samedi 2 juillet 2016

La Montagn'Hard 60, un gros morceau !


Les photos - le film


L'objectif


26 octobre 2015, la chose est actée, j'ai commis le click le plus fou depuis que je fais du trail, je me suis inscrit pour 60 km et plus de 4500 mD+. Rien qu'en regardant le profil j'ai peur. Ce qui me fait peur également c'est la chaleur, car si on a droit à une canicule comme l'an dernier je vais beaucoup souffrir.
Il va sans dire qu'un tel parcours devient mon objectif de l'année 2016. Je m'y suis donc préparé. Plutôt bien en début d'année (foncier, PPG, trail de Mirmande, tout ça tout ça...), puis un peu moins bien ensuite à cause du voyage en mai et de la chute sur le Pilatrail début juin. Mais bon, l'essentiel est fait, et puis je me dis que l'important c'est dans la tête pour une telle course.


Vendredi 01/07/2016 : J-1


Après une semaine fatigante et de mauvaises sensations sur mes derniers footings, je me félicite d'avoir eu la bonne idée, quelques semaines plus tôt, de poser un jour de congés en cette veille de course. Comme ça j'ai pu bien dormir et prendre le temps de préparer une grosse salade de pâtes pour le midi et le soir, et puis de faire mon sac à tête reposée sans rien oublier.

Toutes mes affaires pour samedi
A 17h45, Marie-Laure me récupère en voiture dès sa sortie du boulot et on prend l'autoroute pour Saint-Gervais. Tout va bien et on arrive même à Saint-Nicolas-de-Véroce avant 20h30 pour pouvoir retirer mon dossard tranquillement. Reste ensuite à s'installer au camping des Dômes de Miage dans la vallée. C'est sympa, le camping a réservé des emplacements pour les coureurs et leurs voitures. Et par hasard, on a planté la tente juste en face de celles de Laurent et de Rémi (Arclusaz et Cheville de miel sur Kikourou), excellent !
Vers 23h00 toutes mes affaires sont prêtes pour m'équiper le lendemain matin sans réfléchir et ne rien oublier, je peux aller dormir tranquillement.


Samedi 02/07/2016 : Jour de la course


Levé à 5h15 juste comme il faut pour m'habiller, me forcer à manger un demi cake aux fruits (comme souvent avant les sorties longues), m'équiper, et me présenter avant 6h00 à l'entrée du camping pour attendre la navette de l'organisation, avec Rémi et sa bonne humeur matinale. Dans la navette on retrouve Romain, puis à Saint-Nicolas-de-Véroce encore plein d'autres kikourous, de quoi assurer une bonne ambiance papotage détendu en entrant dans le sas, jusqu'au départ... et même un peu après.

Un matin pas tout à fait comme les autres à Saint-Nicolas-de-Véroce

1) Saint-Nicolas-de-Véroce - Les Toilles : 12,5 km - 980 mD+ : 183e après 2h12


A 7h02 c'est donc parti pour les 209 présents, tranquillement, avec 500 m de route pour se micro-échauffer avant d'attaquer de suite la première côte sur chemins et pistes de ski.
Mais dès 100 m... j'ai mal fermé ma poche à eau ! Rémi m'aide à remettre ça en place et on se retrouve immédiatement bons derniers. Pas grave on rejoint vite le peloton puis chacun prend son rythme (en gros je laisse Rémi partir devant). Alors que cette première ascension se termine, les nuages de plus en plus noirs finissent par craquer et je dois de nouveau mettre sac à terre un bref instant pour enfiler la veste de pluie. Moi au moins j'ai les mains libres pour effectuer l'opération, contrairement à certains qui ont déjà pris les bâtons (interdits normalement jusqu'au 8e km...), bref.

Dernier rayon de soleil avant l'orage

La descente sur Bionnay est très roulante. Il faut donc que je veille à ne pas me lâcher comme j'aime le faire car il faut économiser les quadris. Je reste donc sage, ce qui ne m'empêche pas de doubler quelques coureurs quand même.

A Bionnay, une fois le Bon Nant franchi, nous voici dans la deuxième côte du jour, pas trop dure, mais suffisamment sérieuse pour ne pas hésiter à sortir les bâtons, et pour commencer à se faire une idée sur la forme du jour, pas super en fait. Je me sens un peu poussif, un peu mou du g'nou, mais au moins le cardio est calme, et moi aussi, je ne panique pas car je me connais, je mets toujours du temps à me mettre en route. Et là, du temps, on peut dire que j'en ai devant moi !

Vue sur le Mont Joly, encore épargné par les nuages à cette heure là

En haut de la côte, après deux heures de course, j'ai déjà bien commencé à mettre en place mon plan d'action alimentation : une demi barre énergétique (D4) toutes les heures ou heures et demi environ et un bidon d'eau plate et un de boisson énergétique (D4 aussi) à boire en 2h30 environ (oui c'est un plan au feeling en fait, agrémenté de temps en temps d'une Pom'Pot ou d'un gel pour varier ou apporter des BCAA puisqu'il paraît que c'est bon quand on fait du long). Toujours est-il que je dois refaire le plein des bidons au prochain ravito, et ça tombe bien, il est juste en bas de la petite descente.
Mais avant de faire le plein, de grignoter un peu de jambon cru et de tomme (génial !) et d'empocher un bout de banane et des abricots secs pour la route, une obligation nous tombe dessus en même temps que des litres d'eau... il faut remettre la veste de de pluie ! On a eu la chance d'arriver sous la tente du ravito juste au moment où un bel orage a éclaté.

2) Les Toilles - Bionnassay : 11,3 km - 1050 mD+ : 176e après 4h38


Special guest : Le Prarion (1969 m)

L'ascension de cette petite montagne commence gentiment, en trottinant. La pente finit quand même par s'accentuer, mais jusqu'au col de la Forclaz ça reste facile, sur un large chemin, les premiers de la Moins'Hard partis une heure plus tard, me doublent déjà.
La suite est beaucoup plus physique et quelque peu technique parfois. Je progresse doucement sur le single sinueux parsemé de gros rochers qui imposent régulièrement de lever haut les genoux. Je sens que ça m'use les cuisses, ce qui m'inquiète un peu pour la suite. Ce qui est bien meilleur pour le moral c'est que plus on monte et plus la vue devient spectaculaire en surplombant alternativement le val Monjoie et la vallée de Chamonix.

Sur les flancs du Prarion avec vue sur la vallée de Chamonix

A 10h45 j'arrive au sommet du Prarion juste au bon moment pour profiter du petite percée du soleil à travers les nuages. Je n'a pas droit à la vue époustouflante que j'espérais sur le Mont-Blanc, mais bon, c'est beau quand même.

Au sommet du Prarion avec vue sur le glacier de Bionnassay et les Dômes de Miage (sous les nuages...)

Le haut du Prarion est assez roulant et globalement légèrement descendant, on peut se dégourdir un peu les jambes jusqu'à l'hôtel du Prarion, en haut des pistes de ski des Houches. On attaque ensuite la véritable descente, agréable, en forêt, jusqu'au ravito de Bionnassay.
Ca fait du bien de souffler quelques minutes. Tomme, jambon cru, noix de cajou, Tucs... miam ! Je refais le plein des bidons, avec de l'Hydrixir bien dilué fourni par l'orga dans mon bidon d'eau plate et ma poudre D4 dans l'autre bidon, normal, sauf qu'une petite confusion de bouteille ma fait remplir ce bidon avec de l'eau gazeuse... pas grave, ça donne juste un goût un peu bizarre.

3) Bionnassay - Chalets de Miage : 8,3 km - 860 mD+ : 177e après 7h25


Special guest : le col de Tricot (2120 m)

Je repars doucement dans le petit village de Bionnassay. Le premier gros morceau est maintenant derrière, mais il en reste encore quelques uns, et pour commencer, le col de Tricot, point culminant de la course !

En route vers de nouvelles aventures !

Les premiers kilomètres sont champêtres et roulants, je me mets à trottiner. Très vite ça ne rigole plus, on commence la première moitié de l'ascension, qui va nous mener au bas du glacier de Bionnassay à l'Are. Je me traîne un peu dans cette montée. La fatigue commence à être bien présente, mais heureusement, elle ne s'amplifie pas trop. Signe que je m'alimente bien. Il faut que je continue comme ça.

Ici l'Are. Vous êtes en territoire bovin. Veuillez passer votre chemin !

Suit un petit bout de descente un peu technique, sympa, jusqu'à la passerelle, qu'on doit prendre un par un, sans courir (elle doit être fragile...) pour franchir le puissant torrent créé par les eaux de fonte du glacier de Bionnassay.

Ca envoie de la fonte sous la passerelle !

Dès que l'autre rive est atteinte, le sentier se cabre. Ici commence la véritable et longue ascension au col de Tricot.
Ca devient difficile, je rame. J'ai un petit coup de mou et plein de doutes dans la tête. Les jambes sont déjà bien fatiguées (normal après six heures de course !) et on a à peine fait plus d'un tiers de la course. Comment pourrais-je tenir 60 bornes comme ça ? Ne serait-il pas plus sage de bifurquer sur le 40, une fois à Miage, plutôt que de m'embarquer dans une grosse galère ? Toutes ces questions me trottent en tête, je trouve des contre-arguments, mais pas toujours, je cogite, je râle intérieurement... tant et si bien que je finis par arriver au col.
Petit moment de bonheur : le col est vaincu et la vue sur les chalets de Miage, 550 m plus bas, est impressionnante !

La grande descente du col de Tricot jusqu'aux chalets de Miage

Le temps n'est pas trop mauvais, j'ai enlevé la veste depuis un bon moment, et je n'ai pas envie de la remettre. Je prends quelques photos vite fait, le vent a tendance à refroidir, je ne m'attarde donc pas plus et me jette joyeusement (mais pas trop vite non plus) dans la belle descente qui part en petite godille jusqu'aux chalets de Miage.
Les doutes de la montée sont déjà loin. Hors de question de bifurquer sur le 40, namého !
Le truc avec la fatigue, c'est qu'elle s'installe de façon inquiétante dans les premières heures, mais ensuite elle atteint un palier et ne s'accentue plus vraiment si je m'alimente bien. Il faut donc laisser passer les doutes du début pour s'installer dans un rythme de gestion qui permet de tenir des heures. C'est ce que je commence à toucher du doigt à ce moment là et qui se confirmera par la suite.

En bas de la descente, j'arrive donc avec le moral au ravito de Miage. J'y retrouve mes amis jambon cru, tomme, cajous, Tucs, mais aussi de la soupe (youpie !) et Rémi (youpie !) dont la bonne humeur fait du bien. On papote cinq minutes, on parle des fûts de bière qui nous attendent à Tré la Tête, puis il repart alors que je prends le temps de boire et manger, et aussi d'enlever ma chaussure droite car j'ai l'impression qu'un petit caillou m'irrite l'intérieur du talon. Faux ! Ce n'est pas un petit caillou mais ma semelle interne qui part en sucette ! Je la remets d'aplomb, mais elle repartira très bientôt de travers jusqu'à la fin de la journée. Tant pis.

4) Chalets de Miage - Tré la Tête : 12,2 km - 1010 mD+ : 170e après 10h17


Special guest : la combe d'Armancette (1860 m)

Heureusement que j'avais bien enterré mes tentations de bifurquer sur le 40 avant de repartir du ravito de Miage, car suite du parcours commence immédiatement par un mur à gravir jusqu'aux chalets du Truc !
Heureusement cette montée est plus impressionnante vue d'en bas que réellement difficile. Elle permet en tout cas de bien se mettre en température, j'ai presque eu chaud. Et j'avais profité du ravito pour troquer mon buff contre ma casquette... tentative d'invoquer le beau temps peut-être...

Les tentes du ravito de Miage au pied du "mur du Truc"

Bref, j'arrive vite aux chalets du Truc (où on se poserait bien pour boire une bière en terrasse si on n'avait pas autre chose à faire), je relance, et je dévale, toujours prudemment pour ne pas me flinguer les cuisses, la large piste qui descend presque jusqu'aux Contamines.

Tiens, des bénévoles qui m'encouragent (comme toujours vraiment géniaux !), on va prendre à gauche... d'accord... et bim ! Dans l'mur !
Non je vous rassure je ne me suis pas pris une gamelle... c'est juste qu'en tournant à gauche on attaque directement la montée vers la combe d'Armancette sur un chemin bien raide et bien rectiligne !
Bâtons en main, je me mets à l'ouvrage, et finalement ça se passe bien. Je prends vite le rythme. Je sais que la montée va être très longue. Je suis tout seul depuis longtemps (je n'ai plus vu le moindre coureur depuis le Truc), mais je me sens bien. Mes meilleures sensations depuis le début de la journée. Le ravito de Miage m'a fait beaucoup de bien au corps et à l'esprit. Je vais n'en faire qu'une bouchée de cette combe d'Armancette !

Pour ne rien gâcher, le cadre est super agréable. D'abord en forêt, puis on débouche sur une passerelle dans la brume, au-dessus d'un fougueux torrent, ça fait limite peur tout ça ! Ensuite on monte dans la verdure, une espèce de végétation-salade, en traversant plein de ruisseaux. De toute façon j'avais déjà les pieds mouillés depuis ce matin, et puis on vient de se reprendre une averse (ça faisait longtemps) donc au point où j'en suis.

Le charme des sous-bois d'Armancette

Sur le haut de la combe je commence à rattraper des coureurs (les premiers que je vois depuis le Truc), et il me tarde d'arriver à Tré la Tête. C'est dur quand même à force, même si je me sens plutôt bien.

Le haut de la combe d'Armancette

Je passe le panneau indiquant le haut de la combe, et je relance, courant quand je le peux, sur le chemin en balcon, un peut vallonné, qui contourne le Mont Freugé, et qui offre un panorama intéressant sur les nuages du val Monjoie (qu'est-ce que ça doit être par beau temps !).

Je me retourne pour contempler la mer du nuages sur le val Monjoie


Le refuge de Tré la Tête
C'est pas tout ça mais il reste encore une petite grimpette pour arriver à Tré la Tête. Je me sens bien. Je ne suis finalement pas beaucoup plus fatigué qu'à Miage, et je commence à réaliser que sauf pépin je vais finir. Le moral est au beau fixe, malgré quelques petites douleurs non bloquantes derrière la cheville droite, sous les pieds etc... Et voici le gros refuge de Tré la Tête en visuel. Encore quelques hectomètres et j'y suis, encouragé par les bénévoles et photographié par Jérôme Verdier, top ! (Je publierai la photo dès que Jérôme aura fini de trier les 2800 clichés qu'il a réalisés, sacré boulot !).

La légendaire pause fraîcheur de Tré la Tête
Je me pose à côté du légendaire abreuvoir où trônent les fûts de bière, mais je me contente de faire les niveaux des bidons et de boire un peu d'eau, j'ai trop peur de me couper les jambes si je bois une bière. D'ailleurs je ne suis pas certain qu'il en restait dans les fûts à cet instant. Je profite de cette pause pour changer la batterie de la GoPro et pour encourager les avant-derniers du 100, un couple très sympa mais fatigués, ils envisagent de bifurquer sur le 60 dans quelques heures.


5) Tré la Tête - Les Contamines : 8,3 km - 18 mD+ : 168e après 11h57


C'est avec un moral au top que je me lance prudemment dans la descente la plus technique du parcours pleine de rochers et un peu glissante, mais très ludique, même si ça fatigue un peu les cuisses et les genoux.
500 m de dénivelé négatif plus tard, la partie technique de la descente se termine par un pont de bois et une pause photo obligatoire au-dessus du petit canyon de la cascade de la Combe Noire.

La cascade de la Combe Noire

La descente n'est pas terminée pour autant, mais elle devient beaucoup moins belle et très roulante sur une grande piste que je dévale jusqu'à Notre-Dame-de-la-Gorge sous les encouragements des nombreux randonneurs chinois qui prennent l'air (et l'eau) dans le coin.

Notre-Dame-de-la-Gorge

A partir de là le contraste est saisissant, et pas si facile à gérer : 4 kilomètres de plat ! Le long du bon Nant, parfois même sur le macadam. Faut-il courir ? Oui car sinon je vais mourir d'ennui sur cette portion, donc je trottine (je peux encore le faire ce qui déjà n'était pas gagné d'avance). Mais au bout d'un moment je marche, puis j'alterne un peu course, marche. Pas que je ne puisse plus courir, mais je sens que j'y perds les forces qui doivent me servir à escalader la dernière grosse difficulté qui me sépare de l'arrivée. Courir ça use, CQFD !

Et nous voici aux Contamines, en pleine civilisation, sur le trottoir, sur une placette, au ravito, enfin !
Dernier ravito et pas des moindres. On n'est plus qu'à 10 kilomètres de l'arrivée... certes, mais compte tenu du morceau de grimpette qui nous en sépare il faut plutôt prévoir 3 heures de bagarre ! Il est donc important de faire une bonne pause et de profiter de la gentillesse des bénévoles qui nous servent de bonnes pâtes, de la bonne soupe, du Pepsi (pas max ;) ) et qui insistent un peu pour que Richard, les coudes en sang qui tâchent sa belle veste jaune, aille se faire soigner.

6) Les Contamines - Saint-Nicolas-de-Véroce : 9,9 km - 820 mD+ : 166e après 14h39


Special guest : l'épaule du Mont Joly (1890 m)

J'envois un SMS à Marie-Laure pour lui dire que je pense arriver vers 22h, et c'est parti pour la dernière ligne droite (si je puis dire...), il me reste encore quelques forces pour aborder sereinement la dernière ascension, même si je la crains, mais pas sûr que la lucidité soit au top quand, avec un autre gars, on loupe une balise et on s'offre 200 m de rab dans le village au lieu de prendre à gauche en direction du Mont Joly.
On retrouve vite le bon chemin et ses pourcentages impitoyables ! Ca monte raide dans la forêt, et lentement, très lentement, mais sûrement, et c'est bien ça le principal. La montée est interminable et j'essaye de ne pas y penser, de ne penser à rien d'autre qu'à planter mes bâtons et à avancer mes pieds l'un devant... au-dessus de l'autre. Même lorsque Richard me dépose et disparaît dans la brume.

On finit par sortir de la forêt, ça grimpe toujours, plus ou moins raide, lorsque surgit hors du brouillard une grande silhouette familière. C'est Laurent ! Il a passé la journée à arpenter le parcours pour accompagner les copains et là il redescend aux Contamines pour retrouver sa voiture. Ca fait du bien de discuter quelques secondes avec lui, il me raconte ce qui m'attend encore avant la bifurcation 100/60 tout là-haut.

Comme prévu donc j'atteins enfin le replat (plus ou moins vallonné) où j'arrive encore à courir de temps en temps, dès que le terrain le permet, jusqu'à Porcherey.
Puis on tourne à gauche, et voici le dernier coup de cul. Un large chemin assez raide tout droit, faut s'accrocher, on y est presque, mais pas encore. Le chemin fait quelques virages alors que le brouillard se dissipe un peu laissant entrevoir les chalets du Mottey un peu plus haut. La bifurcation est là, ça y est je vois la tente et les braves bénévoles prêts à nous biper. On est quatre à s'être regroupés sur la fin de la côte. Le temps de se faire biper, de reprendre vite fait notre souffle, on se lance, chacun au rythme qu'il peu, dans la descente, droit sur les pistes de ski.

Derniers kilomètres sur les pistes de ski

C'est dur. Moi qui suis normalement un bon descendeur j'ai du mal à accélérer. Je me fais même doubler (pas bien grave ça). Il faut dire que j'ai les pieds en compote brûlante, une bonne douleur derrière la malléole droite, et les cuisse plus vraiment fraîches.  Mes bâtons m'auront vraiment aidé toute la journée, et cette dernière descente ne fait pas exception. Par contre la frontale n'aura servi à rien puisqu'elle sera restée dans le sac, il commence à peine à faire nuit.

Peu importe tout ça, l'arrivée est tout près, je suis dans le village, j'entends le speaker, je tourne à gauche sous les applaudissements d'un bénévole, dernière ligne droite, la vraie cette fois, je cours en levant les bras, tant que faire ce peu, c'est la joie du finisher, énorme !


Après la course


Il est 21h40. Je suis arrivé moins de 15h après le départ, c'est incroyable. Je tablais vaguement sur 16h, 15 au mieux. J'avais en poche le roadbook du kikou Bubulle étudié pour flirter avec les barrières horaires. Autant dire qu'après Miage j'avais tellement d'avance que je ne l'ai plus regardé.

A peine arrivé je me fais tirer le portrait, dossard à la main, et je retrouve Rémi, arrivé quelques minutes plus tôt. On discute quelques instants. Puis je cible une table, un banc. Je pose mon sac, mes bâtons, en face de Richard qui a fait un beau finish.

Voilà Marie-Laure qui arrive... et oui, j'avais dit 22h et je suis arrivé en avance, désolé ;-)

Il est maintenant temps de manger des petits sandwichs gentiment préparés à l'arrivée, et surtout de soulever le trophée, le Graal, la bière du finisher offerte par l'organisation !


Le lendemain, dimanche, il fait grand beau. Les copains de Kikourou vont marcher sur le Joly à la rencontre des héroïques finishers du 100, mais je leur ferai faux-bon, tant pis (de toute façon je ne peux plus marcher), avec Marie-Laure on a prévu de prendre le Tramway du Mont-Blanc jusqu'au Nid d'Aigle pour une magnifique après-midi dans un fabuleux décors, au milieu des bouquetins, et avec une vue imprenable sur le glacier de Bionnassay, sur le Prarion et le col de Tricot, mes vieux amis de la veille.









Toutes les photos de dimanche ici.





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