dimanche 30 juillet 2017

Le Tour des Fiz, beau et humide


Après l'Ultra Trail des Coursières, mon deuxième gros objectif de l'année se passe à la montagne, et plus précisément à Passy (74), sur un format équivalent à la MH60 de l'an dernier, qui se déroulait "juste en face".

Vue sur le terrain de jeu de l'an dernier

Pour un peu j'y serais retourné, mais les retours positifs de Jérôme et quelques images du désert de Platé à la télé fin 2016 m'ont convaincu d'aller user mes crampons sur le

Trail du Tour des Fiz, 8 refuges
63,5 km - 5070 mD+


L'avant :


Les semaines qui précèdent sont bien sûr consacrées à la préparation, que j'attaque fin mai après avoir bien récupéré de l'Ultra des Coursières. En semaine, c'est de l'entrainement structuré dont j'ai l'habitude avec fractionné, endurance fondamentale, fartlek, et plein de trucs sympas les week-ends : du trail en solo, de l'urban-trail aussi, le massif de l'Epine, du vélo, un maratrail en off Kikourou, le Trail des Bauges, et l'ascension du Glandasse pour finir.

Mon roadbook sur les bases de 14h45
Avec tout ça, il s'est passé un truc étonnant : la confiance. J'ai abordé le Tour des Fiz serein, avec la sensations de grimper mieux que jamais et d'avoir une endurance à toute épreuve. Enchaîner les kilomètres verticaux... même pas peur ! A tel point que ma préparation mentale des dernières semaines, là où d'habitude on psychote et on a peur, a consisté à éviter l'excès de confiance tout en gardant cette bonne sérénité.

Au moment d'écrire mon roadbook et d'estimer mes temps de passage, je suis tout de même resté prudent, comme d'habitude, je suis parti sur des estimations plutôt pessimistes en pensant pouvoir aller plus vite le jour J.

La dernière semaine, mes pensés étaient tournées vers la surveillance de la météo (qui annonçait des orages l'après midi) et la "stratégie" de course, toute simple : ne pas perdre de temps aux ravitos, ne pas s'attarder à Salvagny car c'est un piège...


... et faire la grosse pause au refuge du Grenairon, avec casse-croûte, recharge de la montre et changement de la batterie de la GoPro. Ca, c'est ce qui était prévu.

Samedi 29 juillet, Marie-Laure m'accompagne, on a pris le fourgon, et on va directement au Mountain Store de Passy pour récupérer le dossard, et faire quelques emplettes, avant d'aller prendre nos quartiers au camping les Iles, à 3 kilomètres de là, au bord du Lac de Passy dont on fait le tour à vélo pour profiter de ce cadre exceptionnel entre le Mont-Blanc, les Aravis et les Fiz.

Le Mont-Blanc, les Aravis, les Fiz
A 21h30 je me couche, sans pour autant trouver un bon sommeil... y a pas idée aussi de se coucher aussi tôt !


Le pendant :


Dimanche 30 juillet, 2h30 du matin, le réveil sonne. Je grignote un semblant de petit dèj en m'habillant et en finissant de tout faire rentrer dans le sac que je laisserai à la consigne, et à 3h00 j'enfourche mon vélo pour une petite mise en jambe facile de 3 km jusqu'au Mountain Store, point de départ des navettes qui montent les coureurs jusqu'au départ à Plaine Joux.

Là-haut il fait toujours aussi nuit à 4h15, et je retrouve Jérôme et Blanbar (un Kikou dont on fait la connaissance) autour d'une tranche de quatre-quart et d'un caf... ah non ! pas du tout ! pas de café ! on ne sait pas quel effet ça pourrait avoir sur nos intestins endormis... allons plutôt nous placer sagement dans le sas de départ.


1) Plaine Joux - Refuge de Varan : 10,8 km - 930 mD+ : 221e après 1h47


Le temps de quelques selfies nocturnes, et il est déjà 5h00, compte à rebours, et départ à la frontale pour une longue et belle journée.

Les premiers kilomètres sont en légère descente, donc parfaits pour une mise en jambe tranquille, à ceci près qu'il faut rester très prudent car le terrain est plutôt glissant. Je prends donc un rythme raisonnablement pas trop lent et je déroule dans les sous-bois.

Un troisième kilomètre en côte, ce n'est pas trop long, je laisse les bâtons rangés histoire de chauffer un peu les cuisses, et les sensations sont bonnes. La journée se présente bien.

Suivent une bonne descente et des faux-plats pour boucler la première heure de course. Doucement le jour commence à se lever sur les lumières de Passy en contre-bas.

Au 8e kilomètre, cette fois je sors les bâtons pour la première vraie côte du jour : 2,8 km pour 540 mD+ jusqu'au Refuge de Varan, lieu du premier ravito. Malgré quelques passages un peu pentus, cette côte n'est pas trop dure, et elle nous offre de beaux points de vue sur le Mont-Blanc au levé du jour... le spectacle du Tour des Fiz commence.


Le jour se lève sur le Mont-Blanc



2) Refuge de Varan - Refuge de Platé : 16,2 km - 1800 mD+ : 214e après 3h13


Au Refuge de Varan, j'opère un bref ravito : remise à niveau des bidons, un bout de pain d'épice, une photo et ça repart. Par contre, je m'en rendrai compte un peu plus tard, j'ai oublié de ranger ma frontale. Pas grave, posée sur mon buff elle sait se faire oublier.

Nous voici maintenant sur un passage en petites montée et descentes très fun, en balcon, avec une vue imprenable sur le Mont-Blanc, le Prarion, le Mont Joly et tous leurs amis, alors que le soleil surgit de derrière la montagne, le spectacle continue pour mon plus grand plaisir !

C'est pas tout ça, mais au 14e kilomètre, comme le disait fort justement un autre coureur, on en a fini avec les entrées, maintenant on attaque le plat de résistance. En effet, nous voilà au pied de la tant attendue et redoutée ascension du Col de la Portette, qui se découpe en deux tronçons, avec le Refuge de Platé en guise de gare intermédiaire.

La première partie, c'est 2 km pour 650 mD+, ça commence à être bien pentu. Le sentier fait plein de jolis petits lacets dans lesquels je trouve rapidement mon rythme, et je commence même à doubler du monde et à rattraper systématiquement le coureur suivant. Même quand je m'arrête pour prendre une photo, je refais vite mon retard, et je double... incroyable !

A près de 2000 m d'altitude on entre dans la Cheminée, ce petit couloir entre les rochers, duquel je me demande bien comment on va sortir.


La Cheminée

Puis le chemin prend à gauche, en balcon avec un petit pont, puis fini par déboucher, pour mon plus grand émerveillement, sur ce petit replat au bord du Désert de Platé. Entre les lapiaz, le refuge est là qui me tend les bras !

A l'orée du Désert de Platé



3) Refuge de Platé - Refuge des Sales : 21,7 km - 2160 mD+ : après 4h27


Au Refuge de Platé, où je m'arrête trois minutes pour grignoter, me repoudrer le bidon, et ranger ma frontale (ben oui, il serait temps), il y a une chaude ambiance. Et pour cause... "Voilà les premiers du 30 !! Ils arrivent !!". Et zou ! même pas le temps de les voir se ravitailler qu'ils ont déjà filé. Du coup j'en fait de même, mais moins vite.

A partir de là, et pendant un bon paquet de kilomètres, il me faudra être vigilant pour ne pas gêner les avions de chasse du 30 km qui me doublent par wagons à une vitesse impressionnante.

Bref, revenons à notre Col de la Portette. On la voit bien depuis le Refuge de Platé, cette encoche dans la roche à 1,3 km et 310 mD+ d'ici. Et comme les premiers hectomètres d'approche sont plutôt faciles, autant dire que là fin est bien raide, et caillouteuse. La vitesse de croisière baisse sensiblement, mais finalement, y a pas de mal, et je double encore un ou deux gars.

Col de la Portette, droit devant !

Au Col de la Portette (2354 m et point culminant du jour) il y a une super ambiance, avec acclamations et encouragements personnalisés pour chacun. Mais le plus beau, ce sont les derniers pas, le franchissement du col avec la vue qui s'ouvre sur un magnifique vallon, la barre des Fiz, et même les Aiguilles Rouges au fond. C'est somptueux ! C'est vraiment de cette sensation dont on rêve quand on s'imagine "passer un col", cette découverte d'un grand paysage qui s'ouvre à nos yeux en un instant.


La vue depuis le col... en fait c'est encore plus beau en vrai !

Depuis le col, on va descendre jusque dans la vallée, 1500 m plus bas ! Le mot d'ordre est alors de s'économiser car les longues descentes ça laisse des traces. J'y vais donc prudemment, d'autant que le début est un peu pentu, et que j'ai plus envie de lever les yeux vers le paysage que de regarder où je mets les pieds (et puis faut laisser passer les avions du 30 aussi...).

Moi qui suis normalement plutôt meilleur descendeur que grimpeur, je me rends compte qu'aujourd'hui c'est l'inverse. Je me traîne un peu en descente, et ça sera comme ça toute la journée, mais bon, pas de souci, la prudence est mère de sûreté (c'est bien comme ça qu'on dit ?). En plus il est très sympa ce début de descente, avec des passages entre les cailloux, des bouts de prairie...


Des traileurs dans la prairie



... des vaches...













... un âne !!

Il était là, tout beau tout gentil à m'attendre au bord du chemin !

Je tiens mon traditionnel ânefie, ma course est donc réussie, CQFD ;-)

Alors que j'arrive tout content au ravito du Refuge de Sales, je sens qu'il fait un peu plus chaud et qu'il va falloir boire plus pour ne pas tomber dans le piège de la déshydratation. D'ailleurs j'ai déjà rangé le buff au profit de la casquette.


4) Refuge des Sales - Salvagny : 29,8 km - 2200 mD+ : 216e après 5h42


Je reste trois ou quatre minutes au ravito pour refaire les niveaux, m'envoyer un bon petit godet de Coca frais, et manger du salé (Tucs, saucisson, Comté). C'est que je commençais à avoir une bonne petite faim là. Du coup je décide qu'il est temps de me faire un bon petit casse-croûte, et me voilà parti au petit trot avec un beau sandwich saucisson-fromage à la main, miam !






La suite de cette longue descente se fait sur un chemin caillouteux dans les Gorges de Sales, parsemées de jolies cascades et de randonneurs qui ont bien choisi leur endroit pour en prendre plein les mirettes.

Je profite aussi de la beauté des lieux, en ayant toujours l'impression de ne pas descendre bien vite, et en me faisant régulièrement doubler, par des coureurs du 30 (avant qu'ils bifurquent enfin sur un autre chemin), mais aussi parfois par mes homologues du 60. Pas grave, je ne vise pas le podium.





Les Gorges de Sales

Cette descente est décidément très très longue. Et ses derniers kilomètres ne sont pas les plus agréables. Il fait de plus en plus chaud (tout est relatif hein, rien de caniculaire aujourd'hui et heureusement) et on enchaîne les passages en sous-bois et traversées de routes, avec même encore un peu de bitume tout au fond de la vallée, pour arriver au ravito de Salvagny.




5) Salvagny - Refuge du Grenairon : 36,6 km - 3300 mD+ : 203e après 7h45


Au 30e kilomètre on serait tenté de se dire que le ravito de Salvagny marque la mi-course, mais attention, il en reste encore un peu plus de 30 à faire, et surtout, plus de 2800 mD+ à gravir. Ajoutons à ça qu'on se trouve au dernier endroit où il est "facile" de se faire ramener à Passy en cas d'abandon et qu'on est juste au pied de la très longue montée vers le Refuge du Grenairon (6,5 km pour 1100 mD+). Il faut donc absolument débrancher le cerveau en arrivant ici, remettre poudre et eau dans les bidons, bien boire, manger un peu, poster un message sur Kikourou, et repartir aussitôt.

Après l'interminable descente depuis le Col de la Portette et ce ravito rapide à Salvagny, il n'est pas facile de se remettre en mode grimpeur sur ces premiers hectomètres de montée, raides, sur une grosse piste, alors que je crains que la chaleur s'installe.

Heureusement, le chemin devient plus agréable et ombragé, en lacets dans la forêt avec des pentes variables et pas trop méchantes. Je prends mon rythme, je suis presque tout seul, et v'là que je me fais enrhumer deux fois par des bêtes de course ! Mais ils ne sont pas là les coureurs du 30 normalement... C'est en apercevant le dossard du deuxième larron que je me rappelle que certains font la course en relais, et que là, ils sont tout frais les relayeurs.

Quoiqu'il en soit, je monte, lentement mais sûrement, il fait beaucoup moins chaud au fur et à mesure que les nuages s'installent, et je rattrape même quelques gars au fil des lacets. Alors que la végétation s'éclaircit avec l'altitude, après avoir traversé deux ruisseaux, on a une belle vue sur les lapiaz d'un côté et la vallée de l'autre. Ca fait toujours un peu plaisir de voir qu'on a déjà grimpé tout ça, même s'il reste encore du boulot jusqu'en haut.

Les lapiaz

Je dois être environ à la mi-course là, mais je trouve un peu le temps long. Je calcule mes temps par rapport à mes prévisions et je trouve que je n'ai finalement pas tant de marge que ça sur la prochaine barrière horaire (en fait je me suis trompé d'une heure dans mon calcul...). Pour la seule fois de la journée je doute un peu. Je pense que le sommet est bientôt là, mais il n'arrive pas. Puis on passe dans un monde beaucoup plus minéral, mais ça grimpe toujours... elle est plus longue que prévu ou quoi cette côte ??


La fin, très minérale, de l'ascension vers le Refuge du Grenairon

Et voilà enfin le sommet (de la côte hein, à 1974 m, pas de la montagne qui culmine elle à 2775 m), et le Refuge du Grenairon, tant attendu puisque c'est là que je comptais faire ma plus grosse pause.


Le Refuge du Grenairon, qui se mérite !



6) Refuge du Grenairon - Refuge des Fonts : 45,3 km - 3650 mD+ : après 9h22


Comme tous les bénévoles, ceux du refuge du Grenairon sont très sympa et aux petits soins. Malheureusement là ils font avec ce qu'ils ont : plus de fromage et rationnement d'eau gazeuse : un verre pas plus, par contre c'est Coca et saucisson à volonté, ouf, l'essentiel est sauf !

Quant à moi, je ne ressens pas plus que ça le besoin de faire une grosse pause, et j'ai un peu la flemme d'enlever mon sac et de déballer mes batteries et câbles. Ca tombe bien, la montre semble pouvoir tenir toute la course sans recharge, et la batterie de la GoPro pourra bien tenir encore jusqu'au prochain ravito. Je me contente donc de remplir mes bidons, de boire et de grignoter, sucré, salé, tout y passe, et je repars après à peine plus de cinq minutes avec un bon sandwich au saucisson à la main.

Un sac, une veste, un sandwich...

A propos de ma flemme d'enlever mon sac... et ben c'est raté ! Ca ne fait même pas cinq minutes que j'ai quitté le ravito, que déjà les premières grosses gouttes me tombent sur le coin du nez. Je m'arrête aussitôt pour mettre ma veste de pluie, sans même avoir eu le temps de finir de manger.



C'est donc sous une pluie finalement peu violente que je perds de l'altitude (900 mD- en 5 km) sur une piste assez roulante, mais sur laquelle je n'arrive pas à me lâcher. C'est la constante du jour, je suis lent dans les descentes, même faciles.

En bas le soleil fait une percée à traverse les arbres, il faut vite s'arrêter de nouveau pour enlever la veste sous peine de surchauffe sur cette grande piste, d'abord plate, puis de plus en plus pentue. Je n'aurai pas trottiné bien longtemps avant de devoir reprendre la marche nordique, la pente étant bien plus marquée que je ne l'imaginais sur le papier. Au moins ça me laisse le temps de profiter de la végétation luxuriante et des impressionnants plissements dans ces gorges où coule le Giffre des Fonts.


Spectaculaire plissement rocheux

Après un petit pont en béton, quelques jolis lacets marquent l'entrée dans le Cirque des Fonts, à l'approche du refuge éponyme, et donc du ravito. C'est beau, mais très couvert... très très couvert... ils avaient annoncé des orages en début d'après-midi non ?


Le Refuge des Fonts


7) Refuge des Fonts - Refuge Alfred Wills : 51,2 km - 4350 mD+ : 197e après 11h17


J'arrive donc au Refuge des Fonts, je prends un Tuc, puis une goutte sur la tête, puis dix, puis... tous aux abris ! Je ne suis pas là depuis deux minutes qu'on se prends une rincée mémorable faite de litres de pluies et de grêle ! Tout le monde s'abrite dans les chalets. Je suis avec quelques autres coureurs et un organisateur (le préposé au talkie-walkie) dans un petit réduit, devant les toilettes...

Très vite, notre gentil organisateur nous informe que la course est neutralisée jusqu'à nouvel ordre. J'en profite pour changer la batterie de la GoPro, au moins ça, c'est fait.

Il nous faudra patienter 20 minutes avant que la course ne reprenne. L'orage est passé et on repart tous ensemble à l'assaut du Petit Col d'Anterne (4 km pour 640 mD+). Je double, on me double, je redouble, bref, chacun reprend son rythme. Le mien est plutôt bon. Cette longue pause forcée semble m'avoir fait du bien, et même si cette montée dure longtemps, je la vis bien, et mes yeux se régalent : au début, avec l'humidité et la végétation, le décors était quasi tropical, et en prenant de la hauteur je pouvais contempler tantôt les Frêtes du Grenier, tantôt les Rochers des Fiz.


Les Frêtes du Grenier

Dans l'ascension du Petit Col d'Anterne

A 2038 m, au Petit Col d'Anterne, le plus dur est largement fait, et je descends sereinement ce joli single dans la prairie, face aux Rochers des Fiz, jusqu'au Refuge Alfred Wills. Quel bel endroit !


Les Rochers des Fiz depuis le Petit Col d'Anterne



8) Refuge Alfred Wills - Refuge de Moëde-Anterne : 56,5 km - 4850 mD+ : après 13h16


A Alfred Wills les bénévoles sont super sympas, y a du Coca et du saucisson (entre autres), tout pour être bien. Mais je ne souhaite pas vraiment m'attarder, juste me ravitailler. Et comme aux Fonts, la météo va en décider autrement. La deuxième couche d'orage s'abat sur nous pauvres mortels abrités sous deux légères pergolas. Cette fois pas de grêle, mais de violentes rafales qui non contentes de nous refroidir, vont finir par plier l'une des pergolas. Qu'à cela ne tienne, on part se réfugier dans le gite, enfumé au feu de bois, où les pauvres randonneurs qui croyaient se reposer, se retrouvent envahis.

La course aura été neutralisée pendant 40 minute avant qu'on puisse tous repartir à la queue-leu-leu dans la prochaine ascension. Contrairement à tout à l'heure, la pause ne m'a pas fait du bien. Je me suis refroidi et j'ai du mal à retrouver le rythme mais bon, ça passe, et je finis enfin par déboucher sur l'un des décors symboliques de ce Tour des Fiz : le Lac d'Anterne au pied de la Pointe d'Anterne avec au fond, le Col d'Anterne (ces quelques précisions pour éclairer vôtre lanterne...).


Lac, Col, Pointe... d'Anterne

J'ôte la veste de pluie, je trottine dans la prairie, je me mouille les pieds dans les ruisseaux, m'en fout il refait soleil et je suis content !

Puis le sentier s'incline de nouveau pour la dernière petite montée du jour, alors que la pluie revient (donc je mets la veste) puis cesse cinq minutes plus tard... tant pis je garde la veste.


Il pleut ou il fait soleil, faudrait savoir !

A 2257 m, après une montée plus longue qu'elle n'y paraissait, je suis enfin au Col d'Anterne, ça fait plaisir, il ne reste plus qu'à descendre pour rallier l'arrivée qui est toutefois encore un peu loin (oui, 8 km c'est loin en fait).

Avant d'entamer prudemment la descente glissante, je profite de la vue sur un Mont-Blanc, couvert de nuages noirs, sur l'orage qui sévit dans la vallée de Chamonix, et sur les Aiguilles Rouges traversées par un arc-en-ciel qui n'est pas sans me rappeler celui du dernier sommet de l'Ultra des Coursières... magique coïncidence...


Le Col d'Anterne

Arc-en-ciel sur les Aiguilles Rouges

Je me laisse donc descendre gentiment vers le Refuge de Moëde-Anterne qu'on voit de loin posé au milieu du paysage.


Les Refuge de Moëde-Anterne




9) Refuge de Moëde-Anterne - Refuge d'Ayères : 61,1 km - 5000 mD+ : 209e après 14h16

Merci Madame ;)


Au Tour des Fiz, refuge = ravito. Cool ! un ravito ! Moi j'aime bien les ravitos !
Pain, saucisson, fromage, alors je dis : "Il ne manque plus qu'on coup de rouge avec ça...". Et voilà que ma bénévole préférée (ben oui c'est elle ma préférée du coup) attrape une bouteille de vin me dit : "Chiche ?". Ben oui, chiche, et en plus il était bien bon !


Allez, y a un trail à finir quand même, en plus c'est beau et roulant face au Lac et à la Pointe Noire de Promenaz. Puis on prend à droite et ce n'est plus du tout roulant. J'en avais entendu parler et m'y voici dans cette portion de descente assez raide, très technique, potentiellement glissante, avec parfois des câbles et des repose-pieds en acier pour franchir de grosses marches... je me traîne comme jamais, encore plus lent qu'en montée ! Et elle est plus longue que je ne le pensais cette foutue descente. Mais le Tour des Fiz sait toujours se faire pardonner avec des décors beaux à souhait, comme ici : le canyon du Souay.


Les Chalets du Souay

Aux Chalets du Souay on retrouve une piste ultra roulante, presque une route. Il reste 4 kilomètres à faire comme ça, fini les difficultés ! Et à peine un kilomètre plus loin, c'est Jérôme qui m'attend là, trop cool ! Il n'arrête pas de me prendre en photo en plus de m'encourager. Il va même pousser le vice jusqu'à essayer de me faire courir dans les faux-plats montants, mais y a pas moyen, je crois que je suis fatigué en fait, mais tellement content.





10) Refuge d'Ayères - Plaine Joux : 63,5 km - 5070 mD+ : 208e après 14h39


Un petit Coca en passant au dernier ravito, le Lac Vert pour une dernière photo, et un bon faux-plat bien montant pour déboucher sur Plaine Joux, et courir, les bras levés, vers l'arrivée.


Le Lac Vert et le Mont-Blanc


Le finisher



L'après :


Après une telle course, je savoure. J'espérais faire moins de 14h45, c'est fait en 14h39, en comptant l'heure perdue avec les neutralisations de course.

C'est vraiment sympa de la part de Jérôme de m'avoir attendu pour l'arrivée, ça fait bien plaisir. Et après le passage à la consigne pour récupérer mon sac, il va encore falloir qu'il m'attende pendant que je me change, avant de profiter enfin du repas bien mérité (et de la sauce aux morilles bien goûtue).

Plus tard, Jérôme me dépose en voiture aux Mountain Store où je retrouve mon vélo. Les trois kilomètres jusqu'au camping ne sont pas trop durs malgré des jambes bien fatiguées, que je vais bien reposer pendant dix jours.

Aujourd'hui, dix jours après, j'ai repris doucement la course dans Lyon et mon plan marathon est déjà prêt pour commencer la semaine prochaine la même prépa-RIL que l'an dernier en visant un chrono un poil plus rapide. Vais-je y parvenir ? Suspense...




dimanche 9 juillet 2017

Trail des Bauges, la course qui envoie de la Tome !


Les photos - Le film

En ce début de mois de juillet, j'entre dans la dernière ligne droite de la préparation du Tour de Fiz, qui se passe bien. Histoire de se rapprocher un peu des montagnes j'ai choisi de participer à la première édition du Trail des Bauges. Il faut dire qu'il m'a été bien vendu par Laurent, originaire des Bauges et grand ambassadeur de ce beau pays méconnu auprès de la communauté Kikourou.
Du coup on est une bonne petite délégation à débarquer au Châtelard dimanche matin à 7h. Avec Fabien, Jérôme et Romain, on retrouve vite Coco, Paulo et bien sûr Laurent.



Les bavards au départ
Mais qu'est-ce qu'on est bavards ! Ca papote non stop jusqu'au top départ... Parmi les nombreux sujets de papotage, il y a la question du rythme de course, dont on a déjà débattu sur Kikourou les jours précédents. Me concernant, l'idée initiale était de partir en mode tranquille, rando-course. Mais on s'est tous mis des doutes en tête concernant les barrières horaires : il ne faut quand même pas aller trop doucement, et si le terrain est plus technique que prévu, il faut quand même avoir de la marge, etc... Finalement, la veille au soir j'ai eu l'inspiration : il faut au contraire que je parte vite et que je tente une perf (à mon petit niveau bien sûr) ! C'est vrai que je pars toujours prudemment sur les trails, il serait temps que je me teste un peu.


Le Châtelard - Le Golet : km 8,5 : 1h15 de course


A 8h00 c'est parti !
Comme prévu je me mets rapidement en action, et comme la première côte arrive tout de suite, les bâtons sont vite de sortie. Les premiers km montent donc en lacets dans la forêt, en file indienne, mais sans qu'on se gêne les uns les autres, on peut même doubler de temps en temps. Je laisse Romain filer devant et je prends un bon rythme, jusqu'au replat et aux long faux-plats très roulants qui suivent la première montée.
De faux-plat en faux-plat on arrive au km 7 où on se prend un bon gros mur ! Une bonne grosse pente qui casse bien le rythme, mais heureusement très courte, avant de basculer dans une courte descente vers le premier passage au ravito du Golet.

Premier passage au ravito du Golet

Le Golet - Le Golet : km 13,5 : 1h55 de course


Le parcours fait une boucle de cinq kilomètres. Les pentes y sont tout à fait raisonnables, d'abord en légère descente, puis on remonte gentiment avant de redescendre sur le ravito du Golet. En chemin Fabien me rattrape. On papote, on rigole, on mange aussi... un moment de course très cool au milieu des prés et des vaches.

Les paisibles locataires des lieux

Papotage et grignotage avec Fabien

Le Golet - La Compôte : km 23 : 3h13 de course


Le temps de remettre du carburant dans le bonhomme et dans les bidons, je repars du Golet quelques minutes après Fabien, et je me remets dans ma bulle pour attaquer la deuxième grande montée du parcours qui nous mènera sous la Dent des Portes.

C'est pentu, mais pas trop, il y a de jolis points de vue, mon rythme est bon et je commence à doubler du monde. Elle m'a bien plu cette montée.

Au sommet, le bénévole m'annonce que je suis 88e. Jusque-là je ne pensais pas au classement, mais ça, c'était avant, le ver est dans le fruit !


Début de la descente, sous la Dent des Portes
Je me lance dans la descente avec l'envie d'améliorer mon classement et de conserver mon bon rythme, puisque malgré mon inhabituel départ rapide, je ne ressens pas trop de fatigue. Mais j'y vais quand même prudemment, contrairement au concurrent qui chute juste après m'avoir dépassé ! Heureusement, rien de grave, il repart tout de suite.

Viennent ensuite de longs kilomètres globalement descendants, où il convient de maintenir un bonne vitesse, et de profiter des décors de montagne et de petits canyons dans les sous-bois. Pendant ce temps je compte les concurrents que je dépasse, le compétiteur qui est en moi est en éveil ! Parmi eux, il y a Romain que je laisse se rafraîchir à la fontaine de Doucy-en-Bauges... il est cuit, mais finira courageusement.

Au bout de cette longue portion roulante, j'arrive au ravito de la Compôte (prononcer Compôôôôte ^^) alors que je vois Fabien en repartir.


La Compôte - Le Châtelard : km 30 : arrivé en 4h17'12''


Grignotage express et remplissage des bidons, je ne traîne pas et me lance à l'assaut de la dernière difficulté du jour, réputée rude !

En fait le début de la côte se fait sur des pourcentages raisonnables, sur de grands chemins faciles. Puis progressivement la pente se redresse et on entre dans la forêt. J'en profite alors pour faire une petite erreur de parcours qui va me coûter trois minutes... c'est rien mais ça m'énerve un peu, d'autant que je venais de doubler encore quelques coureurs.

De retour sur la bonne trace, la réputation de cette côte prend tout son sens, on y est, droit dans la pente dans la forêt, c'est ultra-raide ! Même pas peur, même pas mal, quitte à souffrir, autant ne pas subir, et attaquer. Je bâtonne, je m'arrache, je re-double quelques gars, mais qu'il est dur ce 25e km !

Le plus court chemin est la ligne droite... le plus raide aussi !
Un bénévole nous indique que c'en est fini de cette côté, enfin, plus que de la descente jusqu'à l'arrivée, je relance immédiatement ! Encore un petit faux-plat montant où j'aperçois Fabien, juste devant. Je le rattrape et on attaque ensemble la dernière descente, mais il n'y est pas très à l'aise, et je le distance.

Vue sur le Colombier dans la dernière descente vers le Châtelard
Et voici l'arrivée au Châtelard ! J'ai bouclé ce trail sans encombres, avec du plaisir et dans un temps qui m'étonne. Je finis 70e, à la porte de la première moitié du classement, que je rate finalement à cause des trois minutes perdues après la Compôte, c'est ballot, mais en fait je m'en fiche, je suis bien content quand même. Mon test sur un rythme rapide est validé ! Le tout sera de faire exactement le contraire à la fin du mois au Tour des Fiz...

Une brioche et un bon de réduction me sont remis à l'arrivée

A peine le temps de dégainer l'appareil photo que Fabien arrive. Puis les autres copains se succéderont sous l'arche d'arrivée, pour profiter ensemble du bon repas de fin de course autour de quelques bières dans une ambiance parfaite.

Toute bonne aventure qui se respecte, se termine autour d'un bon festin !

Pour une première édition, ce trail des Bauges, bien que perfectible sur des détails, est une belle réussite ! Les organisateurs, les bénévoles, les membres du club des sports du Châtelard, tous ont été au petits soins et souriants. On ne peut que souhaiter un bel avenir au Trail des Bauges !





mercredi 31 mai 2017

Ultra trail des Coursières : premier cent !


Les photos - le film


Ca fait bien un an et demi que je me suis dit que pour passer un jour le cap des cent bornes, l'Ultra trail des Coursières pouvait être la course idéale. Pas loin de Lyon, pas trop de dénivelé ni de technicité, et toujours plein de copains sur la course de quoi s'inscrire sans trop hésiter non ?

Mi-décembre, tout juste remis de la SaintéLyon, le click fatidique est fait, me voila inscrit pour plus de 100 km dans les Monts du Lyonnais... ça fait beaucoup quand même...

Bref, samedi 13 mai au soir, j'avais un maillot de plus à ranger...



C'était long, mais ça s'est bien passé, sans subir le gros coup de mou que je craignais. J'ai réussi à être constant et à me forcer jusqu'au bout à courir quand la pente le permettait, même si les relances faisaient de plus en plus mal partout au fil des heures, mais il parait que c'est normal.
C'était un bon jour, avec des copains, de la bonne humeur, des beaux paysages et de la chance au niveau de la météo puisque même si j'ai pris quelques gouttes dans l'après-midi, j'ai été épargné par les gros orages.

Ce qui est curieux c'est que maintenant que c'est fait, je ne trouve plus grand chose à en dire, si ce n'est que je suis super content d'avoir fait quelque-chose d'énorme pour moi.
Bon, je vais quand même bien trouver un petit truc à raconter pour chacune des étapes de cette belle course, allez, je me lance, c'est parti pour le récit !


Etape 1 : La prépa :


Pour préparer cet objectif d'une envergure inconnue pour moi, je me suis fait un plan sur douze semaines inspiré du plan marathon de l'année dernière : quatre séances par semaine avec du fractionné, du seuil, de l'EF, de la longue, avec bien sûr du dénivelé et du volume. Je n'ai pas réussi à être assidu sur le renforcement musculaire, mais grâce à quelques séances d'escalier j'ai un peu compensé.

Au bout d'un mois, petit souci, les mollets tirent. Comme j'avais un break d'une semaine prévu mi-mars pour voyager en Norvège, j'étais optimiste sur la récupération des mollets, mais dès la semaine suivante ça a tourné en contracture. J'ai donc décidé d'adapter l'entrainement en remplaçant les fractionnés, trop violents, par du fartlek au feeling, et tout à fini par rentrer dans l'ordre.

La prépa c'est aussi :
- des sorties nature avec les copains
- des sorties en solo dans de beaux paysages à l'occasion de virées à Die [photos - film] et à Fontaine-de-Vaucluse [photos - film]
- l'occasion de refaire du vélo (ça faisait longtemps !)
- la traditionnelle grosse sortie, trois semaines avant la course, qui nous a permis, avec Jérôme, de reconnaître un bon premier tiers du parcours de l'ultra [photos]


Comme quoi l'entrainement ce n'est pas toujours une corvée !

Etape 2 : Se lever dans la nuit du samedi 13 mai pour se taper 102 km et 4000 mD+


Pour minimiser l'appréhension à l'approche d'une telle course, j'aimais bien dire que le plus dur serait de se lever à 2h30 du matin, et que finir la course ne serait alors qu'une formalité... En réalité, ça n'a pas été le cas puisque j'ai réussi l'exploit de me coucher à 20h30 la veille, et avec l'excitation j'étais debout avant 2h30 !

A 4h, une heure avant le départ, je suis sur place à Saint-Martin-en-Haut pour récupérer mon dossard et papoter avec les copains en buvant un petit café. Et bizarrement je suis confiant.

Le rituel du serrage des lacets avant d'aller au combat

A 4h45 on prend place dans le sas de départ, plutôt derrière pour être sûr de partir doucement. Il fait encore nuit et juste assez frais pour être bien en t-shirt et manchettes. La pluie est annoncée pour l'après-midi, la veste est donc dans le sac.

Le programme de la journée...


Etape 3 : Saint-Martin-en-Haut - Yzeron : km 26 : 3h32 de course


Le départ est donné à 5h03, à la frontale dans Saint-Martin puis Rochefort, avant de sortir déjà les bâtons pour une première petite côte d'échauffement. En haut, Franck relance et disparaît dans la nuit, alors que je reste sagement avec Eric. Et encore, pas si sagement que ça car en fait je suis parti un peu plus vite que prévu. Les sensations sont bonnes, je n'ai vraiment pas l'impression d'en faire trop, mais ce n'est pas normal que je sois avec Franck et Eric, ils sont plus forts que moi normalement !

A près une petite heure de course je laisse filer Eric et je temporise un peu pour prendre mon rythme de croisière. Je me sens bien et le jour commence à se lever, pour le plus grand plaisir des yeux.

Le levé du jour sur le barrage de Thurins était superbe
Ensuite la bonne montée vers les balcons de Py Froid passe super bien, c'est bon signe, je suis dans un bon jour, détendu et content de mon rythme, pourvu que ça dure.

Bien relâché de bon matin

Thurins, les nuages, le Pilat...
Alors si vous ne connaissez pas les organisateurs des Coursières, il faut savoir qu'ils sont assez farceurs en terme de parcours... Ca commence au km 17 avec une petite descente droit dans une forte pente dans un gros champ de terre, puis au km 22 vient le Crêt de Py Froid et ses gros blocs à escalader... ça va que je les connais bien ceux-là !

Plus qu'à dérouler jusqu'au lac du Ronzey à Yzeron où nous attend (enfin !) un ravito liquide. Ca tombe bien, après plus de 3h30 de course, mes bidons sont presque vides. Je fais donc le plein sans trop m'attarder, le temps quand même de faire un petit coucou à Eric qui repartait quand j'arrivais, comme quoi, il est sur un rythme prudent, et moi, en avance sur mes prévisions.


Etape 4 : Yzeron - Duerne : km 36 : 5h06 de course


On quitte les rives du Lac du Ronzey pour attaquer la montée vers le col des Brosses, où je rattrape François, ça fait plaisir d'échanger quelques mots, mais le pauvre souffre des tendons.

Après cette belle montée, ça descend gentiment pendant un bon moment, jusqu'à une nouvelle farce des organisateurs, la fin de la descente se fait dans les bois sur des pentes à plus de 45% par endroit ! C'est amusant, j'y vais comme sur des skis, mais j'ai quand même peur que ce genre d'effort reste dans les cuisses. Heureusement, ce n'était pas trop long. Et puis c'était aussi l'occasion de croiser une nouvelle fois Frantz.

Je ne vous ai pas parlé de Frantz ? En fait ce n'est qu'après la course que j'ai cherché son numéro de dossard pour connaitre son nom. Il fallait bien que je sache qui était ce sympathique coureur avec qui on n'a pas arrêté de se croiser pendant des heures et des heures. Je crois que je l'ai vu pour la première fois après 15 km et pour la dernière fois à Lamure, 60 km plus loin !

Derrière Frantz sur le chemin des aqueducs de Montromant
C'est pas tout ça, mais pour mériter le ravito et surtout pour passer la première barrière horaire, il faut se taper une bonne grosse montée bien raide (surtout au début), entre les aqueducs romains de Montromant et le village de Duerne. Je reste dans le sillage de Frantz, plus ou moins loin, il grimpe bien, moi pas trop mal non plus, mais les jambes ne sont plus d'une première fraîcheur à ce stade. Le ravito fera du bien.

Ca c'est un panneau qui fait plaisir !
J'arrive donc à Duerne avec 25 minutes d'avance sur la barrière horaire que je craignais le plus, sans être en sur-régime, c'est très bon signe, mais la route est encore longue. Je ne lésine donc pas sur la soupe et le saucisson, il faut bien s'alimenter, sans trop traîner, aussitôt dit, aussitôt fait !
A peine sorti du ravito de Duerne, je tombe sur Caro et les garçons qui m'encouragent et me donnent de bonnes nouvelles de Franck (qui est déjà loin devant).


Etape 5 : Duerne - Saint-Symphorien : km 52 : 7h15 de course, reparti 30 minutes plus tard


A partir de Duerne je suis dans l'inconnu en terme de parcours. Je ne connais pas ces chemins, juste le profil qui m'indique que ça va être assez vallonné jusqu'à La-Chapelle-sur-Coise puis globalement descendant jusqu'à la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise.

Le temps se gâte doucement sur les vallons des Monts-du-Lyonnais

En effet ça n'arrête pas de monter et descendre et il me tarde d'arriver sur La-Chapelle... et justement, voilà le village qui apparaît déjà au loin.

La-Chapelle-sur-Coise
Et oui déjà, car d'après les infos données par l'orga, on devait y être au km 46, et là, j'en ai à peine 44 au compteur quand je fais un arrêt express pour remettre de l'eau dans un bidon devant la Chapelle ! Deux km de moins que prévu, pourquoi pas, mais il ne faudrait pas que j'en ai moins de 100 au compteur à la fin... sinon je ferai des tours de parking pour arriver au compte et puis c'est tout, namého, chuis là pour être centbornard moi !

C'est donc en plein délire que je me laisse glisser au petit trot sur les faux-plats descendants. J'y croise Fabien, qui zone dans le coin pour faire des photos des copains...


Merci Fabien pour la photo !

Puis je traverse tel un touriste le joli château de Saconay...

Le château de Saconay

Un château pouvant en cacher un autre, voici le château de Pluvy, alors que le temps devient pluvieux.

Le château de Pluvy

Il doit rester à peine plus d'un km avant la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise, mais la pluie s'intensifiant, je m'arrête quand même pour mettre ma veste de pluie.

Et au km 53, avec toujours 2 km de moins que prévu au compteur, j'entre dans la salle du ravito de Saint-Symphorien-sur-Coise.

J'y retrouve Eric qui va bientôt repartir, Caro et les garçons, Pierre-Yves, la famille de Jérôme, que du beau monde ! J'y retrouve aussi mon sac, comme prévu. Entre chaque aller-retour à la table pour manger du pain, du jambon et du saucisson, je branche un petit coup la batterie pour charger la montre, je change la batterie de la GoPro, je remplis mes poches avec les barres, gels et sachets de poudre prévus pour la deuxième moitié du parcours... En fait, seul un sachet de poudre me servira, pour le solide, les ravitos suivants me suffiront et puis de toute façon je n'avais plus tellement envie de sucré.

Finalement je ne change pas de vêtements, je suis bien comme ça. Alex m'informe qu'il pleut encore, donc je remets la veste de pluie, et je repars avec Pierre-Yves... après une demi-heure d'arrêt !! Tout ça ! Je n'ai vraiment pas vu le temps passer !


Etape 6 : Saint-Symphorien - Le Carteron : km 64 : 9h35 de course


Pierre-Yves m'accompagne un moment dans la montée longue et irrégulière vers Larajasse, mais il est dans un jour sans et préfère ralentir et me laisser filer. Je me mets alors dans ma bulle (sans musique pour une fois), bâtonnant dans les montées, relançant sur les replats, gérant tranquillement la descente, dépassant Frantz... avant de re-déployer les bâtons pour une nouvelle bonne montée au sommet de laquelle se trouve le ravito du Carteron.

Vue sur Saint-Symphorien en s'élevant au-dessus de Châtelus

L'usure s'installe mais il ne faut pas perdre le rythme, donc l'arrêt au ravito est rapide, juste le temps de remplir les bidons et de prendre un peu de saucisson et de pain d'épice pour la route. Même s'il ne pleut plus, je ne prends pas le temps d'enlever ma veste qui ne me tient pas trop chaud.


Etape 7 : Le Carteron - Lamure : km 74 : 11h20 de course


Et c'est reparti pour du bien vallonné : une descente, puis la longue remontée vers le Crêt Malherbe, point culminant des Monts du Lyonnais. Je garde mon rythme, je m'efforce toujours de relancer sur les faux-plats, mais je trouve le temps long. C'est en fait le seul moment dans la course où j'ai eu une forme de lassitude, et avec le recul, ce n'était vraiment rien du tout à gérer par rapport au coup de mou que je craignais, et qui ne viendra jamais (tant mieux !). En plus je suis rejoins par Xavier, parti très prudemment, et qui restera quelques instants avec moi avant de disparaître à l'horizon. Ca fait toujours du bien de papoter un peu.

Quelque-part autour du Crêt Malherbe... je ne sais plus exactement où en fait...

Ca monte, ça descend, parfois dans les bois, parfois avec une vue dégagée, puis j'arrive enfin à Lamure.

Lamure

Je traverse le village et fais une pause de quelques minutes au ravito. J'ai besoin de me requinquer un peu. J'en profite aussi pour enlever la veste car cette fois le soleil est de retour et j'ai trop chaud.


Etape 8 : Lamure - Saint-André : km 92 : 14h30 de course


En sortant de Lamure, une bonne côtelette nous emmène sur les sentiers en balcon au-dessus de la vallée du Gier, les sentiers de la SaintéLyon !

La vallée du Gier

Je me sens mieux, j'arrive toujours à bien relancer, et je sais que je vais la finir cette course. Depuis Lamure je suis complètement seul sur les chemins mais je suis bien, dans ma bulle, et je me fais plaisir dans la longue descente sous Sainte-Catherine, même si ça commence à bien tirer dans les jambes et les pieds.

Mais maintenant il va falloir y monter à Sainte-Catherine, et je m'en souviens de cette montée sèche qui m'avait bien marqué lors du trail des Coursières 2015 ! Sauf qu'elle ne me fait plus peur maintenant cette montée. A ce stade, montée ou descente, je sais que je vais tout franchir pour finir, donc pas de tergiversation, je sors les bâtons et je grimpe, tel le funiculaire sur sa crémaillère... (si si !).

Entre temps, j'ai remis ma veste de pluie et le sol est bien mouillé. Par chance je n'ai pris que quelques petites gouttes, alors que j'ai bien vu passer un gros orage tout près pendant que je montais.

A Sainte-Catherine l'ambiance est super, et un petit ravito liquide non prévu est en place. J'ai encore assez d'eau donc je ne m'arrête pas et je relance, sur des chemins bien connus maintenant puisqu'ils sont communs à tous les formats des Coursières et à la SaintéLyon. Vous savez, ce chemin qui passe devant Riverie, qui traverse La Bullière, et qui descend le redouté Bois d'Arfeuille ! Et on peut dire que cette fois il est bien boueux le Bois !

La boue d'Arfeuille

Puis vient la classique remontée vers Saint-André-la-Côte, qui elle non plus ne me fait plus peur, depuis le temps que je la fréquente, même si elle me fait un peu mal quand même (mais j'aime ça, il faut croire...).
Et qui dit Saint-André, dit traditionnellement photo sur la vallée du Rhône, où l'orage sévit, et dit ravito !

La traditionnelle vue depuis Saint-André-la-Côte

Au ravito c'est carrément la fête ! Les bénévoles sont en pleine forme, et toujours aussi sympas, ça fait vraiment plaisir. En plus de l'inévitable saucisson, j'ai droit à un bon gobelet de soupe aux vermicelles, que je ne finirai pourtant pas, ça m'aurait pris trop de temps d'attendre qu'elle refroidisse suffisamment. J'ai vraiment envie de repartir pour en finir avec ces dix derniers km !


Etape 9 : Saint-André - Saint-Martin : km 102 : 16h08 au final


Pour en finir il s'agit maintenant de franchir le Signal de Saint-André, qui comme d'habitude permet aux organisateur d'exprimer leur goût pour les détours rocheux et raides qui obligent à monter les genoux plus haut qu'il est humainement possible de le faire (surtout après 95 bornes...). Mais c'est ça qu'on aime sur les Coursières !

Dans les rochers du Signal

Après avoir laissé mes dernières forces dans les rochers, je me hisse au sommet du Signal, je me retourne... et là, wahou ! La vue est superbe avec un arc-en-ciel magnifique au-dessus de Lyon ! Photo obligatoire. Pour moi c'est normal, je fais des photos tout le temps, mais même Cédric, le concurrent qui me suit et qui finira la course juste devant moi, prend le temps de s'arrêter pour contempler et photographier ce paysage bien mérité.

La vue magique depuis le Signal

La fin je la connais par coeur, ça slalome dans les bois, ça descend, ça remonte sur le plus casse-patte des faux-plats du Monde, puis ça redescend, alors que le kilométrage sur ma montre affiche maintenant trois chiffres : 100 !! Wouhou !! Me dis-je.

Enfin, cerise sur le gâteau, Laurent arrive à ma rencontre sur son fier destrier à pédales pour m'encourager sur le dernier km, jusqu'au gymnase de Saint-Martin où je peux enfin lever les bras au son de la cloche des finishers brandie par l'excellent Jean-Louis !

J'ai fini, je suis bien rincé, et très content non seulement d'avoir fini, mais je ne pensais pas pouvoir mettre à peine plus de 16 heures, sans avoir eu de gros coup de mou et en ayant pu forcer mes jambes et mes pieds à courir jusqu'au bout.

Franck, Caro et Laurent sont là pour recueillir mes impression à chaud, c'est super sympa et je suis tout perdu, je ne sais plus par quoi commencer : me changer ? aller boulotter du saucisson ? aller chercher mon plateau repas ? boire une soupe peut-être ? et une bière bien sûr !

Tout ceci sera fait, dans un autre ordre, la première action ayant été de récupérer mon maillot de finisher.


Le meilleur repas du Monde !

Au cours des jours suivants j'ai réappris à marcher... non je plaisante ! J'ai eu de bonnes courbatures pendant deux jours, mais sans plus, j'ai même bien récupéré, et je me tourne doucement mais sûrement vers mon prochain objectif : le Tour des Fiz fin juillet, mais ça, c'est une autre histoire.






dimanche 8 janvier 2017

Gel sur les Coursières


Ca y est, la saison 2017 est bien lancée, traditionnellement, avec l'Hivernale des Coursières à Saint-Martin-en-Haut. Et c'est comme toujours l'occasion de retrouver les copains, venus en nombre sous les couleurs du LUR.

Le LUR a fait le déplacement en nombre !
On se souhaite la bonne année, on papote, mais très vite il faut remettre le nez dehors, malgré les -3°C, pour se rendre au départ, plus haut sur la place de l'église, pour ma 3e Hivernale des Coursières.

Les photos - le film


A 8h30 le départ est donné et la marée humaine déferle comme chaque année dans la Grande Rue de Saint-Martin.

Le départ dans la Grande Rue de Saint-Martin-en-Haut

Dès la sortie du village, une petite côte est placée pour étirer un peu le peloton. Ensuite on retrouve des chemins habituels, mais sans la boue des dernières éditions. Et pour cause, il a gelé toute la semaine et le sol est plutôt dur. Mais le pire c'est sur les courtes parties bitumées, rendues très glissantes par les petites pluies verglaçantes du matin, il va falloir être très prudent sur ces parties là.
Les premiers kilomètres sont relativement vallonnés, mais sans difficulté majeure. Typiquement le genre de profil où on part trop vite et où on se fatigue du coup trop vite aussi... il va falloir que je calme un peu le jeu... D'autant que pour un début de course je me sens moins poussif que d'habitude, ça serait dommage d'en faire trop tout de suite.

Et voila déjà le ravito du 8e km qui arrive, presque par surprise ! Il faut dire que normalement on le voit de loin, mais là, avec le brouillard ambiant on ne sait plus trop où on en est.

L'entrée du ravito est bien animée

Je n'ai pas envie de me stresser aux ravitos aujourd'hui, j'y reste donc environ 5 minutes : saucisson, pain d'épice, verre de Coca, et arrêt pipi juste après. Et je repars tranquillement pour enchainer les deux premières bonnes côtes du parcours.

Je suis Jérôme en direction... des nuages !

Chemin faisant je retrouve Jérôme. Super, on va pouvoir faire un bon bout de route ensemble. Surtout qu'après les deux côtes, on arrive sur une partie plus roulante où on apprécie habituellement la vue sur la vallée du Rhône, mais là, on ne voit que des nuages. Alors pour passer le temps, on papote ! Ca évite aussi de penser au petit vent qui fait de cette partie la plus froide du parcours.
J'en profite pour remercier les bénévoles et signaleurs, qui ont dû bien se cailler !
Et bien sûr, qui dit froid, dit sol gelé, donc glissant... donc j'ai glissé. Bon ça va, je me suis juste couché sur une touffe d'herbe, sans bobo.

Sur ce, on approche de la descente vers le bois d'Arfeuille. Mon terrain de jeu préféré. Je vais envoyer, c'est sûr ! Jérôme le sait et m'encourage à me faire plaisir, préférant rester tranquillement à bonne distance. Alors j'accélère, je me fais plaisir, j'arrive sur un beau virage à droite relevé, je m'amuse bien, et le chemin débouche sur la route. Tiens, pas de panneau. A droite ou à gauche ? Logiquement ça doit être à droite, donc je longe la route par là... mais j'ai un doute. Je me retourne plusieurs fois, et vois au loin Jérôme et quelques autres qui suivent. C'est que ça doit être le bon chemin... sauf qu'on aurait dû reprendre un sentier à gauche de suite alors que là, il n'y a que la route... C'est sûr il y a erreur. Je m'arrête, et nous convenons assez vite qu'il faut faire demi-tour. Finalement, c'était avant la route, vous vous souvenez le beau virage relevé, et bien c'est là qu'il fallait aller tout droit en suivant le beau balisage bien visible... que je n'ai pas vu ! Je présente vite fait mes excuses aux six ou sept coureurs que j'ai entrainés dans mon erreur, et qui heureusement le prennent bien malgré le kilomètre qu'on a fait en trop, et je reprends mon rythme.
Cette année, les organisateurs ont mis un peu de piment dans cette portion globalement descendante avec des petites bosselettes et des petits passages en dévers entre les arbres, ce qui m'empêche d'envoyer une grosse descente, mais c'est rigolo quand même !

On retrouve finalement le chemin classique du bois d'Arfeuille tout en bas, juste avant de passer la croix qui marque le début de la grosse remontée vers Saint-André-la-Côte.
Dans la montée je marche d'un bon pas mais sans plus. Il fait meilleur dans les bois, mes cheveux ne sont plus givrés. J'en profite pour enlever les gants et me ravitailler un peu, même si le ravito n'est plus très loin. J'avale un gel au caramel beurre salé (plus par plaisir que par besoin en fait), je bois bien, et du temps que j'y suis je change la batterie de la GoPro, tout en marchant, ça passe le temps et au moins je n'aurai pas à m'occuper de ça au ravito.

Dans la montée vers Saint-André-la-Côte

A Saint-André, je joli paysage habituel a été remplacé par un gros écran nuageux, tant pis, le ravito est à 300m ! C'est l'heure de ma soupe de pâtes annuelle ! Agrémentée de rondelles de saucisson et de gruyère, le tout en musique (merci à la petite fanfare qui a mis l'ambiance sur le parcours). Je prends un peu mon temps sur ce ravito où Jérôme m'a rejoint, et nous repartons ensemble en marchant le temps de boire notre soupe qui fait vraiment du bien. Puis ça descend de nouveau, Jérôme veut finir tranquillement, on se la souhaite donc bien bonne et je file.

Ma photo traditionnelle de la vue depuis Saint-André-la-Côte : on ne voit rien !

Le ravito du 20e kilomètre, mon préféré !

Je repars du ravito avec une bonne soupe pour la route

Quelques faux-plats plus loin, flèche à gauche, et c'est parti droit dans la pente pour la redoutable mais non moins ludique ascension du Signal de Saint-André, point culminant du parcours. On y monte en deux paliers, bien raides et hors sentier, entre les arbres et les rochers. C'est marrant, mais ça use, beaucoup !

Ascension du Signal : premier mur

Ascension du Signal : dernier mur


En haut c'est le classique et toujours aussi sympa slalom entre les petits arbres, avec encore un petit peu de crapahutage dans les rochers, puis le final habituel, globalement descendant, jusqu'à trois kilomètres de l'arrivée où un interminable faux-plat montant se charge de nous achever les jambes. Bien que parti sans objectif, je me suis encore pris au jeu et j'ai décidé de faire le final en mode lâche-rien, à tel point que pour la première fois j'ai presque plus couru que marché sur ce long dernier faux-plat montant (deux jours après, mes jambes s'en souviennent encore...).

Après 31 km, 1175 mD+ et 3h53 d'effort, sur un parcours encore un peu plus dur (moins facile et aussi moins mou sous la semelle) que l'année dernière, je franchis la belle arche aux couleurs des Coursières et pénètre dans le gymnase de Saint-Martin-en-Haut où la succulente soupe finale m'attend, escortée de ses rondelles de saucisson, morceaux de gruyère et cacahuètes, ça fait bien du bien ! Ensuite je retrouve les copains, la Soyeuse coule à flots alors que la neige commence à tomber dehors...

La Soyeuse... quelle bonne boisson de récup !