mercredi 31 mai 2017

Ultra trail des Coursières : premier cent !


Les photos - le film


Ca fait bien un an et demi que je me suis dit que pour passer un jour le cap des cent bornes, l'Ultra trail des Coursières pouvait être la course idéale. Pas loin de Lyon, pas trop de dénivelé ni de technicité, et toujours plein de copains sur la course de quoi s'inscrire sans trop hésiter non ?

Mi-décembre, tout juste remis de la SaintéLyon, le click fatidique est fait, me voila inscrit pour plus de 100 km dans les Monts du Lyonnais... ça fait beaucoup quand même...

Bref, samedi 13 mai au soir, j'avais un maillot de plus à ranger...



C'était long, mais ça s'est bien passé, sans subir le gros coup de mou que je craignais. J'ai réussi à être constant et à me forcer jusqu'au bout à courir quand la pente le permettait, même si les relances faisaient de plus en plus mal partout au fil des heures, mais il parait que c'est normal.
C'était un bon jour, avec des copains, de la bonne humeur, des beaux paysages et de la chance au niveau de la météo puisque même si j'ai pris quelques gouttes dans l'après-midi, j'ai été épargné par les gros orages.

Ce qui est curieux c'est que maintenant que c'est fait, je ne trouve plus grand chose à en dire, si ce n'est que je suis super content d'avoir fait quelque-chose d'énorme pour moi.
Bon, je vais quand même bien trouver un petit truc à raconter pour chacune des étapes de cette belle course, allez, je me lance, c'est parti pour le récit !


Etape 1 : La prépa :


Pour préparer cet objectif d'une envergure inconnue pour moi, je me suis fait un plan sur douze semaines inspiré du plan marathon de l'année dernière : quatre séances par semaine avec du fractionné, du seuil, de l'EF, de la longue, avec bien sûr du dénivelé et du volume. Je n'ai pas réussi à être assidu sur le renforcement musculaire, mais grâce à quelques séances d'escalier j'ai un peu compensé.

Au bout d'un mois, petit souci, les mollets tirent. Comme j'avais un break d'une semaine prévu mi-mars pour voyager en Norvège, j'étais optimiste sur la récupération des mollets, mais dès la semaine suivante ça a tourné en contracture. J'ai donc décidé d'adapter l'entrainement en remplaçant les fractionnés, trop violents, par du fartlek au feeling, et tout à fini par rentrer dans l'ordre.

La prépa c'est aussi :
- des sorties nature avec les copains
- des sorties en solo dans de beaux paysages à l'occasion de virées à Die [photos - film] et à Fontaine-de-Vaucluse [photos - film]
- l'occasion de refaire du vélo (ça faisait longtemps !)
- la traditionnelle grosse sortie, trois semaines avant la course, qui nous a permis, avec Jérôme, de reconnaître un bon premier tiers du parcours de l'ultra [photos]


Comme quoi l'entrainement ce n'est pas toujours une corvée !

Etape 2 : Se lever dans la nuit du samedi 13 mai pour se taper 102 km et 4000 mD+


Pour minimiser l'appréhension à l'approche d'une telle course, j'aimais bien dire que le plus dur serait de se lever à 2h30 du matin, et que finir la course ne serait alors qu'une formalité... En réalité, ça n'a pas été le cas puisque j'ai réussi l'exploit de me coucher à 20h30 la veille, et avec l'excitation j'étais debout avant 2h30 !

A 4h, une heure avant le départ, je suis sur place à Saint-Martin-en-Haut pour récupérer mon dossard et papoter avec les copains en buvant un petit café. Et bizarrement je suis confiant.

Le rituel du serrage des lacets avant d'aller au combat

A 4h45 on prend place dans le sas de départ, plutôt derrière pour être sûr de partir doucement. Il fait encore nuit et juste assez frais pour être bien en t-shirt et manchettes. La pluie est annoncée pour l'après-midi, la veste est donc dans le sac.

Le programme de la journée...


Etape 3 : Saint-Martin-en-Haut - Yzeron : km 26 : 3h32 de course


Le départ est donné à 5h03, à la frontale dans Saint-Martin puis Rochefort, avant de sortir déjà les bâtons pour une première petite côte d'échauffement. En haut, Franck relance et disparaît dans la nuit, alors que je reste sagement avec Eric. Et encore, pas si sagement que ça car en fait je suis parti un peu plus vite que prévu. Les sensations sont bonnes, je n'ai vraiment pas l'impression d'en faire trop, mais ce n'est pas normal que je sois avec Franck et Eric, ils sont plus forts que moi normalement !

A près une petite heure de course je laisse filer Eric et je temporise un peu pour prendre mon rythme de croisière. Je me sens bien et le jour commence à se lever, pour le plus grand plaisir des yeux.

Le levé du jour sur le barrage de Thurins était superbe
Ensuite la bonne montée vers les balcons de Py Froid passe super bien, c'est bon signe, je suis dans un bon jour, détendu et content de mon rythme, pourvu que ça dure.

Bien relâché de bon matin

Thurins, les nuages, le Pilat...
Alors si vous ne connaissez pas les organisateurs des Coursières, il faut savoir qu'ils sont assez farceurs en terme de parcours... Ca commence au km 17 avec une petite descente droit dans une forte pente dans un gros champ de terre, puis au km 22 vient le Crêt de Py Froid et ses gros blocs à escalader... ça va que je les connais bien ceux-là !

Plus qu'à dérouler jusqu'au lac du Ronzey à Yzeron où nous attend (enfin !) un ravito liquide. Ca tombe bien, après plus de 3h30 de course, mes bidons sont presque vides. Je fais donc le plein sans trop m'attarder, le temps quand même de faire un petit coucou à Eric qui repartait quand j'arrivais, comme quoi, il est sur un rythme prudent, et moi, en avance sur mes prévisions.


Etape 4 : Yzeron - Duerne : km 36 : 5h06 de course


On quitte les rives du Lac du Ronzey pour attaquer la montée vers le col des Brosses, où je rattrape François, ça fait plaisir d'échanger quelques mots, mais le pauvre souffre des tendons.

Après cette belle montée, ça descend gentiment pendant un bon moment, jusqu'à une nouvelle farce des organisateurs, la fin de la descente se fait dans les bois sur des pentes à plus de 45% par endroit ! C'est amusant, j'y vais comme sur des skis, mais j'ai quand même peur que ce genre d'effort reste dans les cuisses. Heureusement, ce n'était pas trop long. Et puis c'était aussi l'occasion de croiser une nouvelle fois Frantz.

Je ne vous ai pas parlé de Frantz ? En fait ce n'est qu'après la course que j'ai cherché son numéro de dossard pour connaitre son nom. Il fallait bien que je sache qui était ce sympathique coureur avec qui on n'a pas arrêté de se croiser pendant des heures et des heures. Je crois que je l'ai vu pour la première fois après 15 km et pour la dernière fois à Lamure, 60 km plus loin !

Derrière Frantz sur le chemin des aqueducs de Montromant
C'est pas tout ça, mais pour mériter le ravito et surtout pour passer la première barrière horaire, il faut se taper une bonne grosse montée bien raide (surtout au début), entre les aqueducs romains de Montromant et le village de Duerne. Je reste dans le sillage de Frantz, plus ou moins loin, il grimpe bien, moi pas trop mal non plus, mais les jambes ne sont plus d'une première fraîcheur à ce stade. Le ravito fera du bien.

Ca c'est un panneau qui fait plaisir !
J'arrive donc à Duerne avec 25 minutes d'avance sur la barrière horaire que je craignais le plus, sans être en sur-régime, c'est très bon signe, mais la route est encore longue. Je ne lésine donc pas sur la soupe et le saucisson, il faut bien s'alimenter, sans trop traîner, aussitôt dit, aussitôt fait !
A peine sorti du ravito de Duerne, je tombe sur Caro et les garçons qui m'encouragent et me donnent de bonnes nouvelles de Franck (qui est déjà loin devant).


Etape 5 : Duerne - Saint-Symphorien : km 52 : 7h15 de course, reparti 30 minutes plus tard


A partir de Duerne je suis dans l'inconnu en terme de parcours. Je ne connais pas ces chemins, juste le profil qui m'indique que ça va être assez vallonné jusqu'à La-Chapelle-sur-Coise puis globalement descendant jusqu'à la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise.

Le temps se gâte doucement sur les vallons des Monts-du-Lyonnais

En effet ça n'arrête pas de monter et descendre et il me tarde d'arriver sur La-Chapelle... et justement, voilà le village qui apparaît déjà au loin.

La-Chapelle-sur-Coise
Et oui déjà, car d'après les infos données par l'orga, on devait y être au km 46, et là, j'en ai à peine 44 au compteur quand je fais un arrêt express pour remettre de l'eau dans un bidon devant la Chapelle ! Deux km de moins que prévu, pourquoi pas, mais il ne faudrait pas que j'en ai moins de 100 au compteur à la fin... sinon je ferai des tours de parking pour arriver au compte et puis c'est tout, namého, chuis là pour être centbornard moi !

C'est donc en plein délire que je me laisse glisser au petit trot sur les faux-plats descendants. J'y croise Fabien, qui zone dans le coin pour faire des photos des copains...


Merci Fabien pour la photo !

Puis je traverse tel un touriste le joli château de Saconay...

Le château de Saconay

Un château pouvant en cacher un autre, voici le château de Pluvy, alors que le temps devient pluvieux.

Le château de Pluvy

Il doit rester à peine plus d'un km avant la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise, mais la pluie s'intensifiant, je m'arrête quand même pour mettre ma veste de pluie.

Et au km 53, avec toujours 2 km de moins que prévu au compteur, j'entre dans la salle du ravito de Saint-Symphorien-sur-Coise.

J'y retrouve Eric qui va bientôt repartir, Caro et les garçons, Pierre-Yves, la famille de Jérôme, que du beau monde ! J'y retrouve aussi mon sac, comme prévu. Entre chaque aller-retour à la table pour manger du pain, du jambon et du saucisson, je branche un petit coup la batterie pour charger la montre, je change la batterie de la GoPro, je remplis mes poches avec les barres, gels et sachets de poudre prévus pour la deuxième moitié du parcours... En fait, seul un sachet de poudre me servira, pour le solide, les ravitos suivants me suffiront et puis de toute façon je n'avais plus tellement envie de sucré.

Finalement je ne change pas de vêtements, je suis bien comme ça. Alex m'informe qu'il pleut encore, donc je remets la veste de pluie, et je repars avec Pierre-Yves... après une demi-heure d'arrêt !! Tout ça ! Je n'ai vraiment pas vu le temps passer !


Etape 6 : Saint-Symphorien - Le Carteron : km 64 : 9h35 de course


Pierre-Yves m'accompagne un moment dans la montée longue et irrégulière vers Larajasse, mais il est dans un jour sans et préfère ralentir et me laisser filer. Je me mets alors dans ma bulle (sans musique pour une fois), bâtonnant dans les montées, relançant sur les replats, gérant tranquillement la descente, dépassant Frantz... avant de re-déployer les bâtons pour une nouvelle bonne montée au sommet de laquelle se trouve le ravito du Carteron.

Vue sur Saint-Symphorien en s'élevant au-dessus de Châtelus

L'usure s'installe mais il ne faut pas perdre le rythme, donc l'arrêt au ravito est rapide, juste le temps de remplir les bidons et de prendre un peu de saucisson et de pain d'épice pour la route. Même s'il ne pleut plus, je ne prends pas le temps d'enlever ma veste qui ne me tient pas trop chaud.


Etape 7 : Le Carteron - Lamure : km 74 : 11h20 de course


Et c'est reparti pour du bien vallonné : une descente, puis la longue remontée vers le Crêt Malherbe, point culminant des Monts du Lyonnais. Je garde mon rythme, je m'efforce toujours de relancer sur les faux-plats, mais je trouve le temps long. C'est en fait le seul moment dans la course où j'ai eu une forme de lassitude, et avec le recul, ce n'était vraiment rien du tout à gérer par rapport au coup de mou que je craignais, et qui ne viendra jamais (tant mieux !). En plus je suis rejoins par Xavier, parti très prudemment, et qui restera quelques instants avec moi avant de disparaître à l'horizon. Ca fait toujours du bien de papoter un peu.

Quelque-part autour du Crêt Malherbe... je ne sais plus exactement où en fait...

Ca monte, ça descend, parfois dans les bois, parfois avec une vue dégagée, puis j'arrive enfin à Lamure.

Lamure

Je traverse le village et fais une pause de quelques minutes au ravito. J'ai besoin de me requinquer un peu. J'en profite aussi pour enlever la veste car cette fois le soleil est de retour et j'ai trop chaud.


Etape 8 : Lamure - Saint-André : km 92 : 14h30 de course


En sortant de Lamure, une bonne côtelette nous emmène sur les sentiers en balcon au-dessus de la vallée du Gier, les sentiers de la SaintéLyon !

La vallée du Gier

Je me sens mieux, j'arrive toujours à bien relancer, et je sais que je vais la finir cette course. Depuis Lamure je suis complètement seul sur les chemins mais je suis bien, dans ma bulle, et je me fais plaisir dans la longue descente sous Sainte-Catherine, même si ça commence à bien tirer dans les jambes et les pieds.

Mais maintenant il va falloir y monter à Sainte-Catherine, et je m'en souviens de cette montée sèche qui m'avait bien marqué lors du trail des Coursières 2015 ! Sauf qu'elle ne me fait plus peur maintenant cette montée. A ce stade, montée ou descente, je sais que je vais tout franchir pour finir, donc pas de tergiversation, je sors les bâtons et je grimpe, tel le funiculaire sur sa crémaillère... (si si !).

Entre temps, j'ai remis ma veste de pluie et le sol est bien mouillé. Par chance je n'ai pris que quelques petites gouttes, alors que j'ai bien vu passer un gros orage tout près pendant que je montais.

A Sainte-Catherine l'ambiance est super, et un petit ravito liquide non prévu est en place. J'ai encore assez d'eau donc je ne m'arrête pas et je relance, sur des chemins bien connus maintenant puisqu'ils sont communs à tous les formats des Coursières et à la SaintéLyon. Vous savez, ce chemin qui passe devant Riverie, qui traverse La Bullière, et qui descend le redouté Bois d'Arfeuille ! Et on peut dire que cette fois il est bien boueux le Bois !

La boue d'Arfeuille

Puis vient la classique remontée vers Saint-André-la-Côte, qui elle non plus ne me fait plus peur, depuis le temps que je la fréquente, même si elle me fait un peu mal quand même (mais j'aime ça, il faut croire...).
Et qui dit Saint-André, dit traditionnellement photo sur la vallée du Rhône, où l'orage sévit, et dit ravito !

La traditionnelle vue depuis Saint-André-la-Côte

Au ravito c'est carrément la fête ! Les bénévoles sont en pleine forme, et toujours aussi sympas, ça fait vraiment plaisir. En plus de l'inévitable saucisson, j'ai droit à un bon gobelet de soupe aux vermicelles, que je ne finirai pourtant pas, ça m'aurait pris trop de temps d'attendre qu'elle refroidisse suffisamment. J'ai vraiment envie de repartir pour en finir avec ces dix derniers km !


Etape 9 : Saint-André - Saint-Martin : km 102 : 16h08 au final


Pour en finir il s'agit maintenant de franchir le Signal de Saint-André, qui comme d'habitude permet aux organisateur d'exprimer leur goût pour les détours rocheux et raides qui obligent à monter les genoux plus haut qu'il est humainement possible de le faire (surtout après 95 bornes...). Mais c'est ça qu'on aime sur les Coursières !

Dans les rochers du Signal

Après avoir laissé mes dernières forces dans les rochers, je me hisse au sommet du Signal, je me retourne... et là, wahou ! La vue est superbe avec un arc-en-ciel magnifique au-dessus de Lyon ! Photo obligatoire. Pour moi c'est normal, je fais des photos tout le temps, mais même Cédric, le concurrent qui me suit et qui finira la course juste devant moi, prend le temps de s'arrêter pour contempler et photographier ce paysage bien mérité.

La vue magique depuis le Signal

La fin je la connais par coeur, ça slalome dans les bois, ça descend, ça remonte sur le plus casse-patte des faux-plats du Monde, puis ça redescend, alors que le kilométrage sur ma montre affiche maintenant trois chiffres : 100 !! Wouhou !! Me dis-je.

Enfin, cerise sur le gâteau, Laurent arrive à ma rencontre sur son fier destrier à pédales pour m'encourager sur le dernier km, jusqu'au gymnase de Saint-Martin où je peux enfin lever les bras au son de la cloche des finishers brandie par l'excellent Jean-Louis !

J'ai fini, je suis bien rincé, et très content non seulement d'avoir fini, mais je ne pensais pas pouvoir mettre à peine plus de 16 heures, sans avoir eu de gros coup de mou et en ayant pu forcer mes jambes et mes pieds à courir jusqu'au bout.

Franck, Caro et Laurent sont là pour recueillir mes impression à chaud, c'est super sympa et je suis tout perdu, je ne sais plus par quoi commencer : me changer ? aller boulotter du saucisson ? aller chercher mon plateau repas ? boire une soupe peut-être ? et une bière bien sûr !

Tout ceci sera fait, dans un autre ordre, la première action ayant été de récupérer mon maillot de finisher.


Le meilleur repas du Monde !

Au cours des jours suivants j'ai réappris à marcher... non je plaisante ! J'ai eu de bonnes courbatures pendant deux jours, mais sans plus, j'ai même bien récupéré, et je me tourne doucement mais sûrement vers mon prochain objectif : le Tour des Fiz fin juillet, mais ça, c'est une autre histoire.






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