samedi 28 mai 2022

GR73 ou la beauté raide des Bauges

Après un bon début d’année, voici le gros objectif du premier semestre, finir ce beau trail de 73 km en Bauges.
J’y reviens pour la deuxième fois après 2019 en espérant avoir de belles conditions météo pour profiter à fond des paysages et aussi pour découvrir la nouveauté de cette année, le Mont Margériaz.

Les photos - le film - la trace

Après des semaines très chaudes la météo redevient raisonnable en ce week-end de l'Ascension, il fait beau et bon, nous sortons le camion !  En effet, on va profiter du jeudi et du vendredi pour camper à Saint-Pierre-d'Albigny au bord du lac de Carouge. Le vendredi soir on roule jusqu'à Cruet où je vais retirer mon dossard (et celui de Xavier). Je croise Aurélien vite fait, j'échange quelques mots avec Christian qui est ici en bénévole-baliseur-ouvreur, et je file planter ma tente dans un coin près du départ. Marie-Laure est toujours avec moi, on dîne dans le fourgon (des pâtes au jambon), puis viens le temps des adieux (oui bon on se reverra hein !), Marie-Laure retourne au camping du lac de Carouge qu'elle quittera le lendemain matin pour rentrer à Lyon car elle travaille ce week-end, et moi, je vais rejoindre ma tente, préparer mes affaires de course, me coucher avant 22h, essayer de faire abstraction de la fête qui bat son plein dans la maison d'à côté, me réveiller plein de fois dans la nuit et me lever à 3h45...

Samedi 28 mai, jour (pas encore levé) de course !

Je retrouve vite Xavier pour lui remettre son dossard, puis Aurélien, et aussi Tom, inscrit au dernier moment. Et à 5h00, top départ, c'est parti pour une longue et belle journée dont voici le profil :

73 km - 5150 mD+

Contrairement aux éditions précédentes, pas de petit tour dans les vignes, on attaque directement la montée de la Roche du Guet et ses 800 mD+. Au début je suis avec Tom, c'est sympa, et c'est rare, car on n'a pas vraiment le même niveau... puis naturellement il va finir par s'envoler devant alors que je reste sur mon petit rythme.

Au col du Mont, le soleil se lève, et c'est beau !

De gauche à droite : Margériaz, Sauge, Galoppaz, Colombier, Charvay, Arclusaz

6h20, Roche du Guet, 6h40 Rocher de Tornery, la première montée est terminée, je suis pile dans mes temps prévus et je pourrais presque attaquer la descente sereinement si je n'avais pas encore un peu sommeil, un peu mal au genou gauche et à la cheville droite (petites gênes récurrentes ces derniers temps). Rien de grave, je peux faire avec et je descends donc doucement sur Nécuidet... ah puis tiens, ça remonte après ! Allez, on passe ce raidard, on prend une jolie photo en haut, et hop on file au ravito de la Thuile !

Le Pic de la Sauge au petit matin... on va bientôt le gravir

Km 12, 7h30, j'ai 10 minutes d'avance sur mon roadbook au ravito de la Thuile. J'y reste 5 minutes pour faire coucou aux copains qui en repartent, remplir les bidons, grignoter un peu, et mettre du pain et du fromage dans la poche pour plus tard, car le prochain ravito solide n'est prévu qu'au 41e km, c'est dans très longtemps ça !

Sur ma tête, la casquette a remplacé la frontale, et après un paisible tour du lac de la Thuile, j'attaque l'ascension du Pic de la Sauge (750 mD+). A l'image de cette course, c'est souvent raide, et souvent très beau.

Vue sur le lac de La Thuile, et Belledonne en fond

Au sommet du Pic de la Sauge

Une montée pas facile mais qui passe sans histoire, je me sens assez bien et j'enchaîne avec la Pointe de la Galoppaz, ce joli machin tout vert qui se dresse face au sommet du Pic de la Sauge. On y monte par la crête à droite et on en redescend tout droit à gauche.

Vue sur la Galopp' et sa descente droit dans la pente !

Il est presque 9h50 quand j'arrive au sommet de la Galopp' (pile à l'heure du roadbook), en plein vent, le temps de blaguer avec un bénévole sur l'absence du Colombier (qui est caché par un nuage mais qu'on va bien devoir escalader dans quelques heures), et je me jette prudemment et avec les bâtons dans la descente, très raide au début.

Le Colombier a disparu !!

En bas de la descente, aux Côtes Gueulet, nous sommes sur une transition un peu plus roulante qui se transforme même en petite route bitumée et sinueuse. Je le savais puisque Christian nous avait prévenu sur Kikouroù que ce passage serait barbant et qu'il faudrait compter 11 lacets sur la route pour enfin retrouver un sentier. Bon, même si c'est effectivement un peu barbant, je le prends du bon côté, c'est facile à courir donc c'est du "kilométrage gratuit".

Une fois sur le sentier, je sais que je suis tout proche du ravito liquide du Col des Prés, et aussi que je suis dores et déjà dans le début de la montée inédite du Mont Margériaz (750 mD+). C'est à 11h15 que j'arrive à ce ravito "liquide" du km 30. Mais on le sait, les ravitos uniquement liquides sont une légende urbaine en trail, personne ne les a jamais vus, en fait il y a toujours de quoi grignoter (sont sympas les bénévoles !). Comme à chaque ravito aujourd'hui je bois deux gobelets de Coca et un d'eau gazeuse, puis le plein des bidons, et je ne traine pas, j'ai hâte de découvrir si le Mont Margériaz est aussi bon que le fromage du même nom !

Je me sens bien sur toute la première partie de la montée. Elle est assez irrégulière avec beaucoup de relances en sous bois et j'ai la pêche donc ça tombe bien.

Début de la montée au Margériaz face au Colombier qui commence à se dégager.

Sur la dernière partie de l'ascension le coup de boost est passé et je commence à fatiguer. En même temps je suis sorti des bois et les paysages sont superbes avec les falaises du Margériaz, la Chartreuse à gauche et le Colombier à droite. Je fais alors quelques brefs arrêts photo avant de me remettre dans ma course et de basculer au sommet des pistes de ski, sous l'objectif du photographe. (il est 12h50, toujours dans les clous du roadbook).

La Chartreuse

Le Margériaz

Le Colombier

Le Mazouth

Allez, une bonne descente assez roulante, d'abord sur les pistes de ski, puis dans les bois, et je serai au ravito d'Aillon-le-Jeune. J'y vais donc avec entrain, et avec les bâtons (je les ai toujours gardés en main, du Col des Prés jusqu'à la fin en fait), et pas une grosse vitesse non plus, je me trouve un peu lent mais c'est normal à ce stade de la course. Pour autant, Arclz73, un Kikouroù que j'ai doublé et qui a essayé de prendre ma roue, m'a trouvé trop rapide, alors tout est relatif finalement.

Diot-Coca
A 13h40 j'arrive au ravito d'Aillon-le-Jeune pile à l'heure prévue et je tombe de suite sur Christian, qui après avoir ouvert la course tôt ce matin est resté ici pour filer des coups de mains. Ca fait plaisir de le voir et en plus il est aux petits soins pour moi et va remplir mes bidons pendant que je m'approche de la table, que j'imagine couverte de victuailles, pour me restaurer. Et là c'est un peu la douche froide (comme la soupe d'ailleurs). Il ne reste qu'un peu de pain, de pain d'épice et d'abricots secs, et un fond de soupe aux vermicelles. Pas de saucisson, ni de jambon, ni de fromage (sacrilège !)... et pas de chaise non plus. Christian, qui a déjà remonté ces soucis à l'orga, finit par aller me pêcher un diot qui cuisait dans le fond, trop cool merci !

L'autre point de tension sur ce ravito c'est la barrière horaire, qui est bien tendue puisqu'il faut avoir quitté les lieux à 14h00 ! Donc je ne traine pas plus que ça, je mets du pain et des abricots secs dans ma poche, et je m'en vais un peu après 13h50.

Le temps de traverser le village, et me voici au pied du très gros morceau du jour, le Colombier et ses 1100 mD+ ! Ca commence par une montée irrégulière dans la forêt, puis de plus en plus pentue. Rapidement (façon de parler) un petit train de 5 se forme. Nous avançons à peu près au même rythme, deux gars devant (dont Eric Cuenot d'Evadict) et un duo père et fils venus d'Italie, avec qui on se suit déjà depuis le Margériaz.

Au-dessus de 1550 m nous sortons de la forêt avec la vue sur toute la partie sommitale du Colombier. C'est impressionnant mais j'adore cet endroit. C'est la troisième fois que je viens sur ce mont et vraiment il me plait, rude et magnifique, et que dire de la vue au sommet ! On y vient on y vient, mais là il reste encore 500 mD+ à grimper...

Colombier le magnifique !

A 1695 m, c'est à partir du Col de la Cochette que la pente est la plus forte, sur la crête qui file jusqu'au sommet. D'un coup nos deux gars de devant ralentissent, on piétine un peu derrière jusqu'à ce que le jeune italien fasse sauter le bouchon, son père et moi-même lui emboitant le pas. On arrive ainsi à trois au sommet (2043 m), avec le sourire tellement c'est beau !

L'Arclusaz

Le sommet

La vue

Il est 16h15, là je commence à avoir du retard sur mes prévisions, je ne prends donc que deux minutes pour en prendre plein les yeux, filmer et faire des photos, alors que j'aimerais y rester des heures sur ce sommet. Mais quand faut y aller faut y aller, tout doucement dans la descente bien pentue avec des cuisses qui commencent à sentir le dénivelé s'accumuler.

Replat, re-passage au col de la Cochette, et ça déroule jusqu'aux chalets de la Fullie dans un décors de rêve. Je passe toutefois avec 30 minutes de retard sur mes prévisions à la Fullie. Le Colombier a fait mal à mon raodbook (un peu à mes jambes aussi).

Quelle belle journée !

Les chalets de la Fullie, où une source captée permet de faire le plein d'eau fraîche.

L'objectif suivant est le ravito du Mont Pelat, connu pour ses diots et ses frites, mais en 2019 j'étais arrivé trop tard. Cette année je ne suis pas plus en avance mais bon, ça motive. En attendant il reste 5 km légèrement vallonnés donc plus ou moins courables, avec de superbes vues sur l'Arclusaz.

Mont Pelat droit devant


A 18h25 j'arrive enfin au ravito du Mont Pelat, moyennant une dernière ascension de 200 mD+ et là c'est le miracle culinaire ! Il y a une super ambiance, des chaises et plein de bon manger protéiné comme on n'ose même pas en rêver après 58 km de trail. J'opterai donc pour un oeuf au plat, un bout de sanglier, un diot et des frites croustillantes aux herbes !

Ces dix minutes d'arrêt auront été très bonnes pour le moral, et il le faut, car je sais depuis 2019 que les 15 km restants jusqu'à l'arrivée vont faire mal à la tête...


Après 10 minutes d'arrêt gastronomique, je me lance donc dans cet enfer où on sait qu'il reste 1000 m à descendre jusqu'à Cruet mais qu'à chaque fois qu'on descend un peu, on remonte d'autant voir plus juste après... en gros l'altimètre ne descend pas, le kilométrage semble ne pas avancer, le temps se dilate, bienvenue dans les limbes finales du GR73 !

Au km 64 une bonne descente (enfin !) nous amène au col de la Marocaz, mais là, c'est reparti pour des montagnes russes globalement montantes... c'est l'enfer !

Plusieurs vies plus tard, la lumière au bout du tunnel, c'est le petit ravito de Montlambert au km 68. Une table, des bénévoles sympas, un petit coup à boire (pas manger, j'ai pas faim après le Mont Pelat), et enfin on va descendre pour de vrai jusqu'à Cruet.

Le soleil se fait rasant sur la Combe de Savoie

La descente se passe sans histoire et plutôt pas très vite du fait de quadris bien entamés. Arrivé sur la route je relance au trot, pas bien capable de courir plus vite, alors que j'entends derrière moi un missile lancé au triple galop est qui me dépose en un coup de vent ! C'est Eric Cuenot (souvenez-vous sur le Colombier) qui a mangé du lion (sûrement au Mont Pelat) !

Allez, quelques virages dans le village de Cruet et ça y est, voilà l'église, puis l'arche d'arrivée et son speaker hurlant, il est 21h10, je lève les bras vraiment content de terminer cette superbe course, avant de m'affaler sur une chaise, le précieux Opinel finisher dans les mains.

Résultat final : 204e en 16h10, sur 290 inscrits et 222 finishers.


Le bilan est un petit peu mitigé côté perf car j'espérais vraiment mettre moins de 15h45, mais comme je n'ai pas l'impression d'avoir perdu de temps aux ravitos et que j'ai toujours avancé du mieux possible avec mes moyens, je n'ai pas de regret, je suis à mon niveau, et puis c'était tellement une belle journée que je peux aller dévorer la polenta et les diots tranquille et content !

Après une bonne nuit sous la tente, je retrouve Aurélien dimanche pour aller pique-niquer au bord du lac de Carouge, tous les deux avec des poteaux en guise de jambes ! Puis retour à Lyon en pensant à nos prochaines aventures (du côté de Belledonne...).




 



 

 

samedi 2 avril 2022

Une cause, un concept, une aventure


La cause

C'est l'association Vaincre Parkinson qui a eu la bonne idée d'organiser, à Pollionnay, au pied des Monts du Lyonnais, le premier Vaincre Parkinson Trail Tour.

Le tarif est très abordable, une partie des inscriptions est dédiée à la lutte contre la maladie de Parkinson, et avec le reste, la petite équipe d'organisation (sympathique, motivée et compétente) a fait des merveilles (notamment en terme de ravito, on y reviendra).

 

Le concept

La course s'appuie sur le concept de la Backyard qui consiste à accomplir le même tour de 6,7 km en 1 heure maximum, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul concurrent.

Ici le tour de 6,7 km compte quand-même 290 m de dénivelé positif, alors le temps imparti pour le parcourir est de 1h15, et le nombre de tours a été limité à 24, pour un maximum de 160 km en 30 heures donc.

Le jeu est de bien gérer son allure pour être économe tout en gardant assez de temps de pause entre chaque tour pour se ravitailler, se changer, etc...


 Les photos - le film - la trace


L'aventure

En 2022 je pars sur une saison bien structurée, avec des blocs d'entrainement ponctués de courses comme l'Hivernale des Coursières et le Trail des Cabornis. Alors que je cherchais une course pour début avril j'ai découvert cette nouveauté, une Backyard pour la bonne cause, près de Lyon, l'occasion était trop belle de me mesurer à ce format qui m'inspire autant de craintes que de fascination. Ni une ni deux, c'est cliqué, c'est planifié, en route pour l'aventure !!

Le week-end précédant la course était très printanier, beau, chaud, mais alors que je commence à préparer mes affaires et mes "stratégies", les prévisions météo du week-end de course nous annoncent un retour du froid, du vent... et de la neige ! Il va falloir ressortir les tenues d'hiver... Et voilà, samedi 2 avril, 8h00, Pollionnay est sous la neige, c'est dingue !

Quelques minutes avant le départ

Je suis venu avec Xavier, on a retiré notre dossard, retrouvé les copains de Kikouroù et une centaine d'autres coureurs, posé nos sacs dans un coin de la salle d'escalade, et avec 25 minutes de retard, à 9h25, le départ est donné ! On va enfin pouvoir se réchauffer dans la première montée.

Presque tout le monde a conscience du format de la course et ça part doucement (à deux ou trois exceptions près). Rien ne sert d'aller vite, 1h15 pour faire le tour c'est large, et compte tenu des conditions météo, il ne faut pas non plus avoir trop longtemps à attendre entre la fin d'un tour et le départ du suivant pour ne pas trop se refroidir. Autant dire que l'intensité de course permet largement de parler, et nous voici déjà en mode "off papotage Kikouroù" ! Ca permet de faire une revue des effectifs et des objectifs :

- Eric (rico69) : habitant Pollionnay, il est à domicile. Gêné par un TFL il envisage 5 tours.
- Patrice (marat 3h00 ?) : de suite dans le juste rythme, nous suivons ses pas, c'est pas le Coach pour rien. Il vise aussi 5 tours.
- Philippe (fildar) : la force tranquille même avec un seul bâton fonctionnel, il part pour 12 tours.
- Xavier (truklimb) : au moins 10 tours, le reste c'est du bonus... Il a gardé les pneus neige, rien ne peut lui arriver !
- Christian (xian) : inscrit au dernier moment pour voir, il part pour un tour après l'autre, après l'autre, après l'autre... attention il a un sacré potentiel, ça pourrait aller loin !
- Thierry (tidgi) : notre spécialiste de l'ultra et des 24 heures, indestructible, il part pour finir les 24 tours, et on croit tous en lui.
- et moi, je ne me suis pas fixé d'objectif, je veux découvrir et profiter, le plus longtemps possible.

Premiers pas d'une longue journée blanche

Ce premier tour me permet de découvrir le circuit et de prendre des repères chronométriques :
- premier km en côte, sommet en 13'
- chemin plus ou moins roulant avec quelques grosses flaques jusqu'à la Croix du Ban : 21'
- col de la Croix du Ban puis single joueur jusqu'au début de la descente : 31'
- la descente qui tue : raide et glissante, qu'est-ce que ça va être après plusieurs passages ?
- l'arbre mort : 37'
- le champ à découvert et la deuxième côte du parcours : 55'
- fin du tour en 1h01, timing idéal, à refaire à volonté !

La Croix du Ban

Le premier tour se termine dans la bonne humeur, mais on a tous eu chaud car le parcours est très peu exposé au vent. Il faut enlever une couche. Pour moi ce sera la deuxième : le t-shirt, et je garde la sous-couche, la veste thermique et la veste de pluie.

L'occasion de se rendre compte que 15 minutes de pause ce n'est pas du luxe, et ça repart pour un 2e tour !

A partir de là on va rester sur un rythme d'une heure au tour (il faut bien ça compte tenu des conditions un peu glissantes par endroits), avec ce quart d'heure de pause qui nous permet de profiter du ravito (pain d'épice, saucisson, fromage, et de plus en plus de bonnes choses au fil de la journée) et de quelques minutes au chaud dans la salle.

 

Une belle journée de printemps dans les Monts du Lyonnais

Au 5e tour, on ne s'en lasse pas de ce joli parcours, Eric et Patrice non plus, et ils choisissent de continuer pour un 6e tour. Chouette, plus on est de fous, plus on bavarde !

A la fin du 6e tour, cette fois ils arrêtent. Et moi j'ai faim (comme à chaque pause depuis de le début d'ailleurs). En plus ça fait quelques tous que j'ai repéré le gratin dauphinois dans la salle. Sauf que là, sur les tables du ravito, je découvre de succulentes pâtes de fruits et de coing, et toujours du pain d'épice ! Il est presque 17h00, je me fais donc un gros goûter avec un café, trop bon. Et la régalade n'est pas terminée, puisque à 18h00, après 7 tours, je craque pour ce fameux gratin, avec du poulet, servi par des organisateurs vraiment aux petits soins, ça fait beaucoup de bien. Reste qu'il faut manger vite car le 8e départ arrive.

Qui veut du gratin ??

Huits tours, ça commence à ressembler à quelque-chose de bien, et même si les jambes tirent un peu, on reste dans le rythme d'une heure au tour, avec le quart d'heure de pause que je vais cette fois utiliser pour me changer. Juste le haut, pas le temps pour le bas, et pas besoin non plus. Ca fait vraiment du bien de repartir au sec, et j'ai même un peu trop chaud en début de 9e tour avec ce premier kilomètre bien montant. D'ailleurs il semblerait que cette côte s'allonge et se raidisse à chaque tour... étonnant non ?

A la fin de ce 9e tour il est 20h30 et des gâteaux maison se sont invités sur la table. Le brownie est délicieux ! 

C'est pas tout ça mais il est l'heure d'allumer la frontale et de basculer en mode nuit. Je suis content car sans objectif précis sur cette course, j'avais quand-même des jalons de motivation, comme tenir jusqu'à la nuit. Parcourir 10 tours est aussi un jalon, donc pas de doute, je vais repartir pour au moins un tour, malgré des jambes qui commencent à bien couiner.

La nuit tombe sur Pollionnay... la neige aussi.

Mais dites-donc, 10 tours, c'est une barre tellement symbolique qu'il y a fort à parier que parmi les 26 coureurs encore en course, beaucoup vont s'arrêter là... pour le classement ça vaut le coup de faire un 11e tour ! Xavier est bien de cet avis aussi, Thierry, Christian et Philippe ne se posent même pas la question, il n'y a que mes jambes qui ne sont pas d'accord mais tant pis pour elles, nous repartons dans la nuit, la neige et le froid. En bonus, Spider-David nous a rejoint, sympa de le voir. Il ne pouvait pas être là plus tôt alors il a quand-même pris un dossard et est venu passer la nuit en course.

A 23h05 fin du bal pour moi, je termine ce 11e tour dans le dur, les douleurs qui montaient depuis un moment derrière le genou gauche et au-dessus de la cheville droite sont maintenant trop gênantes et inquiétantes pour continuer sereinement. J'aurais donc parcouru 73,7 km / 3200 mD+ en 13h34 en me classant 16e sur 103, ce qui me satisfait pleinement. Je vais donc célébrer ça avec du gratin et du brownie !

Xavier et Philippe boucleront un 12e et dernier tour, David aura fait le supporter toute la nuit auprès de nos deux super-machines, Thierry et Christian, qui iront jusqu'au bout des 24 tours (160 km), terminant 2e ex-æquo derrière le stratosphérique Romain de Terre de Running, magnifique performance !


Cette première édition du Vaincre Parkinson Trail Tour aura été une vraie réussite malgré les conditions météo difficiles. Des coureurs contents, 4700€ récoltés pour luter contre la maladie et une petite équipe d'organisation au top de bout en bout. De quoi leur donner envie, on l'espère, de remettre ça l'année prochaine. En tout cas moi ça m'a plu et j'en redemande !





 

 

 

 

 

 


vendredi 31 décembre 2021

Bilan 2021 et regards sur 2022

Année compliquée finie en beauté

Bien sûr, c'est encore la pandémie de Covid qui a compliqué cette année 2021, mais pas que.
Après un premier semestre sans dossard, j'ai tenté de prendre ma revanche sur l'Echappée Belle Traversée Nord, mais malheureusement je n'ai pas pu (ou su) avoir une préparation physique à la hauteur.
L'automne a été placé sous le signe de la route, sur semi, puis marathon, avant de remettre un peu de trail pour l'apothéose sur la SaintéLyon où, inscrit au dernier moment, j'ai fait une course solide qui conclue de belle manière cette année un peu chaotique sportivement.
Côté off, gros coup de cœur pour le Big Off Monts du Lyonnais mi-octobre, qui vaut largement une course, entre copains.

 

Prévisions

Il y avait l'espoir de pouvoir remettre des dossards en 2021, et notamment pour l'Ultra Pilatrail que je comptais bien affronter début juin, avant qu'il ne soit annulé. Puis l'objectif majeur de l'année était de finir l'Echappée Belle Traversée Nord fin août, en ayant si possible fait au moins un trail de montagne quelques semaines plus tôt.
Enfin, le deuxième semestre devait se terminer par l'aller-retour Firminy - Le Puy - Firminy que nous n'avons pas pu réaliser en 2020.


Réalisations

En chiffres ça donne :

2086 km pour 51979 mD+
Dont 179 km pour 5897 mD+ en compétition

4 courses :
    Echappée Belle Traversée Nord 37k (montagne)
    Run In Lyon semi-marathon 21k (route)
    Plus vite que le Cancer marathon 42k (route)
    SaintéLyon 78k (trail)


Et par rapport aux prévisions ?


Finir un bel ultra :

NON !

Le Pilatrail ayant été annulé, il me restait le gros et beau morceau de l'Echappée Belle Traversée Nord, où je comptais bien faire mieux que mon abandon de 2020 à Val Pelouse. Cette année le début du parcours changeait avec un passage aussi réjouissant que terrifiant au Col de la Valloire qui m'en a mis plein les yeux, et malheureusement aussi plein les pattes. Payant mon manque de préparation, j'ai abandonné à Super Collet, encore plus tôt que l'an dernier, mais bien plus atteint physiquement.


Revenir sur le Run In Lyon :

OUI !

Ce n'était pas vraiment prévu au début de l'année, et puis une telle manifestation n'avait pas beaucoup de chances d'être maintenue à cause de la pandémie. J'avais quand-même dans un coin de la tête l'envie de revenir faire un chrono sur le Run In Lyon début octobre, 10 ans après mes débuts en course à pied. Trop proche de l'EB, il n'était pas raisonnable de s'aligner sur le marathon. Tenté dans un premier temps par le 10 km, distance que je n'ai plus courue en course depuis des années, j'ai finalement opté pour le semi-marathon car Claire avait choisi de faire sont retour sur cette distance. La prépa fut condensée en septembre mais plutôt bonne. Malgré ça je n'ai pas réussi à battre mon record, celui qui me semble déjà le plus dur à battre, et avec le vent qu'on a eu le jour de la course c'était impossible, mais j'ai tenté jusqu'au bout !

Et comme refaire de la route m'a donné envie de tenter mon record sur marathon, j'ai profité de la course virtuelle plusvitequelecancer pour m'y attaquer. Encore raté, mais sans regrets, ça m'a plu de tourner à Parilly pendant plus de trois heures et demi pour la bonne cause.


Finir l'année en beauté sur un raid :

OUI !

Ce n'était pas le raid prévu, mais c'était bien !
En effet le projet depuis 2020 est de faire l'aller-retour Firminy - Le Puy - Firminy avec quelques copains. Mais cette année encore, la course a été annulée. Je n'arrivais pas à me faire à l'idée de ne pas terminer l'année sur un gros raid, et finalement, il ne restait que la SaintéLyon. J'avais peur qu'elle soit annulée alors je m'y suis inscrit au dernier moment, et j'ai bien fait de m'inscrire, car non seulement la course a eu lieu, mais en plus on a eu droit à la blancheur de la neige sur les hauteurs, et j'ai eu le bonheur de conclure en beauté ma saison en terminant ma 4e SaintéLyon en à peine plus de dix heures et demi.


Partager de bons moments en off :

OUI !

Encore et toujours OUI ! Même s'il n'y en a pas eu beaucoup pour moi cette année, les offs avec les copains de Kikouroù sont toujours des moments privilégiés de sport et de camaraderie.
Du "off des 10 ans" au dernier petit tour à Messimy, ils ont tous eu lieu dans les Monts du Lyonnais. Mais celui qui restera de loin le plus marquant, c'est le Big Off organisé par David et Eric pour une journée magnifique de 61 km et 3500 mD+ dans nos monts préférés.


Des sorties en solo en France et dans le Monde:

OUI !

Enfin j'ai pu repartir à l'étranger, et y poser mes baskets ! D'abord au mois de juin en Andalousie avec quelques petits runs bien sympa et variés (à Calp, dans la Sierra Nevada, au Parque Ardales, au Puerto de Santa María, le tout en vidéo), puis début décembre à Zanzibar !

En France je me suis bien amusé aussi. J'ai fait une petite traversée du Pilat, croyant encore à cette époque que le Pilatrail aurait lieu. J'ai aussi pris l'air en Provence, à Lourmarin et à Buis-les-Baronnies. Et plus près de chez moi, j'ai décliné le marathon en trois façons : urban trail, carrément trail, ou à plat le long des fleuves.


Ne pas délaisser mes autres sports préférés :

Bah si, je les ai un peu délaissés : pas de snow, pas de vélo de route cette année. Allez, je me rattrape avec un autre sport que j'adore, le snorkeling, à Zanzibar, c'est bonnard !

 


Regards sur 2022

Enfin l'Hivernale des Coursières est de retour le 9 janvier 2022 ! J'espère bien y participer, mais j'ai ramené une petite infection à l'orteil de Zanzibar qui me met un peu le doute, et a retardé ma reprise de l'entrainement. Croisons les doigts (de pied).

Au rayon des grands retours en 2022, il y a le off 100% urban trail du LUR : le Lurdunum ! Obligé que j'en sois !

Ensuite, pour rentrer dans le vif de la saison, et pour préparer les futures grosses échéances, je me suis inscrit au Trail des Cabornis, un bon maratrail dans les Monts d'Or dès le 6 mars.

Les grosses échéances du premier semestre auront lieu au mois de mai, mais je n'ai pas encore vraiment décidé entre : l'Ultra des Coursières, le GR73... ou les deux !

Après des vacances en juin, qui m'empêcheront de participer au Pilatrail, je viserai un gros morceau en montagne en août, et forcément, je ne vois pas comment je pourrais me convaincre de ne pas re-re-tenter ma chance sur l'Echappée Belle Traversée Nord. Il faudrait que j'arrive à caser un ou deux trails de prépa en montagne mi-juillet et/ou début août, ça serait bien.

Et pour la fin de l'année, bien sûr on ne lâche rien et on espère pouvoir enfin faire ce fameux aller-retour Firminy - Le Puy - Firminy.



Etes-vous prêts pour la nouvelle ânée ?
Bonne année 2022 !!

 

 




 

 

 

dimanche 28 novembre 2021

Premières neiges sur la SaintéLyon

J'aime finir la saison sur une grande course et j'avais encore des envies de Le Puy - Firminy cette année. Mais face à cette satanée pandémie les organisateurs on décidé d'annuler. J'ai donc naturellement commencé à penser à la SaintéLyon. Craignant encore une annulation j'ai attendu le dernier moment pour m'inscrire, tout en continuant de me préparer comme si j'allais la courir, et en misant aussi sur les fruits de mon mois d'octobre un peu fou.

C'est ainsi que le samedi 27 novembre 2021 à 20h24, je monte dans le train pour un aller simple vers ma 4e SaintéLyon !


 

Mon train plein de traileurs arrive comme prévu à Saint-Etienne à 21h10 juste après une grosse averse de neige. Mes parents m'attendent à la sortie pour m'accompagner au Parc des Expos en voiture, ça c'est le luxe stéphanois !

 

Cette année, le QG Kikouroù au Flore n'existe plus, c'est pourquoi j'ai choisi de venir à Saint-Etienne plus tard, en ayant déjà mangé chez moi (des pâtes, beaucoup de pâtes, depuis deux jours...), et déjà en tenue de combat. Ca me laisse le temps de découvrir l'ambiance du Parc des Expos avec des coureurs de partout, de papoter avec mes parents, de finir de m'équiper et de poser mon sac dans les camions-consigne.

Mon premier objectif c'est de ne pas partir trop tard. J'aimerai bien être dans la 2e ou la 3e vague (celle de minuit), mais pas plus loin. Je prévoyais donc de sortir me placer dans les sas de départ avant 22h30. Sauf que cette année, nouveauté, on ne peut pas sortir. L'attente se fait à l'intérieur. Très bien pour moi, je suis près de la porte de sortie et au moins, je ne me gèle pas en attendant le départ.

Vers 23h00 les portes s'ouvrent, les LyonSaintéLyon, les élites et autres performeurs se placent dans le premier sas, alors que tous les autres vont se répartir dans les quatre autres vagues. Pour moi c'est idéal, je sors dans les premiers et me retrouve en première ligne de la deuxième vague !

23h30, la neige tombe doucement, le speaker est au taquet, Light My Way retentit, et la première vague s'envole au loin. Un quart d'heure plus tard ce sera notre tour !


Saint-Etienne - Saint-Christo : 18 km en 2h07

23h45, c'est parti ! Je me serre vite à gauche car, étant en première ligne, je ne tiens pas à me faire écraser par les furieux au galop ! Je pars tout de même sur un 5'15/km sur les deux premières bornes, ce qui est déjà largement assez-presque-trop rapide, et en plus je me fais flasher !

Flash !

Je me calme vite pour monter plus tranquillement la petite bosse roulante qui sert d'échauffement vers Saint-Jean-Bonnefonds.

Dès la sortie de Saint-Etienne, la neige est là, et c'est bôôôôôôô


Après 9 km on sort de Sorbiers et de la route. Premier chemin, première boue un peu glissante... et première chute ! Dès ma deuxième foulée hors-bitume je me retrouve les fesses dans la gadoue, ça commence bien !

Peu après, je double Romain, qui fait l'aller-retour. Il me complimente sur la jolie teinte marronâtre de mon postérieur, avant que je file dans la nuit, une loupiote dans le ruban lumineux qui s'élève vers le col de la Gachet.

Alors qu'on enchaine les petits raidards et les relances, je ne suis pas serein. J'ai les jambes raides. Ca fait deux jours que je sens des raideurs en haut des cuisses et ça se confirme en ce début de course. Et puis il y a la question vestimentaire. Le froid humide n'est pas très agréable mais avec ma veste je suis à peu près à bonne température, sauf qu'elle commence à se mouiller la veste, avec cette neige humide qui tombe doucement. Je pense bien qu'il va falloir mettre la veste de pluie par-dessus à un moment, mais quand ? Je ne veux pas être trempé avant, mais si je la mets maintenant, alors qu'on ne fait que monter, je vais avoir trop chaud. Au final je choisis de ne pas choisir, et j'arrive donc ainsi à Saint-Christo à 1h52, après 2h07 de course, pas super confiant mais bien dans les temps de mon objectif de 10h30.


Saint-Christo - Sainte-Catherine : 32 km en 4h23

Je m'arrête moins de 5 minutes au ravito le temps de refaire un petit plein d'eau. Cette année j'ai décidé de rester le moins longtemps possible sur les ravitos et en plus avec toutes les pâtes que j'ai avalées depuis deux jours, je n'ai pas vraiment faim. Une barre de temps en temps ça me suffit largement.

Quelques ondulations de terrain plus tard, au 23e kilomètre, après 3h de course, on grimpe vers Croix Bicouri, là où on rejoint la piste des crêtes. Et comme son nom le laisse supposer, elle est exposée, la piste des crêtes, et on entend le vent souffler fort dans les derniers arbres de la montée. Cette fois c'est le moment choisi pour choisir de faire le bon choix : je sors la veste de pluie !

Bien m'en a pris, je suis à bonne température et ne subis pas trop les assauts du vent. Par contre c'est le verglas que je subis ! Des petites plaques glacées se cachent un peu partout sous la fine pellicule de neige, et je m'en prends deux de suite, heureusement sans bobo, mais j'en suis déjà à trois chutes depuis le début. Et je ne suis pas le seul. C'est un festival de figures de style sur les crêtes, où on a tous vite compris qu'il fallait absolument courir sur les bords de piste, voire même dans les champs, si on souhaite arriver en un seul morceau.

Sur la piste des crêtes

Cette année le parcours est joueur. On ne reste jamais très longtemps sur la piste des crêtes. On descend dans le bois de Plein Pot, on remonte sur les crêtes (exposées, verglas, toussa....), pour redescendre de suite dans le bois des Feuilles, et se farcir une bonne montée qui pique avant de basculer enfin sur Sainte-Catherine. L'avantage de ces ups & downs c'est que les sous-bois ne sont pas gelés, que c'est moins monotone que de rester sur le haut, et que ça m'a bien dégourdi les jambes qui ne sont plus raides comme au début, ouf. En revanche ça prends un peu de temps et d'énergie, et j'arrive au ravito de Sainte-Catherine à 4h08, après 4h23 de course, un bon quart d'heure de plus que prévu.

Ravito de Sainte-Catherine


Sainte-Catherine - Saint-Genou : 45 km en 6h28

Je m'arrête 10 minutes ici. C'est normal que ce soit mon arrêt le plus long. Il faut refaire le plein complet, remettre de la poudre dans un bidon (poudre que Décathlon a changé récemment et qui se dissout moins bien quand on la verse et ça m'énerve un peu...), et manger un peu quand-même : un peu de Coca vite fait, puis une soupe dans le gobelet et un sandwich saucisson fromage à la main, à manger en marchant en ressortant du ravito. Mais avant ça, j'ai encore perdu un peu de temps : j'ai changé la batterie de ma frontale, car j'étais parti en mode piles, d'habitude c'est un bon choix mais là j'avais mis des piles pas assez puissantes (pas assez chères ?) ce qui nuisait un peu à ma vision les rares fois où je n'avais pas un coureur en pleins phares pour éclairer la zone. J'ai donc remis la batterie d'origine de ma lampe qui éclaire un peu mieux.

Le pire c'est que ce ravito un peu chaotique, je vais le payer pendant une demi-heure. J'ai mangé mon sandwich trop vite et mon système digestif n'est pas bien réveillé. Pas de maux ni de renvoi à la nature, mais ça m'a mis un coup de mou. Et avec ça j'ai les doigts gelés, puisque j'avais enlevé mes gants au ravito...

Après avoir croisé Steven ça commence à aller mieux, mais le vent et les flocons s'intensifient. Il est temps de mettre la capuche, de baisser la tête et de mettre la machine à marcher en marche ! Et ça repart bien. A une glissade près (4e chute), la montée au Signal, point culminant de la course, est une formalité.

Froide, la montée au Signal

A partir de là c'est du classique, à commencer par ma descente préférée, celle du Bois des Marches. Mais cette année, je ne vais pas trop m'amuser à la dévaler car la prudence est de mise avec les risques de glissades qui ne font pas bon ménage avec les cailloux.

J'arrive sans encombres au ravito de Saint-Genou à 6h13 après 6h28 de course.


Saint-Genou - Soucieu : 56 km en 7h53

Arrêt exprès : Coca, un peu de thé dans les bidons, changement de la batterie de la GoPro, le tout en 3 minutes, et ça relance ! Je me sens de mieux en mieux en fait. Je relance bien, la marche en côtes passe bien, et cette portion jusqu'à Soucieu reprend exactement le parcours de 2014, ma première SaintéLyon, avec le Bois du Pindoley, le Bois de la Gorge puis le long faux-plat de Cornavent, un peu trop pentu au début, mais qui se coure ensuite, et je relance, ce que j'étais bien incapable de faire il y a 7 ans !

Je viens de mettre la musique dans les oreilles et au moment de m'élancer dans la descente du bois Bouchat, je pense déjà à la sortie de celui-ci. Il s'agit d'une côte qui passe bien en marchant d'un bon pas, et ensuite ça ne fait que descendre jusqu'à Soucieu. On a coutume de dire que la course commence à Soucieu, mais pour moi c'est à la sortie du bois Bouchat qu'elle commence. Alors je me lâche un peu dans cette descente facile et j'arrive vite et déterminé au ravito de Soucieu à 7h38, après 7h53 de course.


Soucieu - Chaponost : 65 km en 9h00

J'entre dans le grand gymnase de Soucieu avec la ferme intension de ne pas y rester longtemps. Si on se laisse happer par le confort de l'endroit, c'est dur d'en ressortir. Je vais donc faire remplir mes bidons de thé (au diable la poudre, vive le thé chaud !), mon gobelet de soupe, et en moins de 5 minutes me voilà dehors. Parfait, bien géré, une fois la soupe avalée yaka relancer... mais mes jambes ne veulent plus. Je trottine mais c'est dur. Impossible de retrouver le rythme que j'avais juste avant en arrivant à Soucieu, moi qui avait pourtant tout fait pour éviter de le casser au ravito je suis un peu déçu. Tant pis, je me contenterai de ce trottinage, l'important étant de ne pas en être réduit à marcher, car la section jusqu'à Chaponost est ultra roulante, encore plus que les années précédentes.

Ca roule après Soucieu !

Il y a bien une ou deux mini-côtes, un chemin sympa vers Messimy, mais le reste ce n'est que du plat et du bitume jusqu'à l'entrée de Chaponost où, à l'approche du nouveau gymnase, on croise les coureurs qui sortent du ravito. Je me dis qu'on en a pour quelques dizaines de mètres comme ça avant d'y arriver, mais non, ça dure presque un kilomètre cette histoire d'aller-retour jusqu'au gymnase !

A droite on croise les coureurs en sens inverse, je préfère regarder le paysage à gauche...

Au petit trot j'arrive donc au ravito de Chaponost à 8h45, après 9h00 de course.


Chaponost - Lyon : 78 km en 10h34

A ce stade je me doute bien que j'aurai du mal à finir en moins de 10h30, mais pas question de trainer là, je bois un bon coup d'eau gazeuse, et je repars en 2 minutes, au trot, pas très rapide mais constant, dans les rues de Chaponost.

C'est un peu une purge cette traversée de Chaponost et je suis bien content de retrouver le parcours traditionnel à la sortie du parc du Boulard. 

Accrobranche
Beaunant et Montray
A partir de là c'est donc du classique globalement descendant. J'aimerais pouvoir aller plus vite car il me tarde d'arriver mais je me sens quand même assez bien pour une fin de course. Bien sûr la côte de Montray pique bien les jambes, bien sûr je suis incapable de courir dans le mur de sortie de l'accrobranche, et je sais que je mettrai un peu plus de 10h30 pour finir, mais peu importe, j'arrive à Lyon et ça suffit à mon bonheur !

 

Dernier kilomètre, je franchis le pont Raymond Barre avec Paulo venu m'encourager, le tour dans le parc de Gerland est un peu plus long qu'avant, et au bout, il y a la Halle Tony Garnier, et la ligne d'arrivée, km 78, 10h34 de course, je lève les bras sous l'arche !!


Le temps de me changer (et ça en a pris du temps), Thierry est arrivé et nous allons refaire la course ensemble autour des mythiques nouilles chinoises "al dente" du repas final.

Les Evadict TR2 ont bien fait le boulot

Compte tenu des conditions je suis assez content de ma course. Je finis bien rincé mais en bon état quand-même, avec la satisfaction de m'être bien battu et d'avoir eu une belle progression dans le classement (voir tableau ci-dessous), qui s'explique sans doute par des arrêts brefs aux ravitos et par ma capacité à courir jusqu'au bout.


Maintenant place aux vacances et à la préparation de la saison prochaine, qui, on l'espère tous, ne sera pas trop perturbée par les annulations sanitaires.