samedi 25 mai 2019

Le Grand Raid 73, grand et raide !


Le 25 mai 2019, le village Savoyard de Cruet vibrait au rythme du Grand Raid 73...

... et moi aussi !


Les photos - le film - la trace


Le contexte :


Ce premier semestre 2019 est axé sur la préparation de l’UTB. En plus de l’entrainement habituel il me faut de la montagne, car l’an dernier sur la MH j’ai bien senti ce que ça donnait d’avoir des lacunes de ce côté. Le Grand Raid 73 fin mai tombe bien, en plus ce n’est pas trop loin de Lyon, et plein de kikoureurs vont y aller. Parfait, je signe !

Depuis le début d’année l’entrainement se passe bien. Un peu plus léger que prévu au début, mais bien rassuré par le Trail des Piqueurs, et bien lancé pour un mois d’avril copieux avec beaucoup de qualité, jusqu’à début mai où je veux me faire une sortie test, tout seul pour régler mon rythme et mon matos. C’est ainsi que le 8 mai je me suis fait une jolie balade de 51 km / 2700 mD+ dans le Pilat. Tout s’est bien passé, la confiance est là. Même si le GR73 est sur le papier plus dur que mes courses objectifs des années précédentes, je me sens prêt, yapluka !


La stratégie :


Ce GR73 est un gros morceau mais ça reste une course de préparation. Je ne viens donc clairement pas dans l’idée de faire une perf. J’aborde cette épreuve en mode "ultra", avec tout le matos dans le sac (pantalon de pluie, frontale de rechange, etc… et aussi le troisième bidon, d’un litre, étant donné que les ravitos sont assez espacés).

Je me suis fait un roadbook au feeling. Si tout se passe bien je vise 15h30 pour finir, en tenant compte des temps prévus sur les ravitos :
10 minutes à La Thuile
5 minutes à Côtes Gueulet
20 minutes aux Aillons
10 minutes au Mont Pelat
5 minutes à Montlambert

Le plan est donc de partir doucement (en mode ultra), de bien me retaper sur les ravitos sans y rester plus longtemps que prévu, et finir la course en bon état physique.


Le bilan :


Oui je passe directement au bilan, parce que j’ai envie, c’est mon récit je fais ce que je veux d’abord ^^
Et bien le bilan est presque (soyons perfectionniste) parfait !

Partir doucement : c’est fait. J’y suis allé cool, et heureusement car ça ne m’a pas empêché d’arriver à La Thuile déjà un peu entamé.

Respecter le roadbook : c’est presque fait. En général je fais mon roadbook au feeling, plus pour prendre des repères avant la course que pour le suivre à la lettre pendant. N’empêche que je commence à bien me connaitre car j’ai vraiment été proche des temps prévus jusqu’au Mont Pelat. Ensuite ça s’est un peu gâté car la fin était beaucoup moins roulante que je ne l’imaginais… je développerai ça plus loin.

Bien gérer les ravitos : c’est fait. J’y ai bien mangé, bien bu, sans trop, et j’ai bien respecté les temps prévus avec un arrêt un tout petit peu plus court sur La Thuile, Côtes Gueulet, Montlambert, et pile le temps prévu sur les Aillons et le Pelat.

Finir en bon état : c’est presque fait. J’ai fini, sans aucune douleur suspecte, en ayant bien géré l’alimentation, donc là c’est parfait. Petit bémol quand même car, même si j’aurais pu continuer quelques bornes s’il l’avait fallu, j’étais bien atteint physiquement à l'arrivée, comme en témoignent les trois jours de bonnes courbatures qui ont suivi.


Mais alors, comment ça s’est passé ? Qu’est-il arrivé ?? Vous allez tout savoir, voici le récit !


On arrive vendredi soir à Cruet avec Madame et on trouve un parking parfait pour poser notre petit camping-car, pas loin du départ, mais suffisamment loin pour ne pas être gênés par la musique. Du coup j’arrive à me coucher tôt et à dormir plus de quatre heures.

Samedi, le réveil sonne à 3h (c’est pas humain !). Je me mets en tenue de combat, je vais chercher mon dossard au départ, je reviens poser le t-shirt-cadeau, je retourne à la salle de Cruet. Il doit être dans les 4h15, j’ai le temps pour un petit dèj sur place avec les Kikous qui arrivent.

On papote gentiment et on va tous se placer dans l’aire de départ à 4h45, tranquillement, pas de stress. Il fait frais mais pas trop et mon choix corsaire + t-shirt + manchettes est bien adapté à la température et à la journée nuageuse qui s’annonce.


Km 0 à 18 : Cruet - La Thuile : de 5h00 à 8h50


Le peloton d’environ 250 traileurs matinaux s’arrache de Cruet dans la nuit finissante pour 3 km d’échauffement à la frontale le long des vignes.

Très vite on commence à monter sérieusement. Ca grimpe bien, pendant 2 km jusqu’au col du Mont (1015 m) mais ce n’est pas trop dur et je prends un rythme prudent, en dedans, comme prévu, pendant que le jour se lève.

Quelques kilomètres rigolos et plutôt montants jusqu’au Montgelas, avec des lapiaz et des panoramas (d’où on peut voir tous les sommets de la course), puis une descente bien sauvage avec même un petit passage de corde. Cette partie du parcours est assez fun, pourtant je ne la vis pas super bien. Sur le moment je trouve que c’est un peu long et trop fatiguant pour un début de course que je voulais faire tranquillement et surtout je suis d’une maladresse absolue, à trébucher dans tout ce qui traine, et à ralentir beaucoup dans la descente technique vers Neucuidet. Je crois que je n’étais pas encore bien réveillé.

Au 15e km à Neucuidet, donc, le parcours devient plus docile (bien que montant de nouveau) et j’essaye de me remettre dans le bon sens. Un peu de rythme sur les bâtons, puis la redescente sur La Thuile, ça passe mieux, et à 8h50, après 18 km, voici enfin le ravito de La Thuile. Pile à l’heure prévue sur mon roadbook. Je refais le plein d’eau, un peu de grignotage, un bout de pain d’épice dans la poche, le tout en prenant bien le temps de respirer pour repartir du bon pied après presque 10 minutes d’arrêt, comme prévu.


Km 18 à 41 : La Thuile - Les Aillons : de 9h00 à 13h30


Un petit tour au bord du lac de La Thuile, bien agréable, suivi de 6 km légèrement vallonnés pour se remettre dans le bain, et j’arrive à 9h55 au 25e km, à la Rongère, au pied de la première grosse bête du jour : le Pic de la Sauge. Là, quelques coureurs sont en train d’abandonner, je ne les regarde pas trop, dur pour eux mais moi je commence à être bien réveillé maintenant et je me sens d’attaque pour la grosse grimpette, alors feu !

Le Pic de la Sauge se reflète dans le Lac de la Thuile

Plus de 3,5 km et 700 mD+, en plusieurs phases bien pentues avec quelques vagues et brefs replats (rien n’est jamais plat de toute façon dans les Bauges), et un final plutôt raide. J’avance lentement mais sûrement, souvent seul au début, je double ensuite quelques gars, d’autres me rattrapent parfois, dont le surnommé dca, un Kikouroù avec qui nous allons faire des chassés croisés pendant des heures (lui plus rapide en montée, moi plus en descente). Pas grand-chose d’autre à signaler pendant cette heure et quart de montée à part des détails : d’abord comme je suis souvent seul, j’ai sorti le MP3 que je vais garder sur les oreilles jusqu’au Mont Pelat (plus ou moins), ensuite j’ai fini par me rendre compte que j’avais encore ma frontale sur la tête…

Au sommet, marqué par un bénévole et un feu de bois (les autres sommets étant marqués par des croix…), on bascule dans une brève portion descendante. C’est un joli coin et pendant que la pente s’inverse pour de nouveau monter, on peut apercevoir la Galoppaz droit devant. Une belle pointe qu’il va nous falloir gravir et redescendre, droit dans la pente ! Heureusement que j’avais déjà vu une photo de cet endroit et que je sais que l’ascension n’est pas très longue, car vu d’ici, si on n’est pas prévenu, elle peut faire vachement peur la Galopp’ ! Du coup moi aussi je vous partage une photo :

La Pointe de la Galoppaz se dresse devant moi !

Allez, on ressort les bâtons (qui ne resteront jamais rangés bien longtemps sur cette course) et on y va, toujours lentement mais sûrement. La montée n’est pas si dure que ça et les paysages sont très sympa, surtout sur la crête quand on voit le Pic de la Sauge d’un côté (le passé), et le Colombier de l’autre (l’avenir… et là ça calme quand on voit la tronche de l’avenir !). Qu’est-ce que ça doit être beau quand il fait beau !

Au fond à droite, le Mont Colombier semble encore très loin... et très haut aussi !

Sommet de la Galopp'

Sommet de la Gallopaz, 31e km, à 11h50, pile dans les clous du roadbook, un petit coucou aux bénévoles, quelques photos vite fait, et j’enquille la descente bien raide et bien droite, en utilisant les bâtons pour préserver mes quadris, jusqu’au chemin qui repique au nord en pente raisonnable permettant de dérouler gentiment vers le ravito liquide de Côtes Gueulet au 34e km. Il est 12h25, je ne prends que deux minutes pour refaire les niveaux d’eau et je repars au petit trot en direction des Aillons.


Cette liaison de 6 km n’est pas des plus passionnantes, mais elle a au moins l’avantage d’être assez roulante et d’offrir un peu de répit sur une course où j’ai l’impression d’être constamment à l’ouvrage.

Enfin, au bout de la route, après les remontées mécaniques, le ravito des Aillons est atteint à 13h30, avec 5 minutes d’avance sur mon roadbook.

Ravito des Aillons
J’ai prévu de passer 20 minutes ici. C’est le ravito charnière, juste après la mi-course et juste avant le très gros morceau du Colombier. Et puis j’ai faim. Je prends le temps de remplir les bidons, de recharger un peu mon téléphone, de boire de l’eau gazeuse, de manger deux soupes de vermicelles et trois tartines jambon-tome, et de passer quelques minutes sur une chaise. Au passage j’ai mis ma veste de pluie pour ne pas trop me refroidir car il y a un petit vent sournois.


Km 41 à 59 : Les Aillons - Mont Pelat : de 13h50 à 18h10


Après 20 minutes de bon repos aux Aillons je repars tranquillement en finissant de manger puis je trottine un peu tant que c’est possible car dans moins de 2 km on va attaquer une très longue montée de 1100 mD+…

Très vite j’enlève ma veste que j’avais enfilée au ravito. Pas peu fier de moi, j’arrive à l’enlever en marchant sans m’arrêter :). Et donc pendant ce temps-là ça monte. Pas trop raide au début puis petit à petit la difficulté augmente. Moi ça va, comme d’habitude, lentement mais sûrement… mais qu’elle est longue quand même cette montée !

A 15h20, vers le 48e km on débouche sur un alpage sur une zone de replat. Petit répit qui fait du bien. Sauf qu’en regardant l’altimètre puis en levant les yeux, on comprends bien que ça ne va pas durer. En effet il reste encore 500 mD+ avant le sommet.

Chaque chose en son temps, avant le sommet on passe d’abord une première fois au Col de Cochette (1683 m). De là on fera une boucle sur le sommet du Colombier qu’on ne voit même pas complètement, 350 m plus haut. J’arrive donc au col à 15h35, un petit quart d’heure plus tard que prévu, mais je ne m’occupe pas de ça. Un bref échange de mots sympas avec les bénévoles ici présents et j’attaque avec envie (et fatigue aussi) cette montée droit dans la pente, sauvage, jusqu’au sommet du Colombier (2043 m).

Coup d'oeil dans le rétro sur le Col de Cochette

La crête du Colombier
On est tous à deux à l’heure ici. Le vent souffle, je remets ma veste pour ne pas prendre froid. Et je profite, tout en mettant un pied devant l’autre, de la vue depuis la crête du Colombier. Le sommet est tout près, on le voit maintenant, presque dans les nuages, tant pis pour le panorama.
Le sommet du Colombier

A 16h15 le sommet est atteint ! J’adore cette sensation rare pour moi qui ne vais pas souvent en montagne. Je fais quelques photos vite fait, mais comme il ne fait pas beau et qu’il fait frais, ça ne me prend pas bien longtemps, et je plonge dans la descente, à peu près aussi raide que la montée, en m’aidant des bâtons pour soulager mes jambes déjà bien entamées.


Le retour sur le col de Cochette se fait par un chemin assez roulant, tout comme la liaison qui suit en direction des chalets de la Fullie. Enfin un terrain facile où on peut dérouler un peu en petites foulées. Cette relative facilité passe comme une petite récompense après 2h30 de gros efforts.

Les chalets de la Fullie

A la Fullie, km 53, il est 17h00, j’ai toujours mon quart d’heure de retard sur le plan et je ne m’en préoccupe toujours pas. La veste est retournée dans le sac. Je profite de ce point d’eau proposé par l’organisation pour en remettre un peu dans les bidons et je continue en direction du prochain objectif, le ravito du Mont Pelat dans 6 km. Il parait que là-bas c’est l’orgie, le paradis, avec des frites et des diots ! J’en veux !!

Le chemin jusqu’au Pelat est irrégulier. Il alterne des passages assez roulants avec des coups de culs et des petits singles rigolos en forêt. Puis on débouche sur un petit chalet d’alpage avec une vue imprenable à l’est sur la Dent d’Arclusaz (petite pensée pour Laurent ;) ) qui est un peu embrumée, et ça ne va pas s’arranger. En effet alors que j’entame la montée de 200 mD+ sur le Pelat, le ciel noircit à l’ouest. Jusque-là on avait juste eu des petites gouttes par-ci par-là, nickel pour se rafraichir, mais cette fois on va y avoir droit. A moins d’un kilomètre du ravito je dois remettre la veste car l’averse est là pour de bon, et ça mouille !

A 18h10 (10 min de retard sur le roadbook) je me mets à l’abris sous la tente du ravito du Mont Pelat, mais c’est une petite déception : il ne reste que trois frites qui se battent en duel, et il n’y a plus de diots ! Misère, j’ai été trop lent, ils ont tout goinfré avant moi ! Pas grave, je me console avec un bon pilon de poulet grillé et une soupe de vermicelles. L’ambiance est bonne sur ce ravito, les bénévoles sont comme toujours au top, et comme il fait bien moche dehors, personne n’a vraiment envie de repartir.


Km 59 à 73 : Mont Pelat - Cruet : de 18h20 à 20h45


A 18h20 la pluie s’est déjà bien calmée, un bel arc-en-ciel est apparu et il est temps pour moi de partir après les 10 minutes de pause prévues.

Arc-en-ciel sur le Pelat

Petite descente raide mais pas longue, puis ça roule. Je sais que sur le profil il y a quelques petites bosses et qu’il nous reste encore du dénivelé à faire pour arriver aux 4800 prévus, mais je me dis que le plus dur est fait que ça ne va pas être trop dur de finir ces 14 derniers km tranquillement pour arriver vers 20h30… ha ha ha, c’est beau de rêver !

En fait la suite est une torture mentale et physique. On enchaine des singles boueux et en dévers parsemés de coup de culs qui nous font remonter plus que ce qu’on avait déjà descendu avec peine en évitant les glissades ! Bref, je n’avance pas. J’ai l’impression que je n’en verrai jamais le bout.

Et enfin, la lumière au bout du tunnel : une petite tente, des bénévoles et secouristes souriantes, de l’eau et du jambon, on est au dernier petit ravito de Montlambert au km 69. Il est 20h10, j’ai 25 minutes de retard sur mon roadbook, comme quoi j’avais largement sous-estimé les affreux kilomètres que je viens enfin de passer, et je m’arrête quand même deux minutes pour une tranche de jambon bien méritée.

La fin est roulante, on retrouve même de la route. Je cours, pas vite mais je cours. C’est important pour moi de savoir que je peux encore courir. Et j’entre dans Cruet, l’église, et au fond l’arche rouge Savoie !

Cruet, son église, son arche d'arrivée...

C’est fait ! Il est 20h46 et je viens de boucler l’un de mes (sinon le) trails les plus durs, je suis super content ! A peine la ligne franchie je me vois remettre l’Opinel finisher, un bel objet dont la valeur s’est forgée au fil des kilomètres et des mètres de dénivelé pendant 15h46’32…

Le Graal !

Après m’être échoué quelques minutes sur une chaise du ravito d’arrivée à plaisanter avec la gentille bénévole, je vais retrouver un petit groupe de vaillants Kikous autour d’une table pour refaire le match (et la recette de la fougasse), et déguster mon diot-polenta, un régal !


Après ce beau GR73 le chantier de la fusée UTB peut continuer, avec très bientôt la pose d’un nouvel étage : le Tour du Criou.




dimanche 24 mars 2019

L'épique Trail des Piqueurs


Il y a un an, une petite délégation lyonnaise était allée se perdre au fin fond du Livradois, et à leur retour, ils ne tarissaient pas d’éloges sur le Trail des Piqueurs.
Fin 2018, les Amis de Kikouroù lancent le TASK (Tirage Au Sort Kikouroù) pour faire gagner des dossards sur plein de courses sympas. L’un des premiers mis en jeu sera pour le Trail des Piqueurs. Influencé par les bons retours de l’an dernier, je participe, et je suis tiré au sort ! Super content de représenter Kikouroù sur ce trail réputé ludique, dur et sauvage, que je vais adorer, c’est sûr, même si physiquement, ça fait un peu peur.


Trail des Piqueurs - 24/03/2019 - 52 km / 2450 mD+


Samedi après-midi, Sébastien me récupère à Lyon et on roule sur des routes de plus en plus petites jusqu’à Saint-Jean-des-Ollières, charmant petit village perdu dans le Livradois. Il fait beau, on récupère les dossards et on s’en va profiter du coucher de soleil et d’un bon repas bio et local à l’Auberge d’Egliseneuve-des-Liards En compagnie d’un autre traileur, venu d’Ile de France. On y passe une bonne nuit.

Dimanche, le réveil sonne à 5h00. Nos sympathiques hôtes se sont exceptionnellement levés tôt aussi pour nous préparer un bon petit dèj. Dehors il doit faire 2° et un maximum de 15° est annoncé dans la journée avec un grand soleil. Je m’équipe en fonction : corsaire en bas, et maillot manches longues sur le maillot manches courtes en haut, les manchettes en plus, le buff sur la tête et la casquette dans la poche. De quoi enlever les couches nécessaires quand la température va monter.

A 7h00 il fait super beau, pas trop froid, le bœuf Salers tourne sur sa broche, et la troupe s’élance pour 4 km d’échauffement globalement légèrement descendant, c’est agréable.

Au 5e kilomètre, le chaos basaltique du Courdeloup se dresse devant nous, les choses sérieuses commencent. Ca se grimpe comme un gros escalier, en mettant un peu les mains quand-même. On est frais donc ça passe bien en faisant un peu chauffer les cuissots. Par contre j’ai perdu Sébastien, à force de fixer mes pieds et les cailloux. On ne se reverra qu’à l’arrivée (non, cette fois je ne vais pas le doubler dans le dernier km !).

Dans le pierrier du Courdeloup

Pierrier du Courdeloup

Les kilomètres suivants sont beaucoup plus roulants, en détente. C’est comme ça sur ce trail : il y a des portions raides et techniques séparées par des liaisons roulantes. C’est ainsi qu’on arrive assez vite au premier ravito, après 9 km, où je refais les niveaux, deux rondelles de banane, une tranche de pain d’épice pour la route et je ne m’attarde pas. Les sensations sont bonnes et les premiers hors-pistes velus nous attendent dans les kilomètres à venir. On entre vraiment dans ce qui fait la spécificité du Trail des Piqueurs : ces singles en forêt avec des descentes super raides vers de beaux ruisseaux à traverser et à longer, puis on remonte en face droit dans des pentes à plus de 35% (bien plus même parfois). Heureusement que des cordes sont là pour nous aider dans ces pourcentages de folie, et heureusement aussi que j’ai écouté David qui me conseillait de mettre des mitaines pour me protéger les paumes.

Au 17e kilomètre, on monte gentiment sur une piste assez roulante, mais pas assez pour courir. J’en profite pour me détendre en marchant d’un bon pas quand-même, mais le cerveau est au repos, je suis dans la lune. Depuis plusieurs minutes il y a un gars quelques dizaines de mètres devant, qui ne me distance pas, que je ne rattrape pas non plus… sauf quand il finit par s’arrêter pour me dire que ça fait longtemps qu’il n’a pas vu de balise. Moi non plus, vu que je suis dans la lune… Bref, on a loupé une bifurcation 500 mètres plus tôt. Pas grave, on a juste perdu 6 ou 7 minutes dans l’affaire. Je me re-concentre sur la course et c’est reparti pour des up & downs raides et rigolos, avec plein de jolies jonquilles partout.

Au ravito du 23e kilomètre il est 10h10, il est temps de manger un morceau (en plus de refaire le plein des bidons bien sûr). Tucs, Saint-Nectaire, jambon, un carré de chocolat et un abricot sec, le tout dans le désordre sinon c’est pas marrant, et je repars en marchant et en finissant mon petit repas.

Les portions vallonnées se succèdent et j’ai comme un coup de mou pendant une petite heure. Le parcours exigeant m’a déjà un peu fatigué mais en fait je mets surtout cette petite baisse passagère sur le compte de la digestion du ravito.



Au 32e kilomètre ça va mieux et ça tombe bien, car comme nous l’indique le petit panneau, nous entrons dans le Vallon des Martinanches. Cet endroit est féerique. Il y a le ruisseau, tous ces arbres couverts de mousse verte et les rayons du soleil qui viennent se faufiler au fond de cette petite vallée encaissée.


Le Vallon des Martinanches

Mais très vite il faut cesser de s’émerveiller et ressortir le piolet (mince je n’en ai pas !) car pour sortir du vallon c’est raide de chez raide (« l’escalade c’est par là », comme dit le panneau). Un beau mur, des passages entre les rochers, le ruisseau à traverser, encore un mur, et enfin le replat dans un joli bois puis sur une piste roulante jusqu’au ravito du Château des Martinanches.

Le Château des Martinanches

Ravito des Martinanches
Château des Martinanches
Il est superbe ce ravito du 35e, avec les bénévoles en costume médiéval devant ce château et ses douves… je l’aurais bien visité moi celui-là. Mais c’est pas tout ça, il est 12h12 et donc j’ai faim. Pain, fromage, jambon, mais pas trop pour ne pas avoir de contre-coup digestif comme tout à l’heure.

En longeant le Vallon des Martinanches, on est sur un chemin qui devrait être roulant, s’il n’y avait pas tous les 30 mètres un arbre tombé en travers à franchir, par-dessus, par-dessous, double-franchissement par-dessus, triple oxer… ils nous ont pris pour des chevaux ou quoi ? Bon allez, il était rigolo quand-même ce chemin, tant qu’on ne devait pas prendre à gauche tout droit dans la grosse pente… ah ben si tiens, on prend à gauche !



Quelques up & downs plus tard, au kilomètre 43, voici un joli ruisseau tombant sur les rochers, c’est la Cascade de la Cruche « où l’on pourra pratiquer le canyoning… à l’envers !! » comme le dit si bien le site de la course. Et bien devinez quoi, c’est à l’image de ce trail : très beau et très raide ! Tellement raide que je dois me hisser grâce à la corde, à la force des bras (et des jambes aussi quand même, il ne faudrait pas qu’elles s’ennuient).




Deux ou trois petites grimpettes de plus et voici le dernier ravito, au kilomètre 46. Ravito rapide, selfie réglementaire avec les ânes et je m’en vais en finir avec les 7 derniers kilomètres, tant bien que mal car je commence à être atteint physiquement à force de grimper raide, descendre raide, enjamber des arbres, fléchir pour passer sous des arbres et toujours relancer entre les difficultés.

On n'est pas bien là ?

Encore une bosse à passer pour arriver sur le fameux dernier obstacle au 50e kilomètre : le Pic de la Garde. Un bon gros chaos basaltique dans lequel je progresse doucement avec ce qu’il me reste de forces, de pierre en pierre tranquillement, et une fois en haut, ce n’est pas fini ! Il reste le sommet, un gros rocher à escalader… et puis tiens un autre derrière ! Et enfin la table d’orientation et la Vierge. J’admire la vue et me lance dans la dernière descente.

Le pierrier du Pic de la Garde

L'un des derniers blocs à escalader

Au sommet du Pic de la Garde

Histoire de ne pas finir sur une descente facile, le dernier kilomètre est en côte, il fallait bien ça pour se finir ! Et voilà le village, l’ambiance, le speaker, l’arche, c’est fait ! En 8h10 je boucle ce super trail fatigué comme il se doit mais en bon état et vraiment très content d’avoir découvert ce vrai beau parcours de trail sauvage, parsemé de bénévoles et de spectateurs chaleureux !

Sébastien est là, bien cramé aussi, et on refait la course. Une petite bière, l’excellent repas avec bœuf, patates au lard, Saint-Nectaire et soleil, et il est temps pour nous de trainer nos carcasses jusqu’à la voiture (qui n’a jamais été aussi loin) pour rentrer à Lyon après une bien belle journée de sport et de nature.










dimanche 3 mars 2019

Cabornis à l'improviste

Et oui ce n'était pas prévu, et pourtant j'ai fait les 40 km du Trail des Cabornis le 3 mars dernier.

Les photos - Le film

En général j’aime bien planifier mes courses à l’avance, et les préparer en étudiant le parcours, mais là… j’ai juste cliqué !
L’explication de ce clic impulsif tient en quelques points :

1) Je n’ai jamais fait cette course locale qui est toujours mal tombée dans mon planning
2) J’avais complètement oublié qu’elle serait ce week-end et puis de toute façon je pensais être en vadrouille loin de Lyon
3) Finalement j’étais dispo, donc, à trois semaines du Trail des Piqueurs, j’envisageais de me faire une bonne sortie longue dans les Monts du Lyonnais
4) Sur Kikourou, le jeudi, le surnommé Benman propose de covoiturer qui veut pour aller aux Cabornis
5) Me souvenant subitement que cette course existe, je me dis que ça ferait une bien belle sortie longue, avec un covoiturage tout trouvé avec un copain, et en plus je suis en super forme en ce moment donc même pas peur de faire 40 km
6) Je clique !


Dimanche matin je retrouve donc Benoit, et Jérémy, pour aller en voiture à Chasselay, lieu de départ et d’arrivée du Trail des Cabornis qui nous propose une belle balade de 40 km / 1800 mD+ dans les Monts d’Or par un temps doux et plutôt ensoleillé.

On arrive presque pas en retard, mais il ne faut pas traîner pour prendre le dossard, les affaires de course (sans oublier la GoPro qui a failli rester dans le coffre), et se mettre en position dans le sas où on croise quelques sympathiques connaissances.

9h00, hommage à Juliette Bénédicto, et c’est parti pour deux kilomètres de mise en jambes avant la longue montée vers le Mont Verdun.
Les courses de 22 et de 40 km partant en même temps, il y a une grosse densité de population sur les premiers sentiers. On se sent un peu oppressé mais les chemins sont larges et je ne comptais de toute façon pas faire de folies en début de course (car 40 km c’est quand même long), donc je prends un rythme un peu en dedans en suivant le troupeau, et en regardant Benoit s’en aller doucement mais sûrement.

Sur le replat qui suit je suis rejoint par Franck et Bruno avec qui je fais connaissance. On papote un moment, jusqu’à ce que je doive faire un arrêt vidange.

Derrière Franck et Bruno sur l'une des quelques parties bitumées du parcours

Naturellement je me sens plus léger, et je déroule facilement sur un terrain plus roulant que je croyais.
Le bon état de forme que je ressentais à l’entrainement se confirme, je suis vraiment bien, et je finis par rattraper Franck et Bruno… puis par les distancer.

Un petit passage au ravito du 15e, animé en musique, pour refaire les niveaux, grignoter quelques bricoles boire un coup de Coca, et je relance. Globalement sur cette course j’ai beaucoup relancé, dès que ça devient roulant, je relance, et les jambes répondent bien. D’autant plus que sur cette première moitié de course j’ai l’impression qu’on ne fait que descendre.

Bien sûr je sens ma petite douleur à la cheville gauche, surtout dans les descentes roulantes, mais ça ne me gêne pas trop pour l’instant. On verra plus tard si ça se dégrade. En attendant ça descend encore plus puisqu’on plonge vers Couzon-au-Mont-d’Or au 20e km. Enfin des chemins que je connais (parce que la plupart du temps je ne savais pas trop où j’étais, vu que je ne vais pas souvent dans les Monts d’Or et que je n’avais pas repéré le parcours avant). Je sais donc ce qui nous attend à Couzon… on va forcément remonter droit sur le Mont Thou par le célèbre segment du Mont Thou express. En effet, c’est bien les pentes du Mont Thou express que j’attaque à 11h25 après 22 km. Je me dis que c’est maintenant que je vais savoir s’il faut gérer ou si je vais pouvoir me lâcher sur la deuxième partie de la course. Je prends mon rythme dans la montée, plutôt bon, pendant un moment je suis tout seul, ça change du début de course, puis je rattrape quelques coureurs avant de basculer dans la descente vers Saint-Romain.

Je ne sens pas de coup de mou après la mi-course et cette bonne côte, tout va bien et je continue de bien relancer sur les alternances de petits raidards et de pistes roulantes autour du Mont Cindre… jusqu’à ce que je tombe sur Romuald. Ca me surprends car il est normalement bien plus rapide que moi. Mais le pauvre est dans un mauvais jour et doit gérer des débuts de crampes. Je l’encourage et continue ma progression, de caborne en caborne, de coureur en coureur.

Une caborne

C’est ainsi que je finis par reprendre Benoit qui commence à fatiguer après 30 km et que je lâche dans la « côte du segment Strava », je suis impitoyable !



Pendant quelques kilomètres on repasse sur les mêmes chemins qu’en début de course, avec une belle vue sur les Alpes et le même ravito qu’au 15e, sauf que là on est au 32e. Petite pause remplissage, grignotage, petite soupe bien bonne et descente vers Poleymieu, avec des jambes toujours en forme, et même ma petite douleur à la cheville qui s’estompe au lieu d’empirer, que demander de plus ?
Ben le retour du soleil par exemple… ok le voici ! Dans la dernière côte, jusqu’à l’église de Poleymieu, le paysage est top, l’église ensoleillée, la pente est raide, juste ce qu’il faut pour monter doucement en prenant des photos.

La côte de l'église de Poleymieu

Fin de la côte, donc relance ! C’est encore un peu vallonné jusqu’à la Croix Rampau puis c’est la dernière descente, à fond. Je donne tout ce qui reste, puisque j’ai encore de l’énergie et que j’aime bien descendre comme un cochon, grouik !

Dernier kilomètre, fin de la descente, je vois un coureur au loin, alors je veux le doubler, je donne tout pour finir 8 secondes derrière lui, mais au moins j’ai profité jusqu’au bout de ma super forme du moment et je suis très content de passer la ligne 138e en 4h36, bien plus rapide que je ne l’aurais imaginé, en ayant la sensation d’en avoir encore sous le pied… ça c’est le pied !

Maintenant c’est la dernière ligne droite avant le Trail des Piqueurs le 24 mars. J’espère garder cette belle forme et ne plus avoir mal à la cheville d’ici là.







samedi 23 février 2019

Runs en vacances : Chili et Rapa Nui


L'année running 2019 promet de belle choses et elle commence bien ! Après la reprise de l'entrainement et déjà la course de rentrée, l'inévitable Hivernale des Coursières, c'est en voyage au Chili et sur Rapa Nui (l'Ile de Pâques) que je me suis fait quelques jolies sorties.


Puerto Natales le 29/01


Un tour de 8 km dans la petite ville de Patagonie chilienne, sous la pluie au début, puis au soleil à la fin.





Santiago le 01/02


En 12 km j'ai fait une petite revue des principales places du centre avant de partir à l'assaut de la colline San Cristobal par un petit sentier, jusqu'à la Vierge qui domine la ville.







Rapa Nui le 06/02


Un run de 15 km, de Hanga Roa, la petite ville de l'île où se dressent quelques Moaïs, au sommet du Rano Kau (300 m), qui m'en a mis plein les yeux !








Levé de soleil sur Rapa Nui le 09/02


Avant de quitter cette superbe île, il était indispensable de me lever tôt pour remonter sur le Rano Kau voir le soleil se lever... magique !








Et maintenant je reprends l'entraînement pour préparer le Trail des Piqueurs fin mars.





lundi 31 décembre 2018

Bilan 2018 et regards sur 2019


En 2018, la montagne fut trop hard, les raids de fin d’année furent un succès.


Le principal objectif de 2018 était de faire mon premier ultra de montagne sur le format exceptionnellement long de la Montagn’Hard. En fin d’année, j’avais un échec à effacer sur Le Puy Firminy, puis, comme c’est une année paire, finir en beauté sur la SaintéLyon (exceptionnellement longue elle aussi) allait de soi.

Prévisions :

Pas de Coursières ni de marathon cette année, donc les objectifs étaient les suivants :
- Montagn’Hard Ultra : avec pour seul but de finir un premier ultra en montagne avec une nuit dehors.
- Finir la saison par l'enchaînement des 68 km de Le Puy - Firminy et des 81 km de la SaintéLyon à deux semaines d'intervalle.


Réalisations :


En chiffres ça donne :

2018km pour 54000mD+ 
Dont 416km pour 17100mD+ en compétition.

9 courses :
5 trails :
    Hivernale des Coursières 31k
    Trail du Lac de Paladru 50k
    Ultra Boucle de la Sarra 6h 35k
    Le Pilatrail 42k
    La Val'Lyonnaise 26k

1 trail long :
    La Montagn'Hard 62k (montagne)

2 raids :
    Le Puy - Firminy 68k
    La SaintéLyon 81k

1 semi-marathon :
    Les Foulées San Priotes


Et par rapport aux prévisions ?

La descente du Tricot finira de m'achever

Finir mon premier ultra de montagne sur la Montagn'Hard :

NON !
Une course très difficile et un manque de montagne dans la prépa m'ont amenés à l'abandon au 62e km, complètement fracassé. Tout est raconté ici : La Montagn'trop'Hard

Une saison finie en beauté !

Réussir l'enchaînement LPF et STL :

OUI !
Non seulement l'enchaînement des deux raids s'est bien passé, mais j'en tire de grandes satisfactions : de bonnes performances, la revanche sur Le Puy - Firminy, et une gestion des conditions difficiles bien maîtrisée sur la SaintéLyon.




La campagne du Lac de Paladru
De belles découvertes et des bonnes surprises :

OUI !
J'ai découvert le beau Trail du Lac de Paladru, j'ai participé pour la première fois à l'Ultra Boucle de la Sarra et j'ai aimé ça.
Je suis revenu sur l'Hivernale des Coursières, sur le Pilatrail, sur la Val'Lyonnaise et sur les Foulées San Priotes où j'ai réalisé de bonnes perfs, surtout sur le semi où j'ai explosé mon record, à mon grand étonnement !


A la Croix de Belledonne

Les beaux offs avec Kikourou et le LUR :

Les années se suivent et se ressemblent, avec beaucoup de offs partagés avec tous les copains rencontrés grâce à ces deux associations de coureurs sympas.
On a encore bien ratissé les Monts du Lyonnais, les rues pentues de Lyon, les collines du Nord (m)Isère, et même les cailloux du massif de Belledonne !


Afrique du Sud

Des sorties en solo en France et dans le Monde :

Cette année j'ai beaucoup bougé, en France et à l'étranger, pour les vacances et des week-ends de détente. Et à chaque fois j'en profite pour caser une ou deux sorties, dans des décors qui valent le détour, comme dans le Pilat, sur le Sénépi, dans la Drôme, en Ardèche, à Cuba et aussi en Afrique du Sud.



Et le vélo alors ?

J'en fais encore un peu. J'ai profité de la coupure de juillet pour le ressortir, entre autres pour une belle boucle de 80 bornes dans les Monts du Lyonnais, et un bon petit col dans le Bugey.



Regards sur 2019


La SaintéLyon a laissé des traces : une petite tendinite à la hanche gauche, donc je me suis accordé trois semaines de pause pour reprendre l'entrainement fin décembre.

2019 est presque là et après beaucoup d'hésitations (le choix de courses est vaste) j'ai dessiné le programme suivant :
- Du volume et du physique pendant quelques mois car le but c'est la montagne.
- Peut-être le semi des Foulées San Priotes, qui serait totalement hors sujet mais que j'aime bien
- Une première course de préparation le 25 mai, qui est déjà un gros morceau : le Grand Raid 73 (73 km, 4800 mD+)
- Une deuxième course de préparation le 15 juin, cette fois avec les copains d'Irigny : le Tour du Criou (53 km, 3500 mD+)
- Selon l'avancement de ma prépa, le 6 juillet, le Trail des Bauges (42 km, 2800 mD+) ou la Moins'Hard (39 km, 2900 mD+), ou du repos...
- L'objectif majeur le 20 juillet : l'Ultra Tour du Beaufortain (109 km, 6900 mD+)

Le deuxième semestre se précisera plus tard mais j'ai déjà quelques envies, pas toutes compatibles, comme le marathon du Run In Lyon, le Marathon du Beaujolais, le Sainté Trail Urbain... ou d'autres surprises, on ne sait pas.

Mais pour commencer, comme toujours, ça sera la rentrée habituelle des copains lyonnais à l'Hivernale des Coursières.


Bonnes fêtes de fin d'année et à bientôt en 2019 !!!