dimanche 4 décembre 2016

La SaintéLyon 2016, 7000 givrés sous les étoiles




Les photos - le film


Fin 2014, après ma première SaintéLyon, je m'étais dit que je ne la referai qu'en 2016. Donc dès l'ouverture des inscriptions, je ne me suis pas posé de questions et me suis inscrit immédiatement, dans l'optique de mesurer ma progression en deux ans. L'idée c'est que j'ai forcément progressé, donc sans forcer je dois naturellement pouvoir faire moins de 10h. Après tout dépendra des nouveautés du parcours et surtout des conditions climatiques.

Côté nouveautés, je trouve le parcours encore plus sympa qu'en 2014 et peut-être un petit peu plus difficile sur le papier. Côté météo, à deux semaines du départ les prévisions sont stables et tout indique que les conditions seront favorables et très comparables à 2014.

Tout ça me va très bien. Les recos du parcours et mes sorties variées depuis le marathon de Lyon m'ont fait du bien (sauf la dernière longue qui m'a bien fatigué mais dont je me suis bien remis). Je suis donc très serein. J'en suis même étonné. Je ne ressens pas de pression, je suis confiant sur ma capacité de finir cette course et je continue de me dire que naturellement je réussirai mon objectif de moins de 10h (en fait j'ai bien envie de mettre moins de 9h30 !). C'est à partir du lundi précédant la course qu'une grande impatience est montée en moi. Par de mauvaise pression, juste vriament envie d'y être ! Une nuit j'ai même rêvé que je faisais la SaintéLyon...


L'avant course

Le dernier repas du condamné

Pour la gestion du sommeil, même tactique qu'en 2014 : se coucher très tard le vendredi (enfin le samedi matin en fait), pour se lever à 15h le samedi, ce qui évite d'avoir à faire une sieste dans l'après-midi.


Ca tombe bien, il y a la soirée du CE de ma boîte le vendredi soir. J'ai donc géré plutôt raisonnablement ma consommation de vin, et ai fait l'impasse sur l'after en boîte. J'ai fini tranquillement la soirée devant la TV, et me suis couché à 3h00.


Le samedi, levé à 15h00 comme prévu. Je finis de préparer mes affaires et le temps ne passe plus, l'attente est longue avant d'aller prendre le train (que j'ai préféré aux navettes de l'organisation).

A 19h47, dans le TGV, bonne surprise, à croire que la SNCF a regroupé les Kikourous exprès, je me retrouve assis entre Jean-Claude et Benoit !



A 20h00 nous arrivons au Flore, réservé par Kikourou pour l'occasion, où nous retrouvons les copains, et de bonnes pâtes. Rigoler, manger, mettre des visages sur des pseudos, féliciter les héros de la 180 à la moitié de leur défi, voir Jean-Michel Touron engloutir des montagnes de pâtes, rigoler encore... ça se passe comme ça un avant STL au Flore.

A 22h00 il est temps de se bouger un peu et de se changer. Tout le monde se met en tenue de combat.

Les Kikous d'attaque !


A 23h00 on pose les sacs à la consigne et on se place sur l'avenue de départ, où il y a déjà beaucoup de monde pour se tenir chaud par -1°C. Les départs se feront par vagues à partir de 23h40. Là on sait déjà qu'on ne sera pas dans la première vague. En fait on sera dans la troisième qui part à l'heure traditionnelle de minuit !




Saint-Etienne - Saint-Christo (à 1h50) : 15,6 km - 495 mD+ en 1h50


Sur les 7 premiers kilomètres il faut partir doucement sur les larges et longues lignes droites jusqu'à Sorbiers. Je me calle donc à un peu moins de 11 km/h, ce qui est raisonnable, mais quand même pas aussi lent qu'en 2014 où j'avais peut-être un peu trop assuré.

Quelques nouveautés nous attendent entre Sorbiers et le col de la Gachet avec un peu plus de sentiers et de dénivelé, mais finalement tout se passe bien, sans bouchon ni trop de difficulté, sur un sol plutôt sec.

Au col de la Gachet, grosse ambiance, belle vue sur l'église de Saint-Christo et je commence à prendre mon rythme en essayant de ne pas trop me laisser aspirer par le peloton, sachant que je suis déjà bien en avance sur mes temps de 2014.

Saint-Christo

Quelques petites bosses plus loin, voici le ravito de Saint-Christo. Comme prévu je ne m'arrête pas. J'ai prévu assez de boisson pour aller directement à Sainte-Catherine.


Saint-Christo - Sainte-Catherine (à 3h29) : 12,6 km - 309 mD+ en 1h39


Je trouve que c'est à partir de là que commence vraiment l'aventure nocturne. Il ne semble plus rien exister autour du serpent lumineux qui nous porte. Je me retourne de temps en temps pour l'admirer justement. C'est impressionnant. Et une fois je vais même m'arrêter quelques dizaines de secondes, couper ma frontale, et contempler les frontales, et surtout les étoiles. On a un ciel superbe.

Farandole sur les crêtes

C'est pas tout ça mais il faut continuer, sur les crêtes où il fait toujours un peu frais, mais là ça va, je suis bien habillé (un première couche technique Craft, une deuxième couche Cimalp Warmit, une troisième couche Cimalp Storm), par contre une légère lassitude semble me gagner. La fatigue s'installe dans les jambes, dans le dos, un peu dans la tête aussi. Du coup je mets la musique une bonne demi-heure histoire de me relancer mentalement.

Puis arrive enfin la descente vers le ravito de Sainte-Catherine où la pause, bien que brève, va me faire du bien. Déjà je bois une soupe plutôt tiède, mais qui change quand même de l'eau trop froide de mes bidons. Un peu de Pepsi, une tartelette, et quelques quartiers de clémentine qui font un bien fou. Remplissage des bidons qui n'étaient pas loin d'être vides, je remets de la poudre dans l'un d'eux, et je repars avec un peu de pain d'épice en poche. Par ce froid il ne faut clairement pas traîner au ravito. Et là, même en repartant vite, je vais passer dix bonnes minutes à me geler les doigts avant que tout le corps se réchauffe de nouveau.


Sainte-Catherine - Saint-Genoux (à 5h14) : 11,2 km - 337 mD+ en 1h45


C'est parti pour quelques kilomètres légèrement vallonnés, plutôt roulants, et un peu givrés, avec de meilleures sensations qu'avant le ravito. En plus à partir de là je connais bien le parcours. Et je sais donc qu'on arrive très vite sur la courte mais intense descente du Bois d'Arfeuille. C'est caillouteux, c'est boueux, comme prévu, et je suis toujours très à l'aise là-dedans, sauf que j'ai un peu de mal à doubler, donc j'y vais tranquille, en gagnant quelques places quand même. Et là, le troupeau est à l'arrêt. Une énorme flaque barre le chemin qu'on contourne donc un par un en tâchant de ne pas glisser. L'affaire prends quelques minutes mais pas trop (sinon j'aurai fini par couper droit dans l'eau moi !) et juste après on attaque la grosse nouveauté, la grosse difficulté : la montée du Rampeau et ses 180 mD+ pour 750 m de long avec quelques passages à 30%. Ca pique un peu par où ça passe, mais justement, ça passe. Heureusement le terrain n'est pas glissant, et dans une grande lenteur, un pas après l'autre je me hisse en haut de ce mur en moins d'un quart d'heure.

On est alors au point culminant du parcours, avec la vue en face sur Saint-André-la-Côte et à droite sur les lumières de la vallée du Rhône... pendant ce temps mes jambes relancent au petit trot.

Arrive alors la "sympathique" descente du Bois des Marches. L'un de mes passages préférés avec de la boue bien mouillée, des cailloux, des dépassements contrôlés, bref ça m'amuse ! Jusqu'à ce que le chemin devienne beaucoup plus civilisé et roulant jusqu'au petit ravito de Saint-Genou.

Cette année, l'orga (excellente au demeurant) avait prévu ici un ravitaillement uniquement liquide. J'y fait un très bref arrêt pour boire un peu de thé, en mettre un peu dans les bidons trop froids, et je repars avec un bout de banane dans la bouche... oui, il n'y avait pas que du liquide finalement.


Saint-Genoux - Soucieu (à 6h58) : 12,8 km - 308 mD+ en 1h48


Place maintenant au fameux enchaînement des montées et descentes dans les bois : Bois de Pindolay, Bois de la Gorge, Bois de la Dame, Bois de Bouchat. Et ça, ça use ! Je sens bien la fatigue physique, j'ai même l'impression d'avoir le ventre un peu bloqué (finalement c'est le haut des abdos qui fatiguait), et je commence à devoir me retenir dans les descentes car ça tape bien dans les jambes, surtout sur les chemins givrés, aussi durs que du bitume.

Déjà dans le Bois de Pindolay je ressentais le besoin de m'évader en tapotant ce message sur Facebook : "40 e km pas facile mais ça gère". Puis la très longue remontée du Bois de la Dame a achevé les quelques bonnes sensations qui pouvaient me rester. Il me tarde alors d'arriver à Soucieu, et j'ai vraiment envie de voir le soleil se lever, mais je sais que je dois encore patienter un bon moment pour ça, alors j'avance, et dès que ça ne grimpe plus, je relance.

Pas bien frais à Soucieu

A la sortie du Bois de Bouchat, je sais que les kilomètres très roulants jusqu'à Soucieu peuvent être longs, donc je débranche, je trottine encore bien, et finalement j'arrive assez vite au ravito tant attendu.


Je erre quelques instants le temps de reprendre mes esprits (en prenant la photo ci-dessus), et je file vers le thé et la soupe (en piquant un peu de saucisson et de fromage au passage).





Soucieu - Chaponost (à 8h11) : 8,8 km - 102 mD+ en 1h13


Je crois être resté 7 ou 8 minutes à Soucieu, mon plus long arrêt, mais ça va, je n'ai pas l'impression d'avoir gaspillé du temps, et j'en repars avec des bidons bien tièdes, complétés avec du thé.

Malgré les bienfaits de cette pause, je suis bien atteint mais heureusement assez lucide pour bien gérer les portions de route légèrement verglacées en sortant de Soucieu.

Par contre je redoute un peu l'enchaînement Furon-Garon surtout si c'est très boueux. Heureusement pour moi, un petit glissement de terrain ayant eu lieu le matin le long du Garon a contraint les organisateurs à nous faire prendre la gentille petite descente qui va droit sur la passerelle du Garon, directement. On coupe donc le parcours initial d'un bon kilomètre et de 50 mD+. Moi ça me va.
Le long du Garon je profite des premières lueurs du jour sur les prés givrés.



La seule difficulté qui me sépare de Chaponost est donc le raide chemin des Lapins. Comme toujours, je suis lent, mais ça passe bien, et je peux relancer en haut et je déroule gentiment, à l'aube, en direction du ravito de Chaponost.

J'y fait un très bref arrêt le temps d'un café.


Chaponost - Lyon (à 9h38) : 10,9 km - 226 mD+ en 1h27


Le jour se lève, il n'y a plus qu'à finir le travail sur un parcours que je connais par coeur jusqu'à Lyon. J'ai vite calculé que le sub-9h30 n'était pas jouable, et j'y vais donc sans pression, en courant toujours quand je le peux, mais sans me faire plus violence que ça. Je profite du superbe levé de soleil sur les plantations de sapins de Noël givrés, et aussi des encouragements de Christian... que je croise alors qu'il rentre chez lui en voiture après avoir bouclé la course en 7h20 (!!).



Ca fait maintenant longtemps que je n'ai plus de très bonnes sensations, que j'ai du mal à accélérer en descente, mais je continue de pouvoir trottiner, les côtes de Montray et du Parc Aventure ne me font pas si mal que ça, j'arrive encore à relancer, je pense même que tout compte fait, je vais finir moins fracassé qu'il y a deux ans.

A Sainte-Foy je suis toutefois trop cuit pour pouvoir prendre le rythme d'un Bernard incroyable qui fini la 180 sur les chapeaux de roue, je le laisse filer.

Juste pour rigoler, je tente la descente des marches du Grapillon deux par deux... enfin je le tente une fois, et je me rend compte que ça tape beaucoup trop, alors je descends ça normalement, comme des escaliers normaux, et ça va bien.

Je longe la Saône, je fonce (tant que peut se faire) sur le pont Raymond Barre, j'entre dans la Halle, je lève les bras, je suis content... j'ai franchi l'arche d'arrivée en 9h37'58" et c'est génial !

Content ! 

Je suis très satisfait par mon temps, même si je fais plus de 9h30, car j'ai beaucoup couru , dès que c'était possible, je n'ai donc rien lâché, et j'ai passé très peu de temps aux ravitos. Je ne pense pas que j'aurais pu faire mieux, et ça, ça me plait.

A l'arrivée je passe une vingtaine de minutes à discuter avec Laurent, Patrice et Patricia, ça fait plaisir de les voir. Puis arrive l'incroyable Jean-Mi qui boucle ça monumentale saison par une belle 180... en t-shirt !

Il est top Jean-Mi !

Puis je vais chercher mon t-shirt finisher, je me change, et il est temps de rentrer me doucher avant d'attaquer immédiatement la récup avec un gros brunch entre amis !!





Et voila une saison 2016 bien terminée.




mardi 29 novembre 2016

Cinq jours avant une longue nuit


En effet, samedi soir c'est le dernier gros morceau de l'année : la SaintéLyon !


Comme je suis de plus en plus impatient d'y être, pour la deuxième fois après 2014, je vais me calmer un peu en vous racontant vite fait ce qu'il s'est passé ces deux derniers mois depuis mon super marathon de début octobre au Run In Lyon.


Dès le lendemain, tout en savourant encore ma jolie prestation du week-end, je commençais déjà ma prépa SaintéLyon... par une phase de récupération bien sûr. Après deux mois intensifs consacrés au marathon il faut impérativement laisser reposer la machine. J'avais donc prévu de ne pas m'entraîner pendant deux semaines, voire de faire un ou deux petits footings mais sans plus. Je m'y suis presque tenu, en ne casant que deux petites sorties légèrement vallonnées (histoire de rappeler à mes jambes ce que c'est qu'une bosse) sur dix jours.


Mais dès le 14 octobre, le couvert était mis pour attaquer directement les choses sérieuses avec la reco du Lyon Urban Trail by Night organisée par le LUR. C'est toujours un bon moment de convivialité et de bonne humeur avec les copains et des dizaines de coureurs venus de tous les coins de Lyon, même si cette année, la météo en a refroidi plus d'un. En tout cas, pour me remettre à faire du dénivelé, c'était plutôt radical, mais ça s'est bien passé.

Fourvière by night



Autant le dire tout de suite, pour préparer la SaintéLyon, je ne me suis pas fixé de plan strict à suivre comme pour le marathon. Justement parce que c'est dur d'être aussi assidu sur un nouveau plan, à peine celui du marathon terminé. Et puis dans les grandes lignes, j'estime que j'ai bien travaillé le foncier toute l'année et ces deux derniers mois, et que j'ai juste à focaliser mes sorties sur la reprise du dénivelé (avec quelques fractionnés en côtes) et sur la variation des terrains. En casant en plus quelques bonnes sorties longues et en prévoyant assez de récupération, ça me semble parfait sur le papier.


Et quoi de mieux comme sortie longue que l'une des traditionnelles et immanquables reco Soucieu-Lyon en Off-car Kikourou, le 19 octobre ?
Le principe est simple : le mercredi soir, on se retrouve à Gerland pour prendre le Métro puis le car du Rhône qui nous pose à Soucieu avant 20h pour rentrer à Lyon (où l'after nous attend...) par le tracé de la SaintéSprint (les 21 derniers km de la SaintéLyon).

La trace - les photos - le film

Les Monts du Lyonnais à la tombée de la nuit

Beaunant

Bords de Saône

Sur le pont Raymond Barre

After de rigueur




Quelques sorties d'entraînement, finalement assez classique, plus tard, je profite d'une belle fin d'après-midi pour utiliser aux mieux les reliefs lyonnais en mode sortie longue de retour du boulot.

La trace - les photos

Rhônefie au parc de Gerland

L'église de Sainte-Foy-lès-Lyon

La vue depuis Sainte-Foy

Le Vieux Lyon

Montée des Chazeaux

Couché de soleil dans la tour Incity



Elle n'est pas si innocente que ça en fait cette sortie longue un vendredi soir... j'ai en réalité un plan maléfique de petit week-end choc à ma sauce, en participant dès le lendemain à la Solaiz'Hard by night ! Et le pire c'est que je comptais ensuite rentrer chez moi en courant... mais j'ai tellement làché de forces sur le parcours tout en relances de la Solaiz'Hard, que finalement, je me suis fait déposer à Lyon en voiture par Jérôme.


La trace de la Solaiz'Hard - les photos



Avec Jérôme avant le départ




























En fait cette prépa SaintéLyon est surtout pour moi l'occasion de me faire plaisir, en retrouvant la liberté de faire de jolies sorties au feeling, plutôt absentes du précédent plan marathon. C'est ainsi que par un beau mardi de Toussaint, je décidais de retrouver Marie-Laure à son travail... à Montanay. Une petite vingtaine de kilomètres vallonnés qui se termine par un superbe couché de soleil sur les Monts d'Or, y a pire.

La trace - les photos

Part-Dieu - Villette

Le Rhône

La voie verte de Caluire

Sathonay-Camp

Jeux d'ombres dans les champs

Vue sur les Monts d'Or

Mon petit poney

Couché de soleil sur les Monts d'Or

Embrasement des Monts d'Or




Ce que j'aime bien faire pour préparer une grande course, c'est placer la sortie la plus longue trois semaines avant l'échéance. Et là, on n'a pas fait dans la demie-mesure, puisqu'en guise de sortie longue, on s'est tout simplement offert une reco SaintExpress intégrale (45 km depuis Sainte-Catherine) en mode off Kikourou, avec ravito à Soucieu. Quelle belle journée !!

La trace - les photos - le film

Kikous dans la brume

En balcon avant le bois d'Arfeuille

La nouvelle côte du Rampeau

Cimetière de Saint-André-la-Côte

Saint-André-la-Côte

Coupons à travers champs

Ravito à Soucieu

Rémi franchit le Furon comme un pro !

Le Garon



Depuis j'ai un peu réduit les charges, j'ai fait une dernière sortie longue de 25 km sur Sainte-Foy le 20 novembre, qui m'a laissé très fatigué, et maintenant je me repose et je "fais du jus" avec quelques footings ludiques.



Vivement samedi, en plus la météo s'annonce clémente...



A bientôt !










dimanche 2 octobre 2016

Run In Lyon 2016, mon premier marathon


Les photos

Pour ma sixième participation au Run In Lyon (les cinq premières ici), cette année c'est décidé, fin avril j'ai cliqué sur l'inscription au Marathon !

Et qui dit marathon, dit préparation, bitume, plat, quais... le rêve quoi !


Le Plan


En premier lieu il faut choisir un plan. Généralement je suis adepte des plans faits maison en fonction de mes lectures sur le sujet et de mes sensations. Mais cette fois j'ai trouvé plus opportun de partir sur un plan tout fait, et sans chercher trop loin, j'ai choisi celui qui est proposé sur le site du Run In Lyon, établi par Olivier Gaillard.
Ce plan étant prévu sur 10 semaines, il m'a tout de même fallu l'adapter. Ayant prévu deux semaines de récupération après la 6000D (car je pensais finir la course...), je ne pouvais commencer l'entraînement qu'à la mi-août. J'ai donc "compressé" les premières semaines pour partir sur un plan en 7 semaines.

Pour adapter les allures, il faut aussi se fixer un objectif. Pas simple pour un premier marathon. En premier lieu, psychologiquement, je ne veut pas mettre plus de 4h00. Voilà donc un premier objectif. Et pour le challenge, j'espère pouvoir le faire en 3h50. J'adopte donc le plan 3h45 avec quatre sorties par semaine proposé ci-dessus.

Fin juillet mes choix sont faits, je programme chaque séance dans ma Garmin et je case le tout sur le calendrier de cette façon :
- Mardi : VMA
- Mercredi : endurance fondamentale
- Vendredi : seuil et travail d'allure
- Dimanche : sortie longue

Tout est figé, la rigueur est en marche !


Sept semaines de préparathon


Même si je n'ai pas terminé la 6000D fin juillet, je reste quand même sur l'idée initiale de ne commencer le plan marathon qu'à la mi-août. Je profite alors des deux premières semaines du mois pour tester mes allures et me rendre compte qu'il y a du travail à faire pour tenir l'allure cible de 5'25/km. Je prépare aussi mes parcours d'entraînement qui vont me permettre de reconnaître plusieurs fois des parties du parcours du marathon, notamment le dernier tiers qu'il me sera très utile de bien connaître le jour J.

Le 7 août je ne résiste pas à une dernière sortie trail dans les Monts d'Or (photos), pour le plaisir, car ensuite il ne sera plus question de se faire plaisir dans la nature... quelle bêtise de préparer un marathon, me dis-je !

Depuis le Mont Thou, vue imprenable sur mon futur terrain d'entrainement : Lyon

Mes séances sur Strava
Et bien tant pis pour les envies de nature et pour le bel été indien, je me lance dans les séances du plan sans réfléchir, discipliné. Et il ne vaut mieux pas trop réfléchir, car quand j'ai lu le plan je me suis dit que je n'arriverais jamais à le suivre, moi qui n'ai jamais enchaîné autant de séances de qualité et autant de fractions dans les fractionnés, ça fait un peu peur !

Et finalement je n'ai jamais aussi bien suivi un plan, je me suis étonné moi-même sur ce coup là. Il y a juste quelques fractionnés du mardi que j'ai un peu raccourcis à cause de la chaleur, vraiment trop forte jusqu'à la mi-septembre (régulièrement plus de 30°C). Pour le reste, j'ai tout bien fait, j'ai bien suivi les allures cibles, même si au début j'avais un peu du mal. Mais après environ trois semaines de plan, ça a commencé à se débloquer, j'ai retrouvé plus d'aisance aux allures cibles, le diesel a commencé à se débloquer !

Les trois dernières semaines ont été carrément encourageantes. La chaleur a disparu et avec des conditions presque idéales tout est devenu plus facile. Une FC maîtrisée et une belle aisance sur les allures. A partir de là, ma seule crainte en vue du marathon était de me sentir trop bien et d'aller trop vite pour tenir la distance. Et justement, sur la plus grosse sortie longue du plan (27,8 km en 2h30), trois semaines avant le jour J, je me sentais tellement bien sur du 5'10/km (au lieu de l'allure cible de 5'25) que je n'ai pas ralenti. J'étais à l'aise jusqu'au semi, mais après c'est devenu beaucoup plus dur de tenir le rythme. Là j'ai pris conscience de deux choses : je suis sur de très bonnes bases pour faire un beau marathon, mais je ne dois surtout pas partir trop vite.

Ajoutez à ça une bonne connaissance des deux derniers tiers du parcours grâce à mes sorties longues sur les quais, du Parc de la Tête d'Or au Parc de Gerland et à Confluence.
A une dizaine de jours de l'objectif, il ne me reste plus qu'à faire du jus tranquillement, et peut-être à éviter de faire une sortie trail + gros after une semaine avant... ah ben non en fait, ça je l'ai fait ! (photos).


Voici quelques photos prises lors de ma sortie du 21 août sur le parcours du marathon :

La piscine du Rhône

Le cube vert de Confluence

La "marina" de Confluence

La Saône

La place Bellecour


Pour finir, hormis quelques petites sorties light, la dernière semaine était surtout axée sur les réflexions en terme de stratégie de course et de ravitaillement. Et ce ne fut pas simple car nous apprenions que pour des raisons de sécurité les sacs à dos seraient interdits, et les ceintures porte-bidon aussi ! Il allait falloir m'adapter, moi qui voulais pouvoir boire de la boisson énergétique toutes les cinq ou dix minutes. Heureusement, les ceintures ont finalement été acceptées.



Le 2 octobre 2016 : devenir un marathonien



Levé à 6h15 pour un petit déjeuner léger, comme d'habitude. Je garnis les poches du short et de la ceinture avec juste le nécessaire : 1 bidon plein de boisson énergétique, 1 barre, 2 gels, 1 sachet de poudre (boisson énergétique hein, pas coke !), téléphone, carte d'identité, CB, clés, mouchoirs et un sac plastique pour transporter tout ça après la course, puisqu'on prévoit d'aller manger un bout en ville. Je ne prends pas de t-shirt de rechange, pas besoin, j'aurais un t-shirt de finisher... donc je suis obligé de finir, et puis c'est tout.


Je retrouve Claire en bas de chez moi à 7h40 et, un métro plus loin, nous voici au rendez-vous Kikourou-de-dessous-la-queue-du-cheval-de-Louis-XIV à Bellecour. Le temps de se saluer et chacun va rejoindre son sas. Pour Claire, Rémy, Sébastien et moi ça sera le sas violet.

Kikouroufie avec Rémy et Sébastien

8h50, top départ ! Bonne chance aux copains, musique sur les oreilles, et me voici de suite dans le rythme et dans ma bulle de gestion d'allure. Ca part bien... Tiens, salut Jérôme (en embuscade à la sortie d'une trémie). On remonte la Saône et le premier ravito arrive très vite (il y en a un tous les 5 km). Comme prévu je complète mon ravito perso par de l'eau aux ravitos de l'organisation, donc je marche quelques secondes le temps d'avaler quelques gorgées et de prendre deux abricots secs, et ça repart, tranquillement sur le bon rythme (voire un poil plus vite, mais vraiment un poil).

A l'approche du 10e km j'ai comme l'impression que les cuisses fatiguent un tout petit peu. C'est un peu tôt tout de même, me dis-je. N'y pensons plus, ça va forcément passer, et buvons un coup, c'est ça qui est important. Je mange aussi la moitié de ma barre juste avant le ravito du 10e, car avec mes habitudes de petit déj trop léger, je risque d'avoir vite faim. J'en profite pour préciser que je prends toujours les barres et/ou gels juste avant les ravitos, histoire de pouvoir de suite y mettre une bonne couche d'eau dessus afin de faciliter la digestion.

A l'heure de course on redescend la Saône, le rythme est toujours bon, et mes cuisses ne vont ni mieux ni moins bien, en fait elles vont plutôt bien, juste une question de sensations. Un petit gel avant le ravito du 15e, puis on s'engouffre dans le tunnel modes doux de la Croix-Rousse pour 1,7 km sous terre, sans signal GPS, donc sans indication de vitesse. J'avance au feeling, comme sur des rails, régulier, la FC calée sur 139 ne bouge pas d'un poil, mon random-MP3 choisit un excellent morceau d'Apocalyptica, je me sens super bien. Moi qui n'ai jamais aimé ce tunnel, là c'est tout le contraire, je glisse dedans, c'est génial, ma course est vraiment lancée !

Retour sur Terre à la sortie du tunnel, la FC monte un peu, mais rien d'alarmant, c'est la dérive normale qui commence et j'ai encore bien de la marge. Je suis à l'aise et je mange ma deuxième moitié de barre avant le ravito du 20e. On entre alors dans la zone Cité Internationale-Parc de la Tête d'Or. Je suis maintenant en terrain connu, parcouru à l'entraînement, et je me sens de mieux en mieux. Au semi je suis pile dans les temps prévus, en 1h54'30, avec un moral au top, et tout content d'avoir vu Jérôme pour la deuxième fois, en supporter itinérant à vélo.

                
                  Parc de la Tête d'Or by Jérôme
Sortie de la Tête d'Or by David


Petit bilan des objectifs à mi-parcours :
- Finir en moins de 4h00 : sauf catastrophe ça va le faire.
- Finir en 3h50 : pour l'instant je suis dans le timing, en espérant ne pas être parti trop vite.
- Faire un négative-split : ça ne sera pas facile de faire moins d'1h54 sur le deuxième semi, quand même, soyons raisonnable.
Oui mais... je me sens trop bien pour ne pas accélérer un peu, un tout petit peu, allez, soyons fou ! (mais pas trop, faut pas se crâmer, ni manquer de faire coucou à David à la sortie du Parc)

A part sur le 26e où j'ai profité du ravito pour refaire le plein du bidon (eau + poudre), j'enchaîne les kilomètres entre 5'15 et 5'05. Les quais du Rhône sont avalés comme si de rien n'était, je respire bien, coucou Alan en passant, et me voici déjà aux abords du Parc de Gerland face au panneau du 30e km indiquant "Vous venez de vous prendre le mur du 30e"... même pas mal ! Un gel, de l'eau, et ça repart !

On tourne un peu dans Gerland, la FC est maintenant bien montée (dans les 155), les ischios et les fessiers commencent à bien se raidir, mais pas de quoi me ralentir. On entre dans la dernière heure de course, il va maintenant falloir s'accrocher et gérer la douleur, mais franchement, jusque là, je m'attendais à pire, et ça me donne le moral. 35e km, je ne veux plus m'arrêter aux ravitos (enfin marchotter, parce que je ne me suis jamais vraiment arrêté) et je choppe une bouteille au vol avant de traverser le Stade de Gerland et d'avoir une pensée émue pour mon Sainté Trail Urbain de novembre dernier où je n'avais pas pu traverser le Stade Geoffroy Guichard, c'était trop injuste !
En attendant, je ne peux plus accélérer, mais surtout, je ne ralentis pas, c'est dingue ! Je double de plus en plus de coureurs condamnés à être des marcheurs. La côtelette tant redoutée du pont Raymond Barre ne me fait même pas mal, je vole ! (mon 3e meilleur temps sur ce segment Strava en passant...)

Je compte les zones comme les tableaux d'un jeu vidéo... Gerland c'est fait, il ne reste plus que le tableau de Confluence, le dernier, et sûrement le plus dur mentalement quand on ne le connait pas bien, car on part plein sud avant de devoir remonter tous les quais de Saône, où... Jérôme est là sur son vélo ! Faute de soulager mes jambes de plus en plus endolories, ça me donne encore plus de gnaque pour le final (je devais être à 110% de gnaque là à peu près).

Plus de trois kilomètres de quais de Saône, euh non, deux... une tape dans le dos de Sébastien que je double, mais je ne peux plus ralentir, je suis lancé comme un autobus, dernier kilomètre ! Mon cerveau lofoforisé a oublié mes jambes, je ne les sens plus, elles sont libres et accélèrent toutes seules ! Mes yeux scrutent les coureurs du 10 km qui s'élancent juste à côté, mon esprit glisse ailleurs (je n'ai pas le temps, toussa toussa...) mes jambes accélèrent encore, virage à droite et c'est énorme ! 3h43'26 ! A l'instant de franchir la ligne, au sprint, je suis au moins champion du Monde tellement c'est fort !!


Bref, médaille autour du cou et t-shirt finisher sous le bras, je suis content et j'ai bien mérité un burger et une bière au Ninkasi...


Y a pas du negative-split là ?   :-)