mercredi 31 mai 2017

Ultra trail des Coursières : premier cent !


Les photos - le film


Ca fait bien un an et demi que je me suis dit que pour passer un jour le cap des cent bornes, l'Ultra trail des Coursières pouvait être la course idéale. Pas loin de Lyon, pas trop de dénivelé ni de technicité, et toujours plein de copains sur la course de quoi s'inscrire sans trop hésiter non ?

Mi-décembre, tout juste remis de la SaintéLyon, le click fatidique est fait, me voila inscrit pour plus de 100 km dans les Monts du Lyonnais... ça fait beaucoup quand même...

Bref, samedi 13 mai au soir, j'avais un maillot de plus à ranger...



C'était long, mais ça s'est bien passé, sans subir le gros coup de mou que je craignais. J'ai réussi à être constant et à me forcer jusqu'au bout à courir quand la pente le permettait, même si les relances faisaient de plus en plus mal partout au fil des heures, mais il parait que c'est normal.
C'était un bon jour, avec des copains, de la bonne humeur, des beaux paysages et de la chance au niveau de la météo puisque même si j'ai pris quelques gouttes dans l'après-midi, j'ai été épargné par les gros orages.

Ce qui est curieux c'est que maintenant que c'est fait, je ne trouve plus grand chose à en dire, si ce n'est que je suis super content d'avoir fait quelque-chose d'énorme pour moi.
Bon, je vais quand même bien trouver un petit truc à raconter pour chacune des étapes de cette belle course, allez, je me lance, c'est parti pour le récit !


Etape 1 : La prépa :


Pour préparer cet objectif d'une envergure inconnue pour moi, je me suis fait un plan sur douze semaines inspiré du plan marathon de l'année dernière : quatre séances par semaine avec du fractionné, du seuil, de l'EF, de la longue, avec bien sûr du dénivelé et du volume. Je n'ai pas réussi à être assidu sur le renforcement musculaire, mais grâce à quelques séances d'escalier j'ai un peu compensé.

Au bout d'un mois, petit souci, les mollets tirent. Comme j'avais un break d'une semaine prévu mi-mars pour voyager en Norvège, j'étais optimiste sur la récupération des mollets, mais dès la semaine suivante ça a tourné en contracture. J'ai donc décidé d'adapter l'entrainement en remplaçant les fractionnés, trop violents, par du fartlek au feeling, et tout à fini par rentrer dans l'ordre.

La prépa c'est aussi :
- des sorties nature avec les copains
- des sorties en solo dans de beaux paysages à l'occasion de virées à Die [photos - film] et à Fontaine-de-Vaucluse [photos - film]
- l'occasion de refaire du vélo (ça faisait longtemps !)
- la traditionnelle grosse sortie, trois semaines avant la course, qui nous a permis, avec Jérôme, de reconnaître un bon premier tiers du parcours de l'ultra [photos]


Comme quoi l'entrainement ce n'est pas toujours une corvée !

Etape 2 : Se lever dans la nuit du samedi 13 mai pour se taper 102 km et 4000 mD+


Pour minimiser l'appréhension à l'approche d'une telle course, j'aimais bien dire que le plus dur serait de se lever à 2h30 du matin, et que finir la course ne serait alors qu'une formalité... En réalité, ça n'a pas été le cas puisque j'ai réussi l'exploit de me coucher à 20h30 la veille, et avec l'excitation j'étais debout avant 2h30 !

A 4h, une heure avant le départ, je suis sur place à Saint-Martin-en-Haut pour récupérer mon dossard et papoter avec les copains en buvant un petit café. Et bizarrement je suis confiant.

Le rituel du serrage des lacets avant d'aller au combat

A 4h45 on prend place dans le sas de départ, plutôt derrière pour être sûr de partir doucement. Il fait encore nuit et juste assez frais pour être bien en t-shirt et manchettes. La pluie est annoncée pour l'après-midi, la veste est donc dans le sac.

Le programme de la journée...


Etape 3 : Saint-Martin-en-Haut - Yzeron : km 26 : 3h32 de course


Le départ est donné à 5h03, à la frontale dans Saint-Martin puis Rochefort, avant de sortir déjà les bâtons pour une première petite côte d'échauffement. En haut, Franck relance et disparaît dans la nuit, alors que je reste sagement avec Eric. Et encore, pas si sagement que ça car en fait je suis parti un peu plus vite que prévu. Les sensations sont bonnes, je n'ai vraiment pas l'impression d'en faire trop, mais ce n'est pas normal que je sois avec Franck et Eric, ils sont plus forts que moi normalement !

A près une petite heure de course je laisse filer Eric et je temporise un peu pour prendre mon rythme de croisière. Je me sens bien et le jour commence à se lever, pour le plus grand plaisir des yeux.

Le levé du jour sur le barrage de Thurins était superbe
Ensuite la bonne montée vers les balcons de Py Froid passe super bien, c'est bon signe, je suis dans un bon jour, détendu et content de mon rythme, pourvu que ça dure.

Bien relâché de bon matin

Thurins, les nuages, le Pilat...
Alors si vous ne connaissez pas les organisateurs des Coursières, il faut savoir qu'ils sont assez farceurs en terme de parcours... Ca commence au km 17 avec une petite descente droit dans une forte pente dans un gros champ de terre, puis au km 22 vient le Crêt de Py Froid et ses gros blocs à escalader... ça va que je les connais bien ceux-là !

Plus qu'à dérouler jusqu'au lac du Ronzey à Yzeron où nous attend (enfin !) un ravito liquide. Ca tombe bien, après plus de 3h30 de course, mes bidons sont presque vides. Je fais donc le plein sans trop m'attarder, le temps quand même de faire un petit coucou à Eric qui repartait quand j'arrivais, comme quoi, il est sur un rythme prudent, et moi, en avance sur mes prévisions.


Etape 4 : Yzeron - Duerne : km 36 : 5h06 de course


On quitte les rives du Lac du Ronzey pour attaquer la montée vers le col des Brosses, où je rattrape François, ça fait plaisir d'échanger quelques mots, mais le pauvre souffre des tendons.

Après cette belle montée, ça descend gentiment pendant un bon moment, jusqu'à une nouvelle farce des organisateurs, la fin de la descente se fait dans les bois sur des pentes à plus de 45% par endroit ! C'est amusant, j'y vais comme sur des skis, mais j'ai quand même peur que ce genre d'effort reste dans les cuisses. Heureusement, ce n'était pas trop long. Et puis c'était aussi l'occasion de croiser une nouvelle fois Frantz.

Je ne vous ai pas parlé de Frantz ? En fait ce n'est qu'après la course que j'ai cherché son numéro de dossard pour connaitre son nom. Il fallait bien que je sache qui était ce sympathique coureur avec qui on n'a pas arrêté de se croiser pendant des heures et des heures. Je crois que je l'ai vu pour la première fois après 15 km et pour la dernière fois à Lamure, 60 km plus loin !

Derrière Frantz sur le chemin des aqueducs de Montromant
C'est pas tout ça, mais pour mériter le ravito et surtout pour passer la première barrière horaire, il faut se taper une bonne grosse montée bien raide (surtout au début), entre les aqueducs romains de Montromant et le village de Duerne. Je reste dans le sillage de Frantz, plus ou moins loin, il grimpe bien, moi pas trop mal non plus, mais les jambes ne sont plus d'une première fraîcheur à ce stade. Le ravito fera du bien.

Ca c'est un panneau qui fait plaisir !
J'arrive donc à Duerne avec 25 minutes d'avance sur la barrière horaire que je craignais le plus, sans être en sur-régime, c'est très bon signe, mais la route est encore longue. Je ne lésine donc pas sur la soupe et le saucisson, il faut bien s'alimenter, sans trop traîner, aussitôt dit, aussitôt fait !
A peine sorti du ravito de Duerne, je tombe sur Caro et les garçons qui m'encouragent et me donnent de bonnes nouvelles de Franck (qui est déjà loin devant).


Etape 5 : Duerne - Saint-Symphorien : km 52 : 7h15 de course, reparti 30 minutes plus tard


A partir de Duerne je suis dans l'inconnu en terme de parcours. Je ne connais pas ces chemins, juste le profil qui m'indique que ça va être assez vallonné jusqu'à La-Chapelle-sur-Coise puis globalement descendant jusqu'à la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise.

Le temps se gâte doucement sur les vallons des Monts-du-Lyonnais

En effet ça n'arrête pas de monter et descendre et il me tarde d'arriver sur La-Chapelle... et justement, voilà le village qui apparaît déjà au loin.

La-Chapelle-sur-Coise
Et oui déjà, car d'après les infos données par l'orga, on devait y être au km 46, et là, j'en ai à peine 44 au compteur quand je fais un arrêt express pour remettre de l'eau dans un bidon devant la Chapelle ! Deux km de moins que prévu, pourquoi pas, mais il ne faudrait pas que j'en ai moins de 100 au compteur à la fin... sinon je ferai des tours de parking pour arriver au compte et puis c'est tout, namého, chuis là pour être centbornard moi !

C'est donc en plein délire que je me laisse glisser au petit trot sur les faux-plats descendants. J'y croise Fabien, qui zone dans le coin pour faire des photos des copains...


Merci Fabien pour la photo !

Puis je traverse tel un touriste le joli château de Saconay...

Le château de Saconay

Un château pouvant en cacher un autre, voici le château de Pluvy, alors que le temps devient pluvieux.

Le château de Pluvy

Il doit rester à peine plus d'un km avant la base de vie de Saint-Symphorien-sur-Coise, mais la pluie s'intensifiant, je m'arrête quand même pour mettre ma veste de pluie.

Et au km 53, avec toujours 2 km de moins que prévu au compteur, j'entre dans la salle du ravito de Saint-Symphorien-sur-Coise.

J'y retrouve Eric qui va bientôt repartir, Caro et les garçons, Pierre-Yves, la famille de Jérôme, que du beau monde ! J'y retrouve aussi mon sac, comme prévu. Entre chaque aller-retour à la table pour manger du pain, du jambon et du saucisson, je branche un petit coup la batterie pour charger la montre, je change la batterie de la GoPro, je remplis mes poches avec les barres, gels et sachets de poudre prévus pour la deuxième moitié du parcours... En fait, seul un sachet de poudre me servira, pour le solide, les ravitos suivants me suffiront et puis de toute façon je n'avais plus tellement envie de sucré.

Finalement je ne change pas de vêtements, je suis bien comme ça. Alex m'informe qu'il pleut encore, donc je remets la veste de pluie, et je repars avec Pierre-Yves... après une demi-heure d'arrêt !! Tout ça ! Je n'ai vraiment pas vu le temps passer !


Etape 6 : Saint-Symphorien - Le Carteron : km 64 : 9h35 de course


Pierre-Yves m'accompagne un moment dans la montée longue et irrégulière vers Larajasse, mais il est dans un jour sans et préfère ralentir et me laisser filer. Je me mets alors dans ma bulle (sans musique pour une fois), bâtonnant dans les montées, relançant sur les replats, gérant tranquillement la descente, dépassant Frantz... avant de re-déployer les bâtons pour une nouvelle bonne montée au sommet de laquelle se trouve le ravito du Carteron.

Vue sur Saint-Symphorien en s'élevant au-dessus de Châtelus

L'usure s'installe mais il ne faut pas perdre le rythme, donc l'arrêt au ravito est rapide, juste le temps de remplir les bidons et de prendre un peu de saucisson et de pain d'épice pour la route. Même s'il ne pleut plus, je ne prends pas le temps d'enlever ma veste qui ne me tient pas trop chaud.


Etape 7 : Le Carteron - Lamure : km 74 : 11h20 de course


Et c'est reparti pour du bien vallonné : une descente, puis la longue remontée vers le Crêt Malherbe, point culminant des Monts du Lyonnais. Je garde mon rythme, je m'efforce toujours de relancer sur les faux-plats, mais je trouve le temps long. C'est en fait le seul moment dans la course où j'ai eu une forme de lassitude, et avec le recul, ce n'était vraiment rien du tout à gérer par rapport au coup de mou que je craignais, et qui ne viendra jamais (tant mieux !). En plus je suis rejoins par Xavier, parti très prudemment, et qui restera quelques instants avec moi avant de disparaître à l'horizon. Ca fait toujours du bien de papoter un peu.

Quelque-part autour du Crêt Malherbe... je ne sais plus exactement où en fait...

Ca monte, ça descend, parfois dans les bois, parfois avec une vue dégagée, puis j'arrive enfin à Lamure.

Lamure

Je traverse le village et fais une pause de quelques minutes au ravito. J'ai besoin de me requinquer un peu. J'en profite aussi pour enlever la veste car cette fois le soleil est de retour et j'ai trop chaud.


Etape 8 : Lamure - Saint-André : km 92 : 14h30 de course


En sortant de Lamure, une bonne côtelette nous emmène sur les sentiers en balcon au-dessus de la vallée du Gier, les sentiers de la SaintéLyon !

La vallée du Gier

Je me sens mieux, j'arrive toujours à bien relancer, et je sais que je vais la finir cette course. Depuis Lamure je suis complètement seul sur les chemins mais je suis bien, dans ma bulle, et je me fais plaisir dans la longue descente sous Sainte-Catherine, même si ça commence à bien tirer dans les jambes et les pieds.

Mais maintenant il va falloir y monter à Sainte-Catherine, et je m'en souviens de cette montée sèche qui m'avait bien marqué lors du trail des Coursières 2015 ! Sauf qu'elle ne me fait plus peur maintenant cette montée. A ce stade, montée ou descente, je sais que je vais tout franchir pour finir, donc pas de tergiversation, je sors les bâtons et je grimpe, tel le funiculaire sur sa crémaillère... (si si !).

Entre temps, j'ai remis ma veste de pluie et le sol est bien mouillé. Par chance je n'ai pris que quelques petites gouttes, alors que j'ai bien vu passer un gros orage tout près pendant que je montais.

A Sainte-Catherine l'ambiance est super, et un petit ravito liquide non prévu est en place. J'ai encore assez d'eau donc je ne m'arrête pas et je relance, sur des chemins bien connus maintenant puisqu'ils sont communs à tous les formats des Coursières et à la SaintéLyon. Vous savez, ce chemin qui passe devant Riverie, qui traverse La Bullière, et qui descend le redouté Bois d'Arfeuille ! Et on peut dire que cette fois il est bien boueux le Bois !

La boue d'Arfeuille

Puis vient la classique remontée vers Saint-André-la-Côte, qui elle non plus ne me fait plus peur, depuis le temps que je la fréquente, même si elle me fait un peu mal quand même (mais j'aime ça, il faut croire...).
Et qui dit Saint-André, dit traditionnellement photo sur la vallée du Rhône, où l'orage sévit, et dit ravito !

La traditionnelle vue depuis Saint-André-la-Côte

Au ravito c'est carrément la fête ! Les bénévoles sont en pleine forme, et toujours aussi sympas, ça fait vraiment plaisir. En plus de l'inévitable saucisson, j'ai droit à un bon gobelet de soupe aux vermicelles, que je ne finirai pourtant pas, ça m'aurait pris trop de temps d'attendre qu'elle refroidisse suffisamment. J'ai vraiment envie de repartir pour en finir avec ces dix derniers km !


Etape 9 : Saint-André - Saint-Martin : km 102 : 16h08 au final


Pour en finir il s'agit maintenant de franchir le Signal de Saint-André, qui comme d'habitude permet aux organisateur d'exprimer leur goût pour les détours rocheux et raides qui obligent à monter les genoux plus haut qu'il est humainement possible de le faire (surtout après 95 bornes...). Mais c'est ça qu'on aime sur les Coursières !

Dans les rochers du Signal

Après avoir laissé mes dernières forces dans les rochers, je me hisse au sommet du Signal, je me retourne... et là, wahou ! La vue est superbe avec un arc-en-ciel magnifique au-dessus de Lyon ! Photo obligatoire. Pour moi c'est normal, je fais des photos tout le temps, mais même Cédric, le concurrent qui me suit et qui finira la course juste devant moi, prend le temps de s'arrêter pour contempler et photographier ce paysage bien mérité.

La vue magique depuis le Signal

La fin je la connais par coeur, ça slalome dans les bois, ça descend, ça remonte sur le plus casse-patte des faux-plats du Monde, puis ça redescend, alors que le kilométrage sur ma montre affiche maintenant trois chiffres : 100 !! Wouhou !! Me dis-je.

Enfin, cerise sur le gâteau, Laurent arrive à ma rencontre sur son fier destrier à pédales pour m'encourager sur le dernier km, jusqu'au gymnase de Saint-Martin où je peux enfin lever les bras au son de la cloche des finishers brandie par l'excellent Jean-Louis !

J'ai fini, je suis bien rincé, et très content non seulement d'avoir fini, mais je ne pensais pas pouvoir mettre à peine plus de 16 heures, sans avoir eu de gros coup de mou et en ayant pu forcer mes jambes et mes pieds à courir jusqu'au bout.

Franck, Caro et Laurent sont là pour recueillir mes impression à chaud, c'est super sympa et je suis tout perdu, je ne sais plus par quoi commencer : me changer ? aller boulotter du saucisson ? aller chercher mon plateau repas ? boire une soupe peut-être ? et une bière bien sûr !

Tout ceci sera fait, dans un autre ordre, la première action ayant été de récupérer mon maillot de finisher.


Le meilleur repas du Monde !

Au cours des jours suivants j'ai réappris à marcher... non je plaisante ! J'ai eu de bonnes courbatures pendant deux jours, mais sans plus, j'ai même bien récupéré, et je me tourne doucement mais sûrement vers mon prochain objectif : le Tour des Fiz fin juillet, mais ça, c'est une autre histoire.






dimanche 8 janvier 2017

Gel sur les Coursières


Ca y est, la saison 2017 est bien lancée, traditionnellement, avec l'Hivernale des Coursières à Saint-Martin-en-Haut. Et c'est comme toujours l'occasion de retrouver les copains, venus en nombre sous les couleurs du LUR.

Le LUR a fait le déplacement en nombre !
On se souhaite la bonne année, on papote, mais très vite il faut remettre le nez dehors, malgré les -3°C, pour se rendre au départ, plus haut sur la place de l'église, pour ma 3e Hivernale des Coursières.

Les photos - le film


A 8h30 le départ est donné et la marée humaine déferle comme chaque année dans la Grande Rue de Saint-Martin.

Le départ dans la Grande Rue de Saint-Martin-en-Haut

Dès la sortie du village, une petite côte est placée pour étirer un peu le peloton. Ensuite on retrouve des chemins habituels, mais sans la boue des dernières éditions. Et pour cause, il a gelé toute la semaine et le sol est plutôt dur. Mais le pire c'est sur les courtes parties bitumées, rendues très glissantes par les petites pluies verglaçantes du matin, il va falloir être très prudent sur ces parties là.
Les premiers kilomètres sont relativement vallonnés, mais sans difficulté majeure. Typiquement le genre de profil où on part trop vite et où on se fatigue du coup trop vite aussi... il va falloir que je calme un peu le jeu... D'autant que pour un début de course je me sens moins poussif que d'habitude, ça serait dommage d'en faire trop tout de suite.

Et voila déjà le ravito du 8e km qui arrive, presque par surprise ! Il faut dire que normalement on le voit de loin, mais là, avec le brouillard ambiant on ne sait plus trop où on en est.

L'entrée du ravito est bien animée

Je n'ai pas envie de me stresser aux ravitos aujourd'hui, j'y reste donc environ 5 minutes : saucisson, pain d'épice, verre de Coca, et arrêt pipi juste après. Et je repars tranquillement pour enchainer les deux premières bonnes côtes du parcours.

Je suis Jérôme en direction... des nuages !

Chemin faisant je retrouve Jérôme. Super, on va pouvoir faire un bon bout de route ensemble. Surtout qu'après les deux côtes, on arrive sur une partie plus roulante où on apprécie habituellement la vue sur la vallée du Rhône, mais là, on ne voit que des nuages. Alors pour passer le temps, on papote ! Ca évite aussi de penser au petit vent qui fait de cette partie la plus froide du parcours.
J'en profite pour remercier les bénévoles et signaleurs, qui ont dû bien se cailler !
Et bien sûr, qui dit froid, dit sol gelé, donc glissant... donc j'ai glissé. Bon ça va, je me suis juste couché sur une touffe d'herbe, sans bobo.

Sur ce, on approche de la descente vers le bois d'Arfeuille. Mon terrain de jeu préféré. Je vais envoyer, c'est sûr ! Jérôme le sait et m'encourage à me faire plaisir, préférant rester tranquillement à bonne distance. Alors j'accélère, je me fais plaisir, j'arrive sur un beau virage à droite relevé, je m'amuse bien, et le chemin débouche sur la route. Tiens, pas de panneau. A droite ou à gauche ? Logiquement ça doit être à droite, donc je longe la route par là... mais j'ai un doute. Je me retourne plusieurs fois, et vois au loin Jérôme et quelques autres qui suivent. C'est que ça doit être le bon chemin... sauf qu'on aurait dû reprendre un sentier à gauche de suite alors que là, il n'y a que la route... C'est sûr il y a erreur. Je m'arrête, et nous convenons assez vite qu'il faut faire demi-tour. Finalement, c'était avant la route, vous vous souvenez le beau virage relevé, et bien c'est là qu'il fallait aller tout droit en suivant le beau balisage bien visible... que je n'ai pas vu ! Je présente vite fait mes excuses aux six ou sept coureurs que j'ai entrainés dans mon erreur, et qui heureusement le prennent bien malgré le kilomètre qu'on a fait en trop, et je reprends mon rythme.
Cette année, les organisateurs ont mis un peu de piment dans cette portion globalement descendante avec des petites bosselettes et des petits passages en dévers entre les arbres, ce qui m'empêche d'envoyer une grosse descente, mais c'est rigolo quand même !

On retrouve finalement le chemin classique du bois d'Arfeuille tout en bas, juste avant de passer la croix qui marque le début de la grosse remontée vers Saint-André-la-Côte.
Dans la montée je marche d'un bon pas mais sans plus. Il fait meilleur dans les bois, mes cheveux ne sont plus givrés. J'en profite pour enlever les gants et me ravitailler un peu, même si le ravito n'est plus très loin. J'avale un gel au caramel beurre salé (plus par plaisir que par besoin en fait), je bois bien, et du temps que j'y suis je change la batterie de la GoPro, tout en marchant, ça passe le temps et au moins je n'aurai pas à m'occuper de ça au ravito.

Dans la montée vers Saint-André-la-Côte

A Saint-André, je joli paysage habituel a été remplacé par un gros écran nuageux, tant pis, le ravito est à 300m ! C'est l'heure de ma soupe de pâtes annuelle ! Agrémentée de rondelles de saucisson et de gruyère, le tout en musique (merci à la petite fanfare qui a mis l'ambiance sur le parcours). Je prends un peu mon temps sur ce ravito où Jérôme m'a rejoint, et nous repartons ensemble en marchant le temps de boire notre soupe qui fait vraiment du bien. Puis ça descend de nouveau, Jérôme veut finir tranquillement, on se la souhaite donc bien bonne et je file.

Ma photo traditionnelle de la vue depuis Saint-André-la-Côte : on ne voit rien !

Le ravito du 20e kilomètre, mon préféré !

Je repars du ravito avec une bonne soupe pour la route

Quelques faux-plats plus loin, flèche à gauche, et c'est parti droit dans la pente pour la redoutable mais non moins ludique ascension du Signal de Saint-André, point culminant du parcours. On y monte en deux paliers, bien raides et hors sentier, entre les arbres et les rochers. C'est marrant, mais ça use, beaucoup !

Ascension du Signal : premier mur

Ascension du Signal : dernier mur


En haut c'est le classique et toujours aussi sympa slalom entre les petits arbres, avec encore un petit peu de crapahutage dans les rochers, puis le final habituel, globalement descendant, jusqu'à trois kilomètres de l'arrivée où un interminable faux-plat montant se charge de nous achever les jambes. Bien que parti sans objectif, je me suis encore pris au jeu et j'ai décidé de faire le final en mode lâche-rien, à tel point que pour la première fois j'ai presque plus couru que marché sur ce long dernier faux-plat montant (deux jours après, mes jambes s'en souviennent encore...).

Après 31 km, 1175 mD+ et 3h53 d'effort, sur un parcours encore un peu plus dur (moins facile et aussi moins mou sous la semelle) que l'année dernière, je franchis la belle arche aux couleurs des Coursières et pénètre dans le gymnase de Saint-Martin-en-Haut où la succulente soupe finale m'attend, escortée de ses rondelles de saucisson, morceaux de gruyère et cacahuètes, ça fait bien du bien ! Ensuite je retrouve les copains, la Soyeuse coule à flots alors que la neige commence à tomber dehors...

La Soyeuse... quelle bonne boisson de récup !






vendredi 30 décembre 2016

Bilan 2016 et regards sur 2017


2016, de la montagne et des classiques


Fin 2015 j'avais bien progressé en trail, j'avais assuré mon record sur semi-marathon, et j'avais des envies de montagne. J'ai donc découpé 2016 en deux parties :
- le premier semestre consacré à la préparation des trails montagnards de juillet
- le deuxième semestre dédié aux classiques de la course à pied : le marathon et la SaintéLyon


Prévisions :


Le gros objectif c'était la Montagn'Hard 60 début juillet. Un trail de montagne d'une difficulté inédite pour moi. Il était donc difficile d'avoir un autre objectif que de simplement terminer, et de profiter de la beauté des paysages. Sans trop m'avancer, je me disais que finir en moins de 16h serait très bien.

Pour le deuxième semestre, j'avais des "devoirs" à faire, et surtout à préparer sérieusement :
- faire mon premier marathon au Run In Lyon en moins de 4h
- terminer ma deuxième SaintéLyon en moins de 9h55, voire en moins de 9h30 si les conditions climatiques le permettent


Réalisations :


En chiffres ça donne :

1930km pour 46000mD+ 
Dont 360km pour 14500mD+ en compétition.

10 courses :
5 trails :
    Hivernale des Coursières 30k
    Trail de Mirmande 50k
    Pilatrail des Trois Dents stoppé à 15k
    La 6000D stoppée à 27k
    La Solaiz'Hard by night 18k

2 trails longs :
    La Montagn'hard 62k (montagne)
    La SaintéLyon 72k (roulant)

1 semi et 1 marathon :
    Foulées San-Priotes (semi)
    Run In Lyon (marathon)

1 inclassable :
    Course Eiffage du Viaduc de Millau 23k


Et par rapport aux prévisions ?

Au sommet du Prarion
Finir la Montagn'Hard en moins de 16h :

OUI !
Objectif largement rempli, avec beaucoup de plaisir malgré les conditions météo, en moins de 15h. Ce n'est pas ça qui va me faire passer mes envies de montagne !
C'était un peu dur au début, puis vraiment bien après... tout est raconté ici : La Montagn'Hard 60, un gros morceau !




L'arrivée du marathon

Boucler mon premier marathon en moins de 4h :

OUI !
En 3h43, avec un négative split, je suis plus que satisfait par mon premier marathon... j'aurais même presque envie d'en refaire un ! Tout est raconté ici :  Run In Lyon 2016, mon premier marathon



Relier Saint-Etienne et Lyon plus vite qu'en 2014 :
Une deuxième SaintéLyon réussie

OUI !
Les conditions météo étant assez similaires à celle de 2014, l'objectif d'aller plus vite que lors de ma première participation était cohérent, et réussi ! J'aurais même aimé faire moins de 9h30, mais dans la mesure où j'ai le sentiment de ne pas avoir perdu de temps inutilement et d'avoir tout donné, mon temps de 9h38 me convient parfaitement. Plus de détails ici : La SaintéLyon 2016, 7000 givrés sous les étoiles



La Dent d'Arclusaz
La montagne ça vous gagne...

Même si j'aime bien les collines verdoyantes, les sous bois et tout ce que j'ai près de Lyon, il faut bien reconnaître que la montagne, c'est vraiment un cran au-dessus en terme de plaisir de courir (de marcher, aussi, souvent...) et de plaisir des yeux !
Avec la Montagn'Hard, la 6000D, le off Kikourou à la Dent d'Arclusaz, en 2016 j'en ai bien profité.



Belle journée sur la 6000D
Des imprévus :

En effet, 2016 a eu son lot de bonnes surprises, comme mon nouveau record sur semi, ou le trail de Mimande que je n'avais pas prévu et que j'ai finalement adoré (malgré là encore des conditions climatiques plutôt humides), ou encore le dossard gagné pour participer à la 6000D fin juillet.
Malheureusement c'est aussi en 2016 que j'ai connu l'abandon pour la première fois, sur chute au Pilatrail, et aussi sur capitulation volontaire et raisonnée sur la 6000D.





Une belle brochette de Kikous
Les joies du partage avec Kikourou :

OUI !
On a encore fait plein de kilomètres ensemble à l'occasion de offs toujours conviviaux (dans les Monts du Lyonnais, dans le Pilat, sur les traces de la SaintéLyon... au resto aussi !), on a encore bien rigolé pendant des jours sur le forum à assurer le suivi live des grands ultras de l'été, on a fait le plein de pâtes au Flore avant le départ de la SaintéLyon.
Et je n'oublie pas de saluer aussi la bonne ambiance des sorties et courses proposées par le LUR (dont beaucoup de membres sont aussi sur Kikourou).


Et le vélo dans tout ça ?

NON...
Alors là rien ne va plus. Je n'ai pas réussi à intégrer des sorties de vélo dans mes entraînements. Je n'ai tout simplement pas fait la moindre sortie de vélo de route depuis un an et demi.



Regards sur 2017


Après un voyage de deux semaines en guise de coupure hivernale post-SaintéLyon, j'ai repris doucement la course à pied le 24 décembre, la saison 2017 est lancée !
Mon plan d'entraînement pour les quatre prochains mois est écrit depuis quelques jours, avec quelques semaines de prépa générale, et un plan de 12 semaines pour préparer mon premier gros objectif de l'année : l'Ultra des Coursières, mon premier trail de plus de 100 km !

Ensuite je ne vais pas me relâcher bien longtemps car je ne résisterai pas à l'appel estival de la montagne. J'avais envisagé dans un premier temps de faire l'Ultra Tour du Beaufortain, très tentant, mais je vais probablement céder à une autre tentation, un poil plus raisonnable : les 61 km et 5000 mD+ du Tour des Fiz 8 refuges fin juillet.

Et après... je ne sais pas encore, mais j'ai plein d'idées. Je serai sûrement encore sur le Run In Lyon début octobre, mais pas sûr que ça soit sur le marathon, car le Glandass Trail, en septembre, m'intéresse beaucoup...

Tout ça est encore loin, on verra bien. Ce qui est sûr que je vais retrouver les sentiers et les copains très bientôt, pour l'incontournable Hivernale des Coursières !



Bonnes fêtes de fin d'année et à bientôt en 2017 !!!





dimanche 4 décembre 2016

La SaintéLyon 2016, 7000 givrés sous les étoiles




Les photos - le film


Fin 2014, après ma première SaintéLyon, je m'étais dit que je ne la referai qu'en 2016. Donc dès l'ouverture des inscriptions, je ne me suis pas posé de questions et me suis inscrit immédiatement, dans l'optique de mesurer ma progression en deux ans. L'idée c'est que j'ai forcément progressé, donc sans forcer je dois naturellement pouvoir faire moins de 10h. Après tout dépendra des nouveautés du parcours et surtout des conditions climatiques.

Côté nouveautés, je trouve le parcours encore plus sympa qu'en 2014 et peut-être un petit peu plus difficile sur le papier. Côté météo, à deux semaines du départ les prévisions sont stables et tout indique que les conditions seront favorables et très comparables à 2014.

Tout ça me va très bien. Les recos du parcours et mes sorties variées depuis le marathon de Lyon m'ont fait du bien (sauf la dernière longue qui m'a bien fatigué mais dont je me suis bien remis). Je suis donc très serein. J'en suis même étonné. Je ne ressens pas de pression, je suis confiant sur ma capacité de finir cette course et je continue de me dire que naturellement je réussirai mon objectif de moins de 10h (en fait j'ai bien envie de mettre moins de 9h30 !). C'est à partir du lundi précédant la course qu'une grande impatience est montée en moi. Par de mauvaise pression, juste vriament envie d'y être ! Une nuit j'ai même rêvé que je faisais la SaintéLyon...


L'avant course

Le dernier repas du condamné

Pour la gestion du sommeil, même tactique qu'en 2014 : se coucher très tard le vendredi (enfin le samedi matin en fait), pour se lever à 15h le samedi, ce qui évite d'avoir à faire une sieste dans l'après-midi.


Ca tombe bien, il y a la soirée du CE de ma boîte le vendredi soir. J'ai donc géré plutôt raisonnablement ma consommation de vin, et ai fait l'impasse sur l'after en boîte. J'ai fini tranquillement la soirée devant la TV, et me suis couché à 3h00.


Le samedi, levé à 15h00 comme prévu. Je finis de préparer mes affaires et le temps ne passe plus, l'attente est longue avant d'aller prendre le train (que j'ai préféré aux navettes de l'organisation).

A 19h47, dans le TGV, bonne surprise, à croire que la SNCF a regroupé les Kikourous exprès, je me retrouve assis entre Jean-Claude et Benoit !



A 20h00 nous arrivons au Flore, réservé par Kikourou pour l'occasion, où nous retrouvons les copains, et de bonnes pâtes. Rigoler, manger, mettre des visages sur des pseudos, féliciter les héros de la 180 à la moitié de leur défi, voir Jean-Michel Touron engloutir des montagnes de pâtes, rigoler encore... ça se passe comme ça un avant STL au Flore.

A 22h00 il est temps de se bouger un peu et de se changer. Tout le monde se met en tenue de combat.

Les Kikous d'attaque !


A 23h00 on pose les sacs à la consigne et on se place sur l'avenue de départ, où il y a déjà beaucoup de monde pour se tenir chaud par -1°C. Les départs se feront par vagues à partir de 23h40. Là on sait déjà qu'on ne sera pas dans la première vague. En fait on sera dans la troisième qui part à l'heure traditionnelle de minuit !




Saint-Etienne - Saint-Christo (à 1h50) : 15,6 km - 495 mD+ en 1h50


Sur les 7 premiers kilomètres il faut partir doucement sur les larges et longues lignes droites jusqu'à Sorbiers. Je me calle donc à un peu moins de 11 km/h, ce qui est raisonnable, mais quand même pas aussi lent qu'en 2014 où j'avais peut-être un peu trop assuré.

Quelques nouveautés nous attendent entre Sorbiers et le col de la Gachet avec un peu plus de sentiers et de dénivelé, mais finalement tout se passe bien, sans bouchon ni trop de difficulté, sur un sol plutôt sec.

Au col de la Gachet, grosse ambiance, belle vue sur l'église de Saint-Christo et je commence à prendre mon rythme en essayant de ne pas trop me laisser aspirer par le peloton, sachant que je suis déjà bien en avance sur mes temps de 2014.

Saint-Christo

Quelques petites bosses plus loin, voici le ravito de Saint-Christo. Comme prévu je ne m'arrête pas. J'ai prévu assez de boisson pour aller directement à Sainte-Catherine.


Saint-Christo - Sainte-Catherine (à 3h29) : 12,6 km - 309 mD+ en 1h39


Je trouve que c'est à partir de là que commence vraiment l'aventure nocturne. Il ne semble plus rien exister autour du serpent lumineux qui nous porte. Je me retourne de temps en temps pour l'admirer justement. C'est impressionnant. Et une fois je vais même m'arrêter quelques dizaines de secondes, couper ma frontale, et contempler les frontales, et surtout les étoiles. On a un ciel superbe.

Farandole sur les crêtes

C'est pas tout ça mais il faut continuer, sur les crêtes où il fait toujours un peu frais, mais là ça va, je suis bien habillé (un première couche technique Craft, une deuxième couche Cimalp Warmit, une troisième couche Cimalp Storm), par contre une légère lassitude semble me gagner. La fatigue s'installe dans les jambes, dans le dos, un peu dans la tête aussi. Du coup je mets la musique une bonne demi-heure histoire de me relancer mentalement.

Puis arrive enfin la descente vers le ravito de Sainte-Catherine où la pause, bien que brève, va me faire du bien. Déjà je bois une soupe plutôt tiède, mais qui change quand même de l'eau trop froide de mes bidons. Un peu de Pepsi, une tartelette, et quelques quartiers de clémentine qui font un bien fou. Remplissage des bidons qui n'étaient pas loin d'être vides, je remets de la poudre dans l'un d'eux, et je repars avec un peu de pain d'épice en poche. Par ce froid il ne faut clairement pas traîner au ravito. Et là, même en repartant vite, je vais passer dix bonnes minutes à me geler les doigts avant que tout le corps se réchauffe de nouveau.


Sainte-Catherine - Saint-Genoux (à 5h14) : 11,2 km - 337 mD+ en 1h45


C'est parti pour quelques kilomètres légèrement vallonnés, plutôt roulants, et un peu givrés, avec de meilleures sensations qu'avant le ravito. En plus à partir de là je connais bien le parcours. Et je sais donc qu'on arrive très vite sur la courte mais intense descente du Bois d'Arfeuille. C'est caillouteux, c'est boueux, comme prévu, et je suis toujours très à l'aise là-dedans, sauf que j'ai un peu de mal à doubler, donc j'y vais tranquille, en gagnant quelques places quand même. Et là, le troupeau est à l'arrêt. Une énorme flaque barre le chemin qu'on contourne donc un par un en tâchant de ne pas glisser. L'affaire prends quelques minutes mais pas trop (sinon j'aurai fini par couper droit dans l'eau moi !) et juste après on attaque la grosse nouveauté, la grosse difficulté : la montée du Rampeau et ses 180 mD+ pour 750 m de long avec quelques passages à 30%. Ca pique un peu par où ça passe, mais justement, ça passe. Heureusement le terrain n'est pas glissant, et dans une grande lenteur, un pas après l'autre je me hisse en haut de ce mur en moins d'un quart d'heure.

On est alors au point culminant du parcours, avec la vue en face sur Saint-André-la-Côte et à droite sur les lumières de la vallée du Rhône... pendant ce temps mes jambes relancent au petit trot.

Arrive alors la "sympathique" descente du Bois des Marches. L'un de mes passages préférés avec de la boue bien mouillée, des cailloux, des dépassements contrôlés, bref ça m'amuse ! Jusqu'à ce que le chemin devienne beaucoup plus civilisé et roulant jusqu'au petit ravito de Saint-Genou.

Cette année, l'orga (excellente au demeurant) avait prévu ici un ravitaillement uniquement liquide. J'y fait un très bref arrêt pour boire un peu de thé, en mettre un peu dans les bidons trop froids, et je repars avec un bout de banane dans la bouche... oui, il n'y avait pas que du liquide finalement.


Saint-Genoux - Soucieu (à 6h58) : 12,8 km - 308 mD+ en 1h48


Place maintenant au fameux enchaînement des montées et descentes dans les bois : Bois de Pindolay, Bois de la Gorge, Bois de la Dame, Bois de Bouchat. Et ça, ça use ! Je sens bien la fatigue physique, j'ai même l'impression d'avoir le ventre un peu bloqué (finalement c'est le haut des abdos qui fatiguait), et je commence à devoir me retenir dans les descentes car ça tape bien dans les jambes, surtout sur les chemins givrés, aussi durs que du bitume.

Déjà dans le Bois de Pindolay je ressentais le besoin de m'évader en tapotant ce message sur Facebook : "40 e km pas facile mais ça gère". Puis la très longue remontée du Bois de la Dame a achevé les quelques bonnes sensations qui pouvaient me rester. Il me tarde alors d'arriver à Soucieu, et j'ai vraiment envie de voir le soleil se lever, mais je sais que je dois encore patienter un bon moment pour ça, alors j'avance, et dès que ça ne grimpe plus, je relance.

Pas bien frais à Soucieu

A la sortie du Bois de Bouchat, je sais que les kilomètres très roulants jusqu'à Soucieu peuvent être longs, donc je débranche, je trottine encore bien, et finalement j'arrive assez vite au ravito tant attendu.


Je erre quelques instants le temps de reprendre mes esprits (en prenant la photo ci-dessus), et je file vers le thé et la soupe (en piquant un peu de saucisson et de fromage au passage).





Soucieu - Chaponost (à 8h11) : 8,8 km - 102 mD+ en 1h13


Je crois être resté 7 ou 8 minutes à Soucieu, mon plus long arrêt, mais ça va, je n'ai pas l'impression d'avoir gaspillé du temps, et j'en repars avec des bidons bien tièdes, complétés avec du thé.

Malgré les bienfaits de cette pause, je suis bien atteint mais heureusement assez lucide pour bien gérer les portions de route légèrement verglacées en sortant de Soucieu.

Par contre je redoute un peu l'enchaînement Furon-Garon surtout si c'est très boueux. Heureusement pour moi, un petit glissement de terrain ayant eu lieu le matin le long du Garon a contraint les organisateurs à nous faire prendre la gentille petite descente qui va droit sur la passerelle du Garon, directement. On coupe donc le parcours initial d'un bon kilomètre et de 50 mD+. Moi ça me va.
Le long du Garon je profite des premières lueurs du jour sur les prés givrés.



La seule difficulté qui me sépare de Chaponost est donc le raide chemin des Lapins. Comme toujours, je suis lent, mais ça passe bien, et je peux relancer en haut et je déroule gentiment, à l'aube, en direction du ravito de Chaponost.

J'y fait un très bref arrêt le temps d'un café.


Chaponost - Lyon (à 9h38) : 10,9 km - 226 mD+ en 1h27


Le jour se lève, il n'y a plus qu'à finir le travail sur un parcours que je connais par coeur jusqu'à Lyon. J'ai vite calculé que le sub-9h30 n'était pas jouable, et j'y vais donc sans pression, en courant toujours quand je le peux, mais sans me faire plus violence que ça. Je profite du superbe levé de soleil sur les plantations de sapins de Noël givrés, et aussi des encouragements de Christian... que je croise alors qu'il rentre chez lui en voiture après avoir bouclé la course en 7h20 (!!).



Ca fait maintenant longtemps que je n'ai plus de très bonnes sensations, que j'ai du mal à accélérer en descente, mais je continue de pouvoir trottiner, les côtes de Montray et du Parc Aventure ne me font pas si mal que ça, j'arrive encore à relancer, je pense même que tout compte fait, je vais finir moins fracassé qu'il y a deux ans.

A Sainte-Foy je suis toutefois trop cuit pour pouvoir prendre le rythme d'un Bernard incroyable qui fini la 180 sur les chapeaux de roue, je le laisse filer.

Juste pour rigoler, je tente la descente des marches du Grapillon deux par deux... enfin je le tente une fois, et je me rend compte que ça tape beaucoup trop, alors je descends ça normalement, comme des escaliers normaux, et ça va bien.

Je longe la Saône, je fonce (tant que peut se faire) sur le pont Raymond Barre, j'entre dans la Halle, je lève les bras, je suis content... j'ai franchi l'arche d'arrivée en 9h37'58" et c'est génial !

Content ! 

Je suis très satisfait par mon temps, même si je fais plus de 9h30, car j'ai beaucoup couru , dès que c'était possible, je n'ai donc rien lâché, et j'ai passé très peu de temps aux ravitos. Je ne pense pas que j'aurais pu faire mieux, et ça, ça me plait.

A l'arrivée je passe une vingtaine de minutes à discuter avec Laurent, Patrice et Patricia, ça fait plaisir de les voir. Puis arrive l'incroyable Jean-Mi qui boucle ça monumentale saison par une belle 180... en t-shirt !

Il est top Jean-Mi !

Puis je vais chercher mon t-shirt finisher, je me change, et il est temps de rentrer me doucher avant d'attaquer immédiatement la récup avec un gros brunch entre amis !!





Et voila une saison 2016 bien terminée.