc de remplir mes bidons, de boire et de grignoter, sucré, salé, tout y passe, et je repars après à peine plus de cinq minutes avec un bon sandwich au saucisson à la main.

Un sac, une veste, un sandwich...

A propos de ma flemme d'enlever mon sac... et ben c'est raté ! Ca ne fait même pas cinq minutes que j'ai quitté le ravito, que déjà les premières grosses gouttes me tombent sur le coin du nez. Je m'arrête aussitôt pour mettre ma veste de pluie, sans même avoir eu le temps de finir de manger.



C'est donc sous une pluie finalement peu violente que je perds de l'altitude (900 mD- en 5 km) sur une piste assez roulante, mais sur laquelle je n'arrive pas à me lâcher. C'est la constante du jour, je suis lent dans les descentes, même faciles.

En bas le soleil fait une percée à traverse les arbres, il faut vite s'arrêter de nouveau pour enlever la veste sous peine de surchauffe sur cette grande piste, d'abord plate, puis de plus en plus pentue. Je n'aurai pas trottiné bien longtemps avant de devoir reprendre la marche nordique, la pente étant bien plus marquée que je ne l'imaginais sur le papier. Au moins ça me laisse le temps de profiter de la végétation luxuriante et des impressionnants plissements dans ces gorges où coule le Giffre des Fonts.


Spectaculaire plissement rocheux

Après un petit pont en béton, quelques jolis lacets marquent l'entrée dans le Cirque des Fonts, à l'approche du refuge éponyme, et donc du ravito. C'est beau, mais très couvert... très très couvert... ils avaient annoncé des orages en début d'après-midi non ?


Le Refuge des Fonts


7) Refuge des Fonts - Refuge Alfred Wills : 51,2 km - 4350 mD+ : 197e après 11h17


J'arrive donc au Refuge des Fonts, je prends un Tuc, puis une goutte sur la tête, puis dix, puis... tous aux abris ! Je ne suis pas là depuis deux minutes qu'on se prends une rincée mémorable faite de litres de pluies et de grêle ! Tout le monde s'abrite dans les chalets. Je suis avec quelques autres coureurs et un organisateur (le préposé au talkie-walkie) dans un petit réduit, devant les toilettes...

Très vite, notre gentil organisateur nous informe que la course est neutralisée jusqu'à nouvel ordre. J'en profite pour changer la batterie de la GoPro, au moins ça, c'est fait.

Il nous faudra patienter 20 minutes avant que la course ne reprenne. L'orage est passé et on repart tous ensemble à l'assaut du Petit Col d'Anterne (4 km pour 640 mD+). Je double, on me double, je redouble, bref, chacun reprend son rythme. Le mien est plutôt bon. Cette longue pause forcée semble m'avoir fait du bien, et même si cette montée dure longtemps, je la vis bien, et mes yeux se régalent : au début, avec l'humidité et la végétation, le décors était quasi tropical, et en prenant de la hauteur je pouvais contempler tantôt les Frêtes du Grenier, tantôt les Rochers des Fiz.


Les Frêtes du Grenier

Dans l'ascension du Petit Col d'Anterne

A 2038 m, au Petit Col d'Anterne, le plus dur est largement fait, et je descends sereinement ce joli single dans la prairie, face aux Rochers des Fiz, jusqu'au Refuge Alfred Wills. Quel bel endroit !


Les Rochers des Fiz depuis le Petit Col d'Anterne



8) Refuge Alfred Wills - Refuge de Moëde-Anterne : 56,5 km - 4850 mD+ : après 13h16


A Alfred Wills les bénévoles sont super sympas, y a du Coca et du saucisson (entre autres), tout pour être bien. Mais je ne souhaite pas vraiment m'attarder, juste me ravitailler. Et comme aux Fonts, la météo va en décider autrement. La deuxième couche d'orage s'abat sur nous pauvres mortels abrités sous deux légères pergolas. Cette fois pas de grêle, mais de violentes rafales qui non contentes de nous refroidir, vont finir par plier l'une des pergolas. Qu'à cela ne tienne, on part se réfugier dans le gite, enfumé au feu de bois, où les pauvres randonneurs qui croyaient se reposer, se retrouvent envahis.

La course aura été neutralisée pendant 40 minute avant qu'on puisse tous repartir à la queue-leu-leu dans la prochaine ascension. Contrairement à tout à l'heure, la pause ne m'a pas fait du bien. Je me suis refroidi et j'ai du mal à retrouver le rythme mais bon, ça passe, et je finis enfin par déboucher sur l'un des décors symboliques de ce Tour des Fiz : le Lac d'Anterne au pied de la Pointe d'Anterne avec au fond, le Col d'Anterne (ces quelques précisions pour éclairer vôtre lanterne...).


Lac, Col, Pointe... d'Anterne

J'ôte la veste de pluie, je trottine dans la prairie, je me mouille les pieds dans les ruisseaux, m'en fout il refait soleil et je suis content !

Puis le sentier s'incline de nouveau pour la dernière petite montée du jour, alors que la pluie revient (donc je mets la veste) puis cesse cinq minutes plus tard... tant pis je garde la veste.


Il pleut ou il fait soleil, faudrait savoir !

A 2257 m, après une montée plus longue qu'elle n'y paraissait, je suis enfin au Col d'Anterne, ça fait plaisir, il ne reste plus qu'à descendre pour rallier l'arrivée qui est toutefois encore un peu loin (oui, 8 km c'est loin en fait).

Avant d'entamer prudemment la descente glissante, je profite de la vue sur un Mont-Blanc, couvert de nuages noirs, sur l'orage qui sévit dans la vallée de Chamonix, et sur les Aiguilles Rouges traversées par un arc-en-ciel qui n'est pas sans me rappeler celui du dernier sommet de l'Ultra des Coursières... magique coïncidence...


Le Col d'Anterne

Arc-en-ciel sur les Aiguilles Rouges

Je me laisse donc descendre gentiment vers le Refuge de Moëde-Anterne qu'on voit de loin posé au milieu du paysage.


Les Refuge de Moëde-Anterne




9) Refuge de Moëde-Anterne - Refuge d'Ayères : 61,1 km - 5000 mD+ : 209e après 14h16

Merci Madame ;)


Au Tour des Fiz, refuge = ravito. Cool ! un ravito ! Moi j'aime bien les ravitos !
Pain, saucisson, fromage, alors je dis : "Il ne manque plus qu'on coup de rouge avec ça...". Et voilà que ma bénévole préférée (ben oui c'est elle ma préférée du coup) attrape une bouteille de vin me dit : "Chiche ?". Ben oui, chiche, et en plus il était bien bon !


Allez, y a un trail à finir quand même, en plus c'est beau et roulant face au Lac et à la Pointe Noire de Promenaz. Puis on prend à droite et ce n'est plus du tout roulant. J'en avais entendu parler et m'y voici dans cette portion de descente assez raide, très technique, potentiellement glissante, avec parfois des câbles et des repose-pieds en acier pour franchir de grosses marches... je me traîne comme jamais, encore plus lent qu'en montée ! Et elle est plus longue que je ne le pensais cette foutue descente. Mais le Tour des Fiz sait toujours se faire pardonner avec des décors beaux à souhait, comme ici : le canyon du Souay.


Les Chalets du Souay

Aux Chalets du Souay on retrouve une piste ultra roulante, presque une route. Il reste 4 kilomètres à faire comme ça, fini les difficultés ! Et à peine un kilomètre plus loin, c'est Jérôme qui m'attend là, trop cool ! Il n'arrête pas de me prendre en photo en plus de m'encourager. Il va même pousser le vice jusqu'à essayer de me faire courir dans les faux-plats montants, mais y a pas moyen, je crois que je suis fatigué en fait, mais tellement content.





10) Refuge d'Ayères - Plaine Joux : 63,5 km - 5070 mD+ : 208e après 14h39


Un petit Coca en passant au dernier ravito, le Lac Vert pour une dernière photo, et un bon faux-plat bien montant pour déboucher sur Plaine Joux, et courir, les bras levés, vers l'arrivée.


Le Lac Vert et le Mont-Blanc


Le finisher



L'après :


Après une telle course, je savoure. J'espérais faire moins de 14h45, c'est fait en 14h39, en comptant l'heure perdue avec les neutralisations de course.

C'est vraiment sympa de la part de Jérôme de m'avoir attendu pour l'arrivée, ça fait bien plaisir. Et après le passage à la consigne pour récupérer mon sac, il va encore falloir qu'il m'attende pendant que je me change, avant de profiter enfin du repas bien mérité (et de la sauce aux morilles bien goûtue).

Plus tard, Jérôme me dépose en voiture aux Mountain Store où je retrouve mon vélo. Les trois kilomètres jusqu'au camping ne sont pas trop durs malgré des jambes bien fatiguées, que je vais bien reposer pendant dix jours.

Aujourd'hui, dix jours après, j'ai repris doucement la course dans Lyon et mon plan marathon est déjà prêt pour commencer la semaine prochaine la même prépa-RIL que l'an dernier en visant un chrono un poil plus rapide. Vais-je y parvenir ? Suspense...